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Dilemme : Yaourt industriel ou maison ?
dimanche, 27 mars 2011 / Audrey Garric

Qu’il soit fabriqué en usine ou dans votre cuisine, il se dit nature. Questions autour du pot avant de prendre (ou non) une option sur la yaourtière.

FABRICATION : EX-ÆQUO

Yaourt industriel Si, face à ses camarades aux fruits et autres douceurs chocolatées, le yaourt nature fait pâle figure, il présente néanmoins l’avantage d’être fabriqué en deux coups de cuiller à pot. Pour 125 g de produit, on mélange beaucoup de lait – dans la grande majorité en provenance de fermes bien de chez nous – à une pincée de ferments et de conservateurs. Reste à verser le tout délicatement dans un contenant, de plastique ou de verre.

Yaourt maison La yaourtière, accessoire vedette de nos grands-mères récemment remis au goût du jour, mixe une bonne portion de plastique, donc de pétrole, et une dose de métal. Cependant, ce mauvais mélange peut s’adoucir avec l’origine française des machines Moulinex ou Seb et le contenu des yaourts, composés de lait frais (bio et local, de préférence). Il faut bien ajouter des ferments, achetés en pharmacie, mais pas de conservateurs.

ENERGIE : AVANTAGE YAOURT INDUSTRIEL

Yaourt industriel Un bon point car il n’est guère énergivore. En France, « son transport de l’usine au magasin entraîne la même consommation d’énergie que celui du consommateur au supermarché », assure Christophe Rizet, de l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité.

Yaourt maison Pour acheter son lait, l’amateur doit aussi se déplacer. Côté émissions carbonées, c’est donc kif kif. En revanche, la version maison est alourdie par la consommation d’énergie de la yaourtière, que l’on doit brancher entre six et dix heures pour produire sept desserts ! « Chez nous, nous consommons plus d’énergie car nous ne réalisons pas les économies d’échelle des usines », précise Christophe Rizet.

DÉCHETS : AVANTAGE YAOURT MAISON

Yaourt industriel On ne va pas tourner autour du pot : en la matière, le produit industriel affiche un bien mauvais score. Avec 21 kg par personne et par an, soit 170 yaourts, les Français ont augmenté de 70 % leur consommation en vingt ans. Si le contenant en plastique de Danone ne pèse plus aujourd’hui que 4,2 g, contre 12 g en 1970, ce sont tout de même 715 g de déchets produits chaque année. Et le tableau se noircit encore puisque le pot ne se recycle pas. Ses matériaux, le polystyrène ou le polypropylène, ne font en effet pas partie des deux familles de plastiques retraitées, le PET (bouteilles) et le PEHD (flacons), faute de rentabilité économique. Et privilégier le verre, recyclable, n’est pas la solution : 170 pots, cela représente 16 kg de déchets par an ! Or la production du verre exige plus d’énergie que celle du plastique.

Yaourt maison Prenons l’une des yaourtières de Moulinex. Forte de ses 3,9 kg, elle représente 390 g de déchets par an à raison de dix ans d’espérance de vie. Et elle s’allège au fil du temps. Il faut toutefois ajouter 770 g d’emballages de lait qui finissent dans le bac de recyclage.

PRIX : AVANTAGE YAOURT MAISON

Yaourt industriel A 2,20 euros les 12 pots en moyenne, le consommateur s’en tire pour 31 euros par an.

Yaourt maison Des yaourtières, il y en a pour toutes les bourses. Mais par an, la machine revient environ à 2,5 euros (un appareil à 25 euros dure dix ans). Ajoutez 20 euros de lait et 3 euros pour le ferment et le fait main l’emporte d’une tête : 25,5 euros par an. —

BILAN : LE FAIT MAISON, C’EST LA CRÈME

Le yaourt maison remporte le duel. Mais le mieux, c’est encore de préférer le four à la yaourtière, comme mamie à l’époque. Les pots du commerce pourraient cependant bientôt redorer leur blason : une expérimentation sera menée à la fin de l’année pour (enfin) recycler leur plastique.

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