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Accueil du site > Actu > Société > Jeunes au chômage : y’en a-t-il autant qu’on croit ?
12-12-2012
Mots clés
Economie
France
Interview

Jeunes au chômage : y’en a-t-il autant qu’on croit ?

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Jeunes au chômage : y'en a-t-il autant qu'on croit ?
(Crédit photo : DR)
 
Interview - Promesse du candidat Hollande, le contrat de génération a été présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Son objectif ? Réduire la part des jeunes au chômage. Encore faudrait-il s'accorder sur leur nombre, selon l'économiste Eric Heyer.
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L’objectif du contrat de génération ? Toucher 500 000 jeunes et autant de seniors en cinq ans. Il concernera « tous les jeunes dans toutes les entreprises » mais seules les sociétés de moins de 300 salariés auront droit à une aide financière si elle l’applique. Une aide de 4 000 euros par an (et pour trois ans maximum) à chaque embauche en CDI d’un jeune de moins de 26 ans à condition que soit maintenu en poste un salarié de plus de 57 ans. Objectif premier de ce contrat de génération ? Lutter contre le chômage des jeunes établi par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) à 24,2%. Une statistique contestée par Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Terra eco : Pourquoi contestez-vous ce taux de 24,2% ? 

Eric Heyer : Le taux de chômage, c’est le nombre de chômeurs divisé par la population active. Pour les jeunes, c’est le nombre de chômeurs de moins de 25 ans, divisé par la population active de moins de 25 ans. Mais aux deux tiers, les jeunes ne sont pas dans la population active, ils sont encore en scolarité. Environ 8% de jeunes sont véritablement au chômage. Les comparaisons internationales qui utilisent ce taux sont elles aussi biaisées. La France est le pays qui retient le plus longtemps ses jeunes en scolarité tandis qu’en Allemagne, par exemple, la moitié des jeunes appartiennent à la population active. En clair, ce taux de chômage appliqué aux jeunes est une mauvaise mesure. L’Insee l’utilise parce qu’elle le calcule pour toute catégorie. Mais ce qu’il faut surtout retenir c’est qu’il y a des jeunes sortis de la scolarité qui sont en échec.

Donc la jeunesse est malgré tout en difficulté…

Elle l’est. Le problème, c’est la précarité. Les jeunes sont parfois en emploi mais ils sont extrêmement précaires. Il faudrait développer un instrument qui les sélectionnent non pas en fonction de leur âge mais qui se demande, deux ou trois ans après la scolarité, “où en sont-ils ?” Cela permettrait de changer le paradigme. Mais on n’a pas beaucoup de données là dessus. Et puis il y a aussi des différences entre les jeunes. C’est une catégorie peu homogène. Il y a les très qualifiés, les peu qualifiés et les pas du tout qualifiés. Les premiers sont en emploi, les seconds dans la précarité, les troisième au chômage. C’est un public très particulier. En clair, quand on essaye de lutter contre le chômage des jeunes, on s’adresse aux pas du tout qualifiés, quand on veut lutter contre la précarité, on s’adresse aux peu qualifiés.

A quelle catégorie s’adresse plutôt le contrat de génération proposé par le gouvernement ?

Plutôt aux peu qualifiés. Ceux qui sont en CDD et qu’on va ainsi faire accéder à un CDI. Les contrats d’avenir s’adressent, eux, aux pas qualifiés. Les très qualifiés se débrouillent très bien tout seuls. C’est assez bien foutu. Il y en a un peu pour tout le monde. C’est bien foutu mais ce n’est pas beaucoup. Chaque année, 150 à 160 000 jeunes sortent de la scolarité sans diplôme alors qu’il y a 150 000 emplois d’avenir sur deux ans. Ça veut dire qu’on ne peut pas absorber les nouveaux arrivants sans qualification et qu’en plus il faut gérer le stock des anciens qui va en augmentant.

Si l’on revient au contrat de génération. Il sert aussi à maintenir les seniors en emploi. Est-ce en soi une bonne mesure ?

Le gouvernement a effectivement essayé de mettre des termes et des conditions à ce contrat. Pendant longtemps, on a pensé qu’il fallait faire sortir les gens en préretraite pour donner une bouffée d’oxygène aux jeunes. Cela n’a pas fonctionné et ça a coûté cher aux finances publiques. Du coup, on fait augmenter la durée en activité et on lie cela à l’emploi d’un jeune. C’est intéressant. Mais est-ce qu’on pourra vérifier cela ? Est-ce qu’on aura assez d’inspecteurs du travail ? Je pense qu’il y aura beaucoup d’effets d’aubaine. En plus, comme le gouvernement s’est donné une contrainte de retour à l’équilibre des finances publiques, il n’a pas beaucoup de grain à moudre. Toute mesure prise doit être financée par les ménages. Il y a des limites à ponctionner les ménages. C’est une mesure intéressante mais c’est une petite mesure. Si on ne met pas beaucoup d’argent, on ne peut pas s’attendre à des miracles.
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Le rédacteur :
Karine Le Loët

Rédactrice en chef à « Terra eco ».

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