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11-12-2015
Mots clés
Alimentation
France
Interview

Végétarisme et climat : « C’est au niveau local et national qu’il faut agir »

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Végétarisme et climat : « C'est au niveau local et national qu'il faut agir »
(Crédit photo : Claire Baudiffier)
 
Malgré le silence de la COP21 sur l'élevage, pour Elodie Vieille Blanchard, présidente de l'Association végétarienne de France, l'éveil des consciences sur la question est en marche.
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Terra eco : Est-ce que les consciences évoluent à propos du végétarisme ?

Elodie Vieille Blanchard : Disons qu’il y a un discours très consensuel et qu’on entend beaucoup : « Je mange moins de viande mais de meilleure qualité. » Presque tout le monde dit ça, mais est-ce vrai ? J’ai quand même l’impression que beaucoup continuent à acheter tout un tas de produits animaux dérivés et industriels type lardons, desserts lactés, etc. Mais il y a tout de même une prise de conscience, quelque chose est en train de se passer.

Que répondez-vous quand quelqu’un vous dit « manger moins de viande mais de la meilleure » ?

Nous, à l’Association végétarienne de France, sommes très critiques sur la « bonne viande ». J’entends souvent dire : « Je sais d’où elle vient ». Mais c’est souvent faux. L’acheteur qui dit ça sait-il comment cette viande a été abattue ? Bios ou locales, toutes les viandes se retrouvent dans les mêmes abattoirs, où l’agonie sera longue et douloureuse. Il reste toujours l’image un peu romancée de la vache heureuse dans son pré. Cela dit, il faut encourager les changements. Nous sommes dans une posture empathique et nous comprenons tout à fait qu’il soit compliqué de révolutionner son alimentation. Moi-même, j’ai mis vingt ans au total dans ma transition, entre l’âge de 14 ans où je suis devenue végétarienne et aujourd’hui où je suis végane (Voir lexique à la fin de cet article).

L’accord sur le climat qui sera signé dans les prochaines heures à la COP21 ne fera pas mention de l’élevage. Qu’en pensez-vous ?

L’objectif de cet accord est de fixer un cadre diplomatique pour une gouvernance mondiale sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre. En ce qui concerne le végétarisme, c’est au niveau local, régional et national que ça doit se passer. C’est là que nous souhaitons agir. Mais il est vrai que tout au long de cette COP, on a beaucoup entendu parler d’agriculture, ou plus précisément d’agroécologie et de souveraineté alimentaire… mais jamais d’élevage. C’est dommage. Pour tout vous dire, nous, en tant qu’Association végétarienne de France, n’avons même pas été accepté à la Zone d’action pour le climat au Centquatre.

Les questions de l’élevage et du végétarisme ne sont-elles pas des « tabous » écolos ?

Peut-être un peu, oui. Même si au niveau politique certains s’emparent de la question. Je pense à Europe Ecologie - Les Verts qui vient de créer une commission pour la condition animale, qui soutient la proposition de loi sur l’alternative végétarienne dans les cantines scolaires, etc. Mais dans l’espace militant, ça reste très difficile. On a du mal à se faire une place. Je vais vous raconter une anecdote : nous étions lundi à l’Olympia pour la remise du prix My positive impact que nous avons gagné avec notre « Défi Veggie ». Nicolas Hulot a déclaré avoir très envie de devenir végétarien. Nous l’avons alors interpellé publiquement, en lui proposant de l’aider personnellement au quotidien. Sa réponse a été très étonnante, il nous a mis un vent : « Ouhla, attention, c’est un choix personnel… » Donc oui, il y a encore quelque chose de tabou en France autour de notre assiette, lié sans doute à notre culture gastronomique.



Végétariens, végétaliens, véganes…


- Les végétariens ne consomment pas de produits animaux (poisson, viande).


- Les végétaliens ne consomment ni produits animaux, ni sous-produits animaux (lait, fromage, œufs, miel).


- Végane est un terme plus large qui correspond davantage à un mode de vie et ne se réfère pas qu’à l’alimentation. Ainsi, les véganes excluent de leur consommation les produits issus de l’exploitation des animaux (ou sur lesquels des tests ont été effectués). Ils ne portent pas de laine, de cuir, de soie et font également attention à la composition de leurs cosmétiques.


- Le site de l’Association végétarienne de France

A lire sur Terraeco.net :
- Pourquoi l’élevage est le grand oublié de la COP21
- Végétariens : et s’ils avaient raison ?
- « Tout dans la société nous pousse à devenir végétalien »
- L’assiette d’un végétarien émet deux fois moins de CO2

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  • Il est très drôle NH, si l’AVF a terminé 1er son "My positive impact" c’est certainement que ce n’est pas un choix si personnel que cela... Mais les réticences sont aussi énormes que l’impact économique est redouté. Dans les cotes d’armor par exemple, l’inertie est immense car chacun a quelqu’un dans le cercle familial qui dépend de cette filière économique.
    Comme dans les autres filières, l’agriculture et l’agro economie doivent passer au vert... l agro ecologie est productive et pourvoyeuse d’emplois, mais on touche a un mastodonte.
    62% des francais se disent prêt à consommer moins de viande, à condition que cela ne change rien à leur vie... Alors lancez vous un "defi veggie", vous verrez, ce n’est pas si difficile...

    14.12 à 10h04 - Répondre - Alerter
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