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29-10-2012
Mots clés
Energies
France

A Quéménès, les Robinson du renouvelable

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A Quéménès, les Robinson du renouvelable
(Crédit photo : eugène le droff - le télégramme - maxppp)
 
Repeupler une petite île bretonne désertée depuis trente ans, cultiver en bio et vivre en autonomie énergétique : un jeune couple a décidé de relever – joyeusement – tous ces défis.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 41 - novembre 2012

Métro, boulot, allegro

Prenez une île déserte, sans eau ni électricité, au large du Finistère. Saupoudrez-la d’arbustes, d’algues, d’oiseaux et de phoques. Ajoutez-y une vieille ferme en granit. Et un jeune couple. Laissez reposer cinq ans. Cette recette, concoctée par le Conservatoire du littoral, a permis de réhabiliter l’île de Quéménès, à 14 km d’Ouessant. Soizic et David Cuisnier, 29 et 34 ans, y ont développé une exploitation bio et un écogîte, tout en préservant la biodiversité du site, qui s’étend sur 26 hectares. Et puis, le couple a doublé la densité de l’île, avec les naissances de Chloé, 3 ans, et Jules, 7 mois. Sans compter une centaine de moutons ! Pour autant, la petite famille ne reste pas cloîtrée. « On rend visite aux amis sur le continent une fois par mois. Et chaque semaine, nous allons sur l’île de Molène, pour expédier nos pommes de terre », précise Soizic.

La Joconde des patates

Car le couple cohabite avec la Joconde des patates : il récolte chaque année 10 à 15 tonnes de mona lisa, dont le goût, lié à leur terroir iodé, ravit les gourmets. Elles représentent 45 % de leur chiffre d’affaires annuel, de 80 000 euros. « Le reste provient de l’élevage des moutons, de la location des chambres d’hôte et du ramassage d’algues », ajoute David. Le couple a été sélectionné par le Conservatoire après un appel à candidatures lancé en 2006. « Il n’y avait plus de présence humaine sur l’île depuis trente ans », explique Denis Bredin, délégué Bretagne de l’établissement public chargé de la protection des côtes. « Nous avons racheté l’île en 2003, et engagé des travaux pour la rendre autonome en eau et en électricité. »

« Un laboratoire transposable »

Une éolienne de 2 500 watts capable d’affronter les bourrasques a été érigée au milieu de l’exploitation. 70 m2 de panneaux photovoltaïques, pour l’électricité, et 7 m2 de panneaux solaires, pour l’eau chaude, ont, eux, atterri sur les toits de la ferme. Un système de filtration par UV assure la production d’eau potable à partir d’un puits et d’une citerne d’eau de pluie. Coût de l’opération : 1,3 million d’euros, achat de l’île compris. « Quéménès est un laboratoire du renouvelable, transposable à d’autres îles qui ne peuvent être raccordées au continent », souligne Vincent Denby-Wilkes, délégué régional d’EDF.

Le plus dur sur place ? Accueillir des touristes parfois indélicats. « Un jour, j’ai dû couper l’eau chaude à une femme qui prenait sa troisième douche de la journée », se souvient David. Reste que la consommation moyenne d’eau atteint 35 litres par jour et par personne. Contre 90 sur le continent. Et le continent, pour le moment, les quatre Robinson n’ont pas l’intention d’y retourner ! —

Impact du projet

4 personnes en autosuffisance énergétique

80 000 euros de chiffre d’affaires

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