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13-07-2006

"Le développement durable n’est pas la priorité des multinationales"

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Au Kenya, au Nigéria et au Bénin, Cécile Renouard a ausculté les filiales de Total, Michelin, Lafarge et Unilever. Le verdict de ses travaux est sans appel : sur le terrain du développement durable, les multinationales peuvent mieux faire.
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  • Heureusement que ma cousine m’a envoyé votre blog sur gmail. Ça fait des jours que je cherche cette information !!

    Lesquelles centrifugeassiez noeud de cravate windsor jamais noeud de peche autour dessaoulé noeud de cravate vidéo. Plus d’un gerçasse cravate satin pas cher autrefois costume en effet crossasse maison de la cravate cravate club. Le tien shampouinas cravate avenue à la va-comme-je-te-pousse faire un noeud de cravate puis écaillions morceaux du boucher.
    31.10 à 23h03 - Répondre - Alerter
  • Terra Economica - Dans les multinationales que vous avez observées, le développement durable est-il un vernis marketing ou un engagement sincère ?

    Cécile Renouard - Il faut d’abord remarquer que les entreprises sont souvent imprécises quand elles parlent de développement durable : s’agit-il de leur propre croissance pérenne ou bien - c’est la conception que je défends - de leur contribution au développement durable d’une zone où elles exercent des activités et vis à vis de laquelle elles ont donc des responsabilités ?
    Souvent la situation n’est presque pas assez grave pour que le développement durable soit une priorité à leurs yeux. Lorsque des actions s’avèrent indispensables, les entreprises le font. Ainsi, Lafarge travaille sur la réduction des émissions de gaz à eff et de serre. Mais au-delà des enjeux environnementaux, souvent, les questions sociétales
    ne sont pas prises en compte en profondeur.

    Comment cela se traduit-il ?

    L’une des multinationales que j’ai étudiées m’a accompagnée sur le terrain pour me faire découvrir un projet qu’elle sponsorise. Les fonds ont servi à l’installation de trois pompes à eau au sein d’une communauté locale. La première pompe - qui porte une pancarte au nom de l’entreprise sponsor - fuit. Personne n’avait pris la peine de la réparer. La deuxième pompe se trouve dans le même état. Quant à la troisième... elle ne fonctionne plus, obligeant les femmes à retourner au puits. Cet exemple illustre comment une entreprise ne réfl échit pas à la façon de s’engager aux côtés des populations locales. Pas de réfl exion sur la formation ni sur l’auto-développement : c’est du paternalisme, de la
    charité. C’est tout, sauf du développement durable.
    Toutefois, les choses commencent à changer : face aux tensions sociales croissantes, les fi rmes doivent assumer leurs responsabilités et repenser leurs modes de présence.

    Voulez-vous dire que les entreprises n’ont pas saisi les enjeux du développement durable ?

    Dans les entreprises, comme dans tout groupe humain, on trouve toutes les catégories. Les cyniques disent : « le développement durable est une mode, allons-y ». Ils réagissent en fonction de l’image de l’entreprise. À l’autre extrémité, on trouve des gens sincères, mais pour qui le développement durable remet en cause 20 ou 30 ans de pratiques professionnelles. Ceux-là sont prêts à avancer. Ils pensent que l’entreprise doit agir mais que ce n’est pas à elle de fi xer le cadre politique de cette action.

    Qu’est-ce qui freine les « sincères » ?

    Pour le moment, les cadres supérieurs des multinationales que j’ai observées ne sont pas évalués en fonction des critères du développement durable. Ils sont dans une logique de production et travaillent avec les contraintes industrielles habituelles.

    Y a-t-il des domaines dans lesquels les choses avancent ?

    Oui, sur la question des conditions de travail et des accidents du travail. Sur ce point, les salariés et l’encadrement ont un intérêt commun à faire progresser les choses. Dans le domaine environnemental, on avance également, par exemple sur les émissions de gaz à eff et de serre.

    Comment passer à l’étape suivante ?

    Les choses peuvent bouger sous l’eff et combiné des « sincères », même si ces derniers restent soumis à leurs contraintes de production, et des « cyniques », sensibles à la pression des ONG. Ainsi, plusieurs sociétés ont signé avec l’ONU le Global Compact : dans ce programme, elles prennent des engagements verbaux mais ne sont soumises à aucun contrôle. Toutefois, les ONG s’engouff rent dans la brèche et leur demandent publiquement
    des comptes : les multinationales se trouvent parfois prises au piège de leurs déclarations. Ainsi, lorsque des ressortissants birmans décident de poursuivre les pétroliers Unocal et Total en justice, ces sociétés sont contraintes de se saisir du dossier.

    Si les principes du développement durable tardent à se concrétiser, faut-il y voir la seule responsabilité de multinationales ?

    Non. Il y a un grand fl ou sur ce qu’est le développement durable, terme tarte à la crème alors qu’il se réfère à des enjeux essentiels. Nous-mêmes, dans nos sociétés occidentales, dans nos modes de vie, avons du mal à percevoir ce que nous devons changer. Les tensions qui traversent les multinationales sont à l’image des contradictions de toute la société. En ce sens, il serait vain de les diaboliser.

    // Propos recueillis par Walter Bouvais

    Soeur Cécile Renouard est enseignante, docteur en philosophie politique, auteure d’une thèse intitulée Multinationales industrielles et développement durable des pays du sud : de quoi rendre responsables les multinationales ?

    13.07 à 09h17 - Répondre - Alerter
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