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16-05-2013
Mots clés
Consommation
France

1083, le jean 100% « made in France » et écoconçu

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1083, le jean 100% « made in France » et écoconçu
(Crédit photo : Muffet - flickr)
 
Vous ne voulez plus vous nipper « Made in Bangladesh » ? Faites de la place dans vos placards pour accueillir des petits Français : des jeans et des baskets, écoconçus. Le défi d'une entreprise qui veut « relookaliser » ses clients.
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Pour être certain de ne pas s’habiller made in Bangladesh, il suffit de se « relookaliser ». Comprenez « s’habiller bien et proche », c’est-à-dire local. Si si, c’est possible avec la jeune marque française 1083 qui propose des jeans en coton bio et des sneakers (des chaussures) écoconçus, 100% made in France.

Thomas Huriez, 32 ans, est le créateur de la marque. Il y a un an, il se lance dans un projet fou : produire un jean entièrement fabriqué en France. « Quand on sait qu’un jean parcourt jusqu’à 65 000 km lors de sa fabrication, j’ai voulu relever le défi : fabriquer un jean « Borne in France », qui parcourt moins de 1 083 km pour arriver chez le consommateur », explique l’entrepreneur. 1083 c’est exactement le nombre de kilomètres qui séparent les deux villes les plus éloignées de l’Hexagone, Menton, à la frontière italienne et Porspoder, un petit village breton.

Tout commença avec... la chaussette

En 2007, Thomas Huriez ouvre à Romans-sur-Isère (Drôme), Modetic, une boutique et un site Internet spécialisés dans la distribution de vêtements éthiques et écologiques. Mais il y a deux ans, la crise met ses fournisseurs en difficulté. Certaines marques disparaissent tout simplement de ses rayons. Thomas Huriez décide alors que Modetic ne sera plus simplement un distributeur, mais une marque et un producteur. Et à Romans, « capitale de la chaussure », quoi de mieux pour débuter qu’une paire de chaussettes, en coton bio évidemment. « Avant, les chaussettes que nous proposions étaient confectionnées au Portugal. En les réalisant à Romans, nous avons réduit les intermédiaires. Résultat : nous sommes devenus plus compétitifs, avec des prix 40% moins chers que pour la filière classique », indique le jeune entrepreneur.

Pourquoi alors ne pas poursuivre avec des jeans et des chaussures ? Les matières premières et la main-d’œuvre sont certes plus chères en France, mais en réduisant les intermédiaires et les frais de transports, 1083 propose son jeans à 89 euros, « un prix similaire à un jean de marque Levi’s par exemple ». Encore faut-il trouver des interlocuteurs en France. « J’ai très vite compris que la désindustrialisation n’est pas un mythe. On a galéré. Certains savoir-faire manquent en France. »

Si le filage se fait en Italie, le denim (la toile de coton qui sert à fabriquer les jeans) est teinté et tissé dans la Loire et façonné à Marseille (Bouches-du-Rhône). Pour les baskets, c’est un peu plus compliqué. « C’est une filière beaucoup plus morcelée. Les matières premières, soit les semelles recyclées, les lacets en lin bio, le cuir, proviennent de pays européens limitrophes. Nous n’avons pas encore trouvé d’interlocuteurs dans l’Hexagone. Mais la confection (c’est-à-dire l’assemblage, ndlr) est bien française, à cinq minutes à pied de la boutique. »

Se financer par ses clients

Pour financer son projet, Thomas Huriez a choisi le « crowdfunding », le financement participatif. Le jeune entrepreneur a créé en mars une page sur ulule.fr, où les consommateurs peuvent soutenir le projet en pré-commandant sans avancer d’argent un jean, une paire de sneakers ou les deux à la fois. « C’est surtout un excellent outil de communication, grâce aux réseaux sociaux, pour lancer une marque. Ce système nous permet de sécuriser au démarrage le projet, en maîtrisant nos stocks et en faisant correspondre la production à la demande des consommateurs. »

Les internautes avaient deux mois pour se manifester. « Pour démarrer la production, j’avais tablé sur 100 pré-commandes, ce qui me permettait de financer la moitié du stock de matières premières. » Objectif atteint dès la première semaine. Puis 200, 350, 396 et 415 pré-commandes enregistrées. Et ça continue encore. De quoi financer l’ensemble de la première production de 1083 et préparer l’avenir. « Ça dépasse toutes nos espérances », conclut Thomas Huriez qui a promis de relier Menton à Porspoder en vélo, une fois les 1083 pré-commandes atteintes.

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Journaliste à Terra eco. Folle des bébés chiens, droguée au chocolat et mordue de nature.

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