publicité
Accueil du site > Actu > Société > A Préfailles, l’éclairage, c’est simple comme un coup de fil
14-06-2012
Mots clés
Environnement
France
Reportage

A Préfailles, l’éclairage, c’est simple comme un coup de fil

Taille texte
A Préfailles, l'éclairage, c'est simple comme un coup de fil
(Crédit photo : Hélène Pennaneac'h / mairie de Préfailles / Denis Esnault)
 
Treize ans après le traumatisme de l'Erika, les habitants de ce petit village de Loire-Atlantique testent quatre dispositifs innovants d’éclairage public destinés à réduire leur consommation d’énergie.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
SUR LE MÊME SUJET
Article publié dans le

N° 38 - juillet août 2012

Vivre autrement

Un soleil qui rechigne à se coucher, et un faux air de bout du monde. A Préfailles, en ce début juin, il faut attendre 22h40 pour assister à l’allumage de l’éclairage public. Quel intérêt, me direz-vous ? Eh bien depuis le mois de février, la petite commune de Loire-Atlantique est un terrain d’expérimentation et d’innovation en matière d’éclairage public.

Détecteurs de présence, réduction de l’intensité lumineuse ou du nombre de lampadaires... Plusieurs dispositifs, adaptés à la typologie et la sociologie de chaque quartier, sont à l’essai pendant un an. Les Préfaillais sont invités à participer à toutes les phases de réflexion.

Acteur du service public

L’expérimentation la plus insolite – une première en France – est sans conteste l’éclairage à la demande par téléphone. Après s’être inscrits auprès de la mairie, les habitants du quartier de la pointe Saint-Gildas peuvent appeler un numéro dédié gratuit. Il ne faut que quelques secondes aux lampadaires, qui fonctionnent en mode veilleuse le reste de la nuit – et consomment seulement 8% de l’énergie d’une lampe ordinaire – pour s’éclairer plein pot.


Le maire Jean-Luc Le Brigand déclenche l’éclairage à la demande par téléphone

L’éclairage, c’est 30 000 euros par an, soit 3,15% du budget de la commune. D’après Jean-Luc Le Brigand, le maire de la ville, ce dispositif téléphonique a permis de réaliser 80% d’économies d’énergie dans le quartier depuis le mois de février, bien au-delà de l’objectif gouvernemental de 20% de baisse d’ici 2020. Mais au-delà des économies, la mairie vise aussi à faire plus de participatif : « Nous avons voulu donner au citoyen la possibilité d’agir sur le service public, en développant un système intelligent d’éclairage municipal à partir de chez soi. »

Dans le quartier des Terres blanches, douze nouveaux luminaires LED ont été équipés de détecteurs de présence et s’éclairent progressivement. Après quatre minutes sans détection, l’éclairage revient à l’état de veilleuse.
L’éclairage par détection de présence

Dans un autre quartier, la municipalité teste la gradation, c’est-à-dire la réduction de l’intensité lumineuse.

JPEG - 133 ko

A gauche : l’éclairage à pleine puissance ; à droite : l’intensité est réduite de 50%

Les conséquences inattendues de l’Erika

Plus que la baisse de la facture, ce sont les bénéfices environnementaux qui ont motivé le projet. Et l’un des éléments déclencheurs de cette prise de conscience « verte », paradoxalement, a été la catastrophe de l’Erika. En 1999, le pétrolier affrété par Total s’échouait au large des petites criques de Préfailles. La commune a bénéficié de 5,5 millions d’euros d’aides de l’Etat et de subventions européennes pour restaurer ses 14 km de littoral. Elus locaux et population ont alors réfléchi ensemble aux questions d’environnement et cherché à développer un registre de « bonnes pratiques. »

En 2009, la mairie a décidé d’associer la population aux décisions concernant l’éclairage en menant des enquêtes et en organisant des débats. Les habitants ont donc choisi d’expérimenter l’extinction totale des lampadaires pendant une nuit. Le plus étonnant ? « Certains résidents ne s’en étaient même pas rendus compte, » sourit le maire.

La même année, la mairie a fait l’acquisition d’horloges astronomiques, ce qui a permis de faire baisser les dépenses. Aujourd’hui, l’éclairage se déclenche quinze minutes après le coucher du soleil, au plus près des éphémérides.

Adaptabilité et proximité

La première fois que les pouvoirs publics se sont sérieusement penchés sur la question des nuisances lumineuses, c’est lors du Grenelle de l’environnement. Deux mesures symboliques (article 41 de la Loi Grenelle 1, et article 173 de la Loi Grenelle 2) s’en sont suivies. En 2009, le Grenelle de la mer a défini plus précisément des objectifs, en appelant à une réduction de l’éclairage en bordure du littoral.

Beaucoup plus concrètement, suite à la Table ronde pour l’efficacité énergétique en décembre dernier, le ministère de l’Environnement a annoncé des mesures d’aide à la rénovation de l’éclairage public pour toutes les communes de moins de 2 000 habitants. Avec une cible prioritaire : toutes les lampes de type « boule » qui fonctionnent à la vapeur de mercure et éclairent plus le ciel que le sol. Ces luminaires représentent encore un tiers du parc actuel en France. A Préfailles, la municipalité teste l’éclairage en alternance en coupant deux lampadaires de ce type sur trois.

Seul un lampadaire « boule » sur trois est éclairé dans la rue des Thuyas

La clé du développement durable, selon Jean-Luc Le Brigand, c’est la flexibilité : « Il faut garder un pouvoir politique local de proximité. C’est le rôle des maires d’adapter les services en fonction de la sociologie des quartiers, pour être au plus près des attentes de la population et des exigences environnementales. »

L’expérimentation, subventionnée à 50% par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), sera transposable dans d’autres communes. Avec sans doute plus de difficultés : Préfailles, c’est seulement 1 300 habitants à l’année (13 000 l’été), et 72% de résidences secondaires ! Les besoins des habitants concernant la vie nocturne y sont comme qui dirait... limités. Pour l’instant, l’éclairage à la demande concerne un à deux appels par nuit en moyenne. Mais l’affluence estivale pourrait bien faire chauffer la centrale téléphonique sur la côte de Jade.

A lire aussi sur Terraeco.net :
- Quand les villes éteignent la lumière

Faites réagir vos proches, diffusez l'info !
Vous aimez Terra eco ? Abonnez-vous à la Newsletter
3 commentaires
TOUS LES COMMENTAIRES
COMMENTAIRES SÉLECTIONNÉS
RÉPONSES DE LA RÉDACTION
Trier par : Plus récents | Plus anciens
Affichage : Voir tout | Réduire les discussions
PUBLIER UN COMMENTAIRE

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • Se connecter
  • Créer un compte

publicité
publicité
publicité
SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
publicité