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7-07-2015
Mots clés
Biodiversité
Climat
Monde

Voici l’animal qui survivra (peut-être) au changement climatique

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Voici l'animal qui survivra (peut-être) au changement climatique
(Crédit : Pierre-Yves Henry - MNHN)
 
Des chercheurs expliquent que ce petit lémurien dispose d'une arme fatale pour compenser les aléas climatiques : la torpeur. Lors de la saison sèche, il réduit volontairement ses dépenses énergétiques.
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A l’heure où la France entière sue à grosse gouttes, que ne sommes-nous tous des microcèbes murins ! Une équipe de chercheurs de l’unité Mécanismes adaptatifs et évolution – du Muséum national d’histoire naturelle / Centre national de la recherche scientifique – et du laboratoire Ecologie comportementale et sociobiologie du Centre allemand de primatologie de l’université de Göttingen vient en effet de prouver que ce petit primate malgache dispose d’un outil hors du commun pour compenser les accidents climatiques et surtout, ne pas en mourir. En début de saison sèche, à Madagascar, le microcèbe murin se prépare en effet à la disette. Au bout de quelques semaines, plus de plantes ni d’insectes à se mettre sous la dent. Pour survivre à la famine, qui va durer trois ou quatre mois, le petit lémurien, de la taille d’un rat, se met alors en état de torpeur. Roulé en boule, il fait descendre la température de son corps et réduit ainsi volontairement ses dépenses énergétiques.

La présence de nourriture déclenche l’activité

A la différence de la marmotte qui roupille plusieurs semaines d’affilée, le microcèbe a la capacité de remonter quotidiennement sa température à la normale et de décider si oui, ou non, il se dépense un peu pour aller chercher de la nourriture. Quel merveilleux atout face à l’aléa climatique ! Encore fallait-il savoir à quelle vitesse le lémurien est capable de réagir, si une saison sèche arrive en avance ou en retard par exemple. Pour cela, les chercheurs ont comparé deux groupes sauvages équipés de capteurs de température ; l’un à qui ils ont fourni de la nourriture, l’autre qu’ils ont laissé se débrouiller pour se sustenter. Ils ont montré que c’est bien la présence ou non de nourriture à portée de museau qui déclenche l’activité ou la torpeur, et non la longueur du jour par exemple. « La plupart des espèces ne peuvent pas jongler avec leurs dépenses énergétiques, mais le microcèbe, lui, est flexible, ce qui lui permet de compenser toute une gamme d’accidents environnementaux ! », se réjouit Pierre-Yves Henry, chercheur du Muséum national d’histoire naturelle. Reste qu’au bout de plusieurs semaines, nourriture ou pas nourriture, le microcèbe commence malgré tout sa phase de torpeur. « Cette flexibilité a des limites dans le temps qu’on a encore du mal à expliquer ! », conclut Pierre-Yves Henry.

Primates, rongeurs, ours capables de faire usage de la torpeur

A Madagascar, 90% de la forêt sèche a disparu dans le seconde moitié du XXe siècle. Cette fragmentation du paysage a enfermé les espèces forestières dans de très petites parcelles. Avec le changement climatique, elles seront ainsi incapables de changer d’aire de répartition, pour gagner en altitude par exemple. « Cette double contrainte, à la fois climatique et géographique, va donc encore plus favoriser les espèces capables de compenser les évolutions climatiques en restant sur place », explique Pierre-Yves Henry. Dans le règne animal, les scientifiques estiment que 1% des mammifères et quatre oiseaux sur mille sont capables de faire usage de la torpeur pour ralentir leurs dépenses énergétiques. Parmi eux, des primates, mais aussi des rongeurs, des ours… Alors que le cinquième rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) met l’accent sur la menace que fait planer le réchauffement de la planète sur les espèces animales et végétales qui devront migrer pour survivre, cette étude devrait réjouir les pessimistes de tout poil. Et encourager les chercheurs à établir de nouveaux modèles prenant en compte la capacité de certaines espèces à compenser les catastrophes qui ne vont pas manquer d’arriver.

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