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Ouvrir le monde bancaire ?
vendredi, 25 février 2011 / Hubert Guillaud /

Rédacteur en chef d’InternetActu.net, le média de la Fondation internet nouvelle génération (Fing).

L’open bank : c’est moins fun que l’open bar, mais ce peut être beaucoup plus utile. Surtout pour lutter contre la corruption. Explications.

La corruption et la fraude sont deux grands défis que nous adressent le fonctionnement de nos sociétés contemporaines, attaque le programmeur, entrepreneur et compositeur Simon Redfern à l’occasion de la conférence internationale Lift qui se tenait il y a peu à Genève (voir sa présentation). En Europe, c’est quelque 30 milliards d’euros qui seraient perdus chaque année par la corruption.

La corruption est multiple. L’aide étrangère est bien souvent son premier vecteur, tant et si bien que la banque mondiale a lancé l’initiative Start pour recouvrir les avoirs volés. Les scandales financiers qui ont précipité la dernière crise économique (Enron, Lehman Brothers…) en sont aussi une marque. Et elle touche jusqu’aux institutions caritatives...

La corruption s’appuie sur le secret et la dissimulation. L’inégalité, la méfiance et le manque d’information sont quelques-uns des facteurs qui conduisent à la corruption. « Que se passerait-il si on remplaçait le déficit d’information par la transparence, la méfiance par l’autonomisation du public ? Que se passerait-il si nous avions les outils de débogage financier efficace ? Que se passerait-il si nous avions une banque avec des comptes ouverts à la vue de tous ? Peut-on remettre en cause le tabou du secret bancaire ? » s’interroge Simon Redfern.

C’est tout l’objectif du projet Open Bank : rendre les transactions transparentes en proposant de nouvelles modalités de protection des données bancaires. « Nous pouvons ajouter des caractéristiques de protection des données qui s’appliquent à chaque situation ». Ainsi, par défaut, les données bancaires accueillies par le projet sont donc transparentes. Mais chacun peut y adapter les modalités : on peut rendre toutes les transactions publiques, selon une fréquence annuelle ou en temps réel, et bien sûr gérer le partage (avec personne, avec sa société, ses amis ou avec tout le monde).

C’est le rôle de l’interface de programmation que met en place le projet Open Bank : développer un protocole qui permette à toute banque, à tout individu, à toute société de régler les paramètres de confidentialité de ses données bancaires. Simon Redfern semble croire en son idée radicale et pense fermement que cela permettrait de développer de nouvelles opportunités d’affaires. Open Bank permettrait par exemple de suivre des projets financés par l’Europe ou les gouvernements qui la composent, qui pourraient demander aux organismes qui bénéficient de leurs subventions la transparence sur cet argent. Les individus, les sociétés, les organisations caritatives pourraient utiliser ces systèmes pour faire la lumière sur leurs comptes. A terme, le système permettrait même de comparer des services : trouver le jardin d’enfants qui utilise plus d’argent pour payer son personnel que le chauffage par exemple.

Faire de la transparence une opportunité plutôt qu’une menace… Voilà qui rappelle furieusement la BanqueX6, l’une des pistes de scénarios des conclusions de l’expédition Confiance Numérique que vient de publier la Fing.

BankX6 – La banque à l’ère de la transparence from videosfing on Vimeo

Simon Redfern se veut confiant sur son projet qui promeut à la fois la transparence financière et la sécurité en engageant la vigilance publique et en accroissant la confiance des consommateurs dans les organisations et institutions financières. Dans un monde où la suspicion se généralise, la transparence semble toujours une réponse accessible, facile à mettre en œuvre… techniquement.

Cet article a été initialement publié le 29/06/09 sur le site Internet Actu.

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