publicité
Accueil du site > Actu > Ils changent le monde > Une boîte mail écolo qui protège vos données ? Oui, ça existe
11-01-2016
Mots clés
Technologie
France
Monde

Une boîte mail écolo qui protège vos données ? Oui, ça existe

Taille texte
Une boîte mail écolo qui protège vos données ? Oui, ça existe
(Crédit photo : DR)
 
La start-up française Newmanity a lancé l'an dernier un service de messagerie qui respecte votre vie privée et dont le « data center » ne fait pas chauffer la planète. Après les particuliers, elle se tourne désormais vers les entreprises.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
SUR LE MÊME SUJET
Article publié dans le

N° 75 - mars 2016

Demain, tous végétariens

Qui n’a jamais eu la surprise de recevoir des annonces ciblées après une simple requête effectuée sur un moteur de recherche ou un échange d’e-mails ? Stéphane Petibon, directeur général de la start-up française Newmanity, en a fait la drôle d’expérience. Après une discussion sur Gmail avec un ami qui l’invitait à une fête juive, l’homme a reçu nombre de publicités intempestives et de liens sponsorisés qui l’exhortaient à voyager en Israël, apprendre l’hébreu ou encore commander en ligne de la nourriture casher. « J’étais patché par Google comme étant juif, alors que je suis athée », s’amuse-t-il. C’est en partant de cette anecdote que l’homme et son équipe créent Newmanity mail, avec une promesse : protéger vos données personnelles. A la différence des messageries électroniques classiques qui exigent vos prénom, nom et date de naissance notamment, Newmanity ne requiert à l’inscription qu’un identifiant et une adresse e-mail de secours. Le site s’engage en outre à ne pas lire les contenus échangés et à ne pas utiliser de « trackers comportementaux ». Le service est garanti sans spams, ni publicité.

Un data center vert

Mais les promesses de Newmanity ne s’arrêtent pas là. Financée par les dons de ses membres et par un investissement du philanthrope belge Pierre Moorkens, qui détient 65% du capital, la société ambitionne de fournir une boîte mail 100% écologique. Car l’envoi d’un courrier électronique, geste en apparence anodin, n’est pas sans impact sur l’environnement. Selon une étude publiée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en juillet 2011, envoyer un e-mail avec une pièce jointe d’1 Mo, c’est 20 grammes de CO2 émis : autant que lorsqu’on allume une ampoule de 60 watts pendant vingt-cinq minutes. Cette pollution provient de la consommation électrique de nos ordinateurs mais aussi des data centers, très gourmands en énergie, par lesquels transitent les e-mails. Newmanity promet de réduire par deux cette consommation. La solution ? Le data center EvoSwitch, installé aux Pays-Bas et alimenté uniquement avec des énergies renouvelables. Ce dernier utilise notamment la technique du free cooling, un refroidissement de l’air par le contact avec des endroits naturellement plus froids, l’air extérieur ou la terre. « C’est le seul en Europe qui peut se targuer d’avoir un bilan carbone neutre, soutient le directeur général, on en a cherché un en France, mais on n’a pas trouvé. »

D’autres facteurs, comme le poids de la pièce jointe, le nombre de destinataires et le temps de stockage des e-mails sur un serveur augmentent considérablement les émissions de CO2. Et là, Newmanity n’a pas de remède miracle. « Tant qu’on n’a pas trouvé de solutions techniques à ces problèmes, on fait un peu d’évangélisme auprès des utilisateurs », confie Stéphane Petibon. Ces derniers sont régulièrement invités à vider leur boîte mail, à compresser les pièces jointes ou encore à se désabonner des newsletters qu’ils ne lisent plus.

Pour prétendre au statut de boite mail 100% verte et compenser le restant de carbone, la start-up s’est engagée avec l’ONG Reforest’Action dans la plantation d’arbres dans la région du Sine Saloum, au Sénégal. Un choix qui n’est pas le fruit du hasard. « On ne voulait pas planter un arbre pour planter un arbre, raconte Stéphane Petibon. On recherchait une action qui a un fort impact social. » Pari réussi. Avec cette ONG, la plantation d’arbres permet à la fois de nourrir la population et de fournir du bois de construction.

Vers une version professionnelle

A ce jour, ce sont pas moins de 13 000 personnes qui se connectent chaque jour à Newmanity mail. La société, dont l’ambition est désormais de dégager des bénéfices, lance cette semaine sa version professionnelle, destinée aux entreprises. L’abonnement s’élève à quatre euros par mois. 20% de l’argent récolté sera reversé à des actions écoresponsables choisies au préalable par les salariés. Tandis que l’utilisation reste gratuite pour les particuliers qui peuvent soutenir l’initiative par des dons.

Fin 2016, Stéphane Petibon espère réunir 100 000 utilisateurs quotidiens. Si le service correspond à une réelle attente de la part du public, certains utilisateurs restent frileux à l’idée de changer de boîte mail. « C’est un peu comme changer de banque, décrit Stéphane Petibon, mais on travaille dessus pour faciliter le transfert d’une boîte à l’autre. »


- Le site de Newmanity mail

A lire aussi sur Terraeco.net :
- J’ai testé : le Web écolo

Faites réagir vos proches, diffusez l'info !
Vous aimez Terra eco ? Abonnez-vous à la Newsletter
28 commentaires
TOUS LES COMMENTAIRES
COMMENTAIRES SÉLECTIONNÉS
RÉPONSES DE LA RÉDACTION
Trier par : Plus récents | Plus anciens
Affichage : Voir tout | Réduire les discussions
  • Simple question : comment se financent-ils ? Parce que c’est bien beau tout ça mais ca ressemble quand même beaucoup aux histoires de "prêt d’argent gratuit par des particuliers" sur Facebook.

    20.01 à 17h02 - Répondre - Alerter
  • Les données personnelles sont protégées, et c’est tant mieux. Mais les serveurs étant situés en France, impossible de se soustraire à la Loi Renseignement et au nez renifleur des agences de surveillance... M’enfin, c’est déjà pas mal.

    16.01 à 11h48 - Répondre - Alerter
  • @ Frederic je ne comprend pas votre réaction. Car si un webmail propose de polluer moins alors c’est toujours mieux que google !!
    Leurs arguments sont bons je suis désolé. Data center, ... Et vous parlez de émail en texte, ils proposent justement d’envoyer par défaut les émails en texte.
    En plus, vous oubliez le principal : ils ne prennent pas nos données !! c’est la chose qui consomme le plus d’énergie

    Je soutiens à fond :)

    15.01 à 16h25 - Répondre - Alerter
    • L’initiative est bonne et va dans le bon sens. Le format texte par défaut est un excellent point, simple et concret.

      Cependant, dans mon commentaire initial, je souligne le fait que le centre de données n’est qu’un maillon et pas le plus important. Et qu’il faut faire attention à ne pas se concentrer sur l’arbre mais plutôt sur la forêt.

      Par ailleurs, le stockage des données n’est pas le point qui consomme le plus d’énergie. C’est, plutôt (et de très loin) l’écriture et la lecture sur le terminal de l’utilisateur. Tant qu’on adresse pas cette problématique, les autres actions, même si elles vont dans le bon sens, sont des peccadilles.

      Dans ce contexte, la réelle avancée en matière environnementale, c’est le format texte par défaut. Dommage que l’article n’en parle pas et qu’on l’apprenne dans les commentaires.

      19.01 à 20h02 - Répondre - Alerter
  • Monsieur Frédéric
    je dois vous dire que vous n’y connaissez pas grand chose malgré vous posts. Vous devez être journaliste. Je suis engineer et je travaille pour un competitor du data center Evoswitch utilisé par le emailer au Danemark. Je peux vous assurer qu’il n’y existe pas de data center comme Evoswitch en France. vous etes en retardation de 10 annees par rapport
    ils sont construit pour ne pas polluer. Le free cooling n’est pas le seule chose, il y a par example Le system de boxes, et en France il y a pas d electricite renouvelable 100% !! Vous adores trop le nuclear :-)
    sorry you’re wrong !

    15.01 à 16h22 - Répondre - Alerter
    • Bonjour

      Connaissance dans le secteur IT, mais pas dans le secteur d’énergie ? ;-)) Oui, en France existe un seul fournisseur 100% renouvelable et coopératif : Enercoop

      19.01 à 10h13 - Répondre - Alerter
      • En France, sauf à être raccordé physiquement au producteur, tous les électrons - nucléaires, éoliens, hydro, gaz, etc. - sont mélangés sur les lignes haute et moyenne tension qui transportent l’électricité du producteur au consommateur (pour faire simple, les experts me pardonneront cette approximation). Donc, sauf à posséder son propre réseau physique de distribution de l’électricité du producteur au consommateur, aucun fournisseur ne peut fournir 100 % d’électrons issus d’énergie primaire renouvelable. A ma connaissance, c’est pareil dans tous les pays du monde.

        De plus, si on ne regarde que la consommation électrique (qui est une source minime d’impact comparée à la fabrication des équipements), la consommation électrique des utilisateurs est bien plus importante que celle des serveurs. Google indique par exemple qu’il sert 3000 utilisateurs de GMail avec un serveur de 450 watts. C’est donc à la consommation électrique des utilisateurs qu’il faut s’intéresser en priorité, pas à celle des centres de données. On peut, comme je le fais pour GreenIT.fr, acheter des garanties d’origine pour s’assurer qu’une quantité identique d’énergie renouvelable (identique à celle consommée par les serveurs + réseau + les utilisateurs) est injectée sur le réseau. Dans ce cas, on couvre réellement un périmètre intéressant. Mais si on se concentre uniquement sur ses serveurs, c’est une part peu significative de la consommation qui est prise en compte.

        19.01 à 20h17 - Répondre - Alerter
        • Oui Frédéric mais peu importe, ce n’est pas la promesse d’Enercoop. L’objectif, sur un réseau, c’est de savoir ce qu’on y met : en gros, choisir le mix énergétique. On ne peut pas contrôler ce qu’on aura comme électron (de toute façon, ils ont tous la même tête), mais on peut choisir vers quoi on veut orienter les sources d’énergie et donc l’avenir. En ne souscrivant plus chez les fournisseurs rémunérant le nucléaire ou ceux adossés par des biais plus ou moins directs à cette industrie nucléaire, et donc en passant chez Enercoop, on est sûr que notre facture va à 100% dans les énergies renouvelables et leur développement. Voilà tout l’enjeu ! Plus nous serons nombreux à faire ce choix plus on avancera concrètement vers moins de nucléaire.

          20.01 à 11h27 - Répondre - Alerter
  • Voici quelques exemples de free cooling en France :

    Orange en Normandie,
    - Marylin de Celeste en IdF : http://www.greenit.fr/article/acteu...
    - Ceres à Tours : http://www.greenit.fr/article/acteu...
    - CFI à Lyon : http://www.greenit.fr/article/acteu...
    - Groupama à Rennes : http://www.greenit.fr/article/mater...
    - Crédit Agricole à Chartres : http://www.greenit.fr/article/acteu...
    - CNRS à Grenoble
    - Eolas à Grenoble : http://www.greenit.fr/article/acteu...
    ....
    il y en a des dizaines d’autres !

    Et ce ne sont que des exemples en free cooling.

    15.01 à 09h47 - Répondre - Alerter
  • Je l’utilise depuis quelques mois, et c’est déjà une averse de gouttes que j’ai envoyé pour soutenir une action.
    Alors bien sur ce n’est ni vraiment vert, ni tout rose non plus car j’ai bien quelques reproches à faire à cette boite mail, mais pour ma part, je pars du principe que quitte à envoyer et recevoir des mails, autant le faire en essayant de minimiser leurs impacts quand c’est possible, et là semble-t’il c’est possible, alors j’encourage malgré quelques lacunes à utiliser un outil certe perfectible mais qui a le mérite d’essayer de faire dans le bon sens.

    12.01 à 17h01 - Répondre - Alerter
  • L’article suivi des commentaires explique à lui tout seul le pourquoi des problèmes des verts : chacun à raison et chacun défend sa réalité.... quitte à saborder le bateau ... 7 milliards d’individus, 7 milliards de réalités !

    12.01 à 12h40 - Répondre - Alerter
  • Moi j’aime bien lire les commentaires, on y trouve souvent pleins de références et de nouvelles choses à fouiller, à regarder et à découvrir. Ce qui participe à ma curiosité.
    Mais par contre, ce que je pourrais vous reprocher (même si votre exemple des mails en HTML est intéressant et que vous apprenez) c’est le ton de vos propos et la façon dont vous vous focalisez sur l’aspect "écolo" alors que ce n’est pas le propre du sujet.

    Je pense que nous sommes ici face à un projet somme toute respectable et avec l’envie de faire évoluer les choses. Comme préciser dans l’article, la portée n’est pas uniquement écologique mais éthique (ou morale) également (surtout ?). Sans ressasser l’affaire Snowden, leur proposition (s’ils s’y tiennent) de protéger les données clients est louable.
    Et si en plus cet entrepreneur fait l’effort de chercher un datacenter freecooling afin d’impacter au minimum l’écologie et le tout sans bouleverser les habitudes des utilisateurs, que demander de plus ?!

    Ça me rappelle cette entreprise suédoise ou finlandaise (ou peu importe), Fairphone, qui conçoit des smartphones "équitables". En s’y intéressant de plus près, on se rend compte que la démarche est presque parfaite. Je m’explique.
    Leur volonté est de produire un téléphone respectueux de l’homme. Et cela passe, à l’instar de la concurrence, par le choix des mines d’extraction de minerais (non gouvernées par les milices locales) jusqu’aux usines d’assemblages chinoises.
    Et ils vont plus loin encore avec leur nouveau modèle en faisant un joli pied-de-nez à l’obsolescence programmée. Fairphone propose un téléphone démontable par l’utilisateur lui-même sans outils et un stock de pièces de rechange accessible depuis leur site internet.

    Tout cela pour dire que même si cette entreprise a une volonté éthique ou "fair", elle subit malgré tout la technologie (utilisation de métaux spéciaux pour les puces), la loi du marché (produire à moindre coût), etc... Mais peut-on vraiment lui reprocher de faire mieux ce que les autres mastodontes du marché font sans scrupules ? Peut-on reprocher à Fairphone de s’interroger et de prendre en compte le sort du malheureux mineur africain sous couvert qu’ils utilisent quand même du tantal ? Peut-on leur reprocher de sélectionner les usines chinoises qui respectent leurs employés sous couvert que les composants voyagent à l’autre bout du monde ? Peut-on leur reprocher de produire des téléphones démontables et "anti-obsolescence" sous couvert que le design n’est pas flatteur ?
    Je ne pense pas.

    Alors oui, effectivement, c’est critiquable. Ou plutôt c’est certainement critiquable par certaine personne qui ont certainement réponse à tout. (Je ne vous vise pas).
    Mais là où je vous vise, c’est lorsque vous parlez du free cooling avec un ton que je ressens comme un poil hautain ou dédaigneux. Vous vous offusquez qu’une boîte mail ne peut pas être écolo mais vous oubliez que ce n’est pas de ça dont on parle. Il est seulement dit que pour pallier aux rejets de GES de la consommation des datacenters, ils ont choisi d’utiliser un datacenter freecooling. Ne mélangeons pas tout !
    Et s’il vous plait, donnez vos sources, présentez nous des exemples concrets, amenez-nous vers des articles ou sites illustrant vos propos. Vous ne serez que plus crédible et j’aurai moins l’impression de faire face à un M.Grognon qui critique pour critiquer. Comme vous l’avez fait pour le format HTML.

    Je pense qu’il faut parfois avoir un peu d’humilité et de recul pour critiquer intelligemment un projet en se posant la question "Est-ce que je serai capable de faire aussi bien ?".

    Avez-vous les épaules pour créer une entreprise aujourd’hui ? Qui plus est, une entreprise éthique, allant à l’inverse de la concurrence, dans un milieu difficile où les géants du domaine ne feraient qu’une bouchée de vous ?
    Seriez-vous vraiment capable de réaliser cela ? Moi non.

    C’est pourquoi il faut encourager ce genre d’initiatives car elles sont bonnes pour tout le monde (dans les deux sens du terme).

    12.01 à 09h06 - Répondre - Alerter
    • commentaire à Ours : bravo, rien à ajouter !
      Si ce n’est que Mr grognon est exactement dans la même logique que ceux qui crient à l’imposture parce que le bio ne l’est qu’à 98% ou qui dénoncent le GPL depuis leur voiture au mazout !

      13.01 à 11h02 - Répondre - Alerter
    • « Il est seulement dit que pour pallier aux rejets de GES de la consommation des datacenters, ils ont choisi d’utiliser un datacenter freecooling. Ne mélangeons pas tout ! »

      En fait, c’est vous qui mélangez deux choses.
      1. Le "free cooling" ou "refroidissement par air froid naturel" vise à réduire la consommation d’énergie (électricité le plus souvent) nécessaire pour produire l’eau glacée qui servira ensuite à refroidir les équipements informatiques.
      2. Les émissions de GES sont liées à la qualité de l’électricité utilisée.

      On ne peut donc pas pallier aux émissions de GES en refroidissant les équipements informatiques par free cooling. Ce sont deux sujets complètement différents.

      Pour « pallier aux rejets de GES de la consommation des datacenters » on peut :
      - neutraliser les émissions (à la source) en achetant des garanties d’origine (cela revient à consommer des kWh électriques produit par une éolienne, un barrage, etc.)
      - compenser les émissions en capturant certains GES émis, notamment le CO2 via la photosynthèse des arbres que l’on plante à cet effet.

      D’une part, le free cooling se pratique déjà en France. D’autre part, n’importe qui peut compenser ses émissions directement (et pas que celles de ses e-mails qui sont epsilonesques comparées aux déplacements chauffage, achats de biens manufacturés, etc.). Enfin, le DC n’est pas le composant clé en terme d’impact, pas plus que les gaz à effet de serre... Ce qui finit par nous amener assez loin de l’ambition initiale du service et de la promesse de l’article.

      Les impacts environnementaux des courriels se concentrent majoritairement du côté de l’utilisateur (fabrication et alimentation électrique des équipements) et sont équitablement répartis entre les trois tiers en ce qui concerne la consommation électrique sur la phase d’utilisation. Pour rappel, concernant les impacts associés à la fabrication qui constituent le gros des impacts, Google indique qu’un seul serveur de 450 watts lui suffit pour servir 3000 utilisateurs de GMail. Comparez l’impact de la fabrication de 3000 laptop / desktop / smartphones avec la fabrication d’un serveur...

      Au final, ce qui me semble dangereux (et je ne remets pas en cause l’intégrité et la bonne volonté de la journaliste et de Newmanity), c’est qu’on oriente les lecteurs / internautes vers de solutions à faible effet de levier alors que des solutions bien plus efficaces existent. Bref, on se concentre sur l’arbre plutôt que la forêt. C’est ce que j’essaie de montrer avec mon exemple du format texte Vs HTML.

      Le mécanisme est identique quand on parle de CO2 au lieu de GES. Les gens les moins informés finissent par croire que GES = CO2, hors, dans le cas précis de l’unité fonctionnelle étudiée dans cet article, de nombreux GES différents sont émis tout au long du cycle de vie : combustion des moteurs diesel servant à extraire des ressources, réactions chimique lors de la fabrications composants électroniques et des équipements, liquides frigorigènes des centres de données, vapeur d’eau lors de la fabrication des kWh électriques, etc. et aussi, effectivement, du CO2.

      Pour résoudre efficacement un problème, il faut l’envisager dans sa globalité afin d’agir là où les leviers sont les plus forts. Dans notre cas, ce n’est pas au niveau des centres données (même si ça ne fait pas de mal, of course) mais chez l’utilisateur. Et, par souci de cohérence, si c’est uniquement du CO2 que vous cherchez à réduire, c’est encore une fois du côté des utilisateurs qu’il faut se concentrer, pas sur les centres de données.

      Sur un média expert comme Terra Eco et de la part d’une entreprise dont le respect de l’environnement est une promesse commerciale forte, il me semble que le niveau de précisions que je tente d’apporter est un minimum. D’autant que j’ai déjà pris 2 x 1 h pour expliquer tout cela à Newmanity et à la journaliste qui a écrit cet article.

      Ce qui compte pour nos enfants c’est d’agir sur les plus gros leviers, le plus vite possible, pas de se donner bonne conscience ou d’être politiquement correct.

      15.01 à 14h03 - Répondre - Alerter
  • frederic bordage, la démarche reste bonne et avec une bonne intention
    vous êtes de ces pseudos experts qui ne mettent pas les pieds en dehors de votre territoire physique et mental et qui crie au greenwashing a chaque occasion
    il faut encourager ce genre d’initiative française au lieu de descendre
    Dans l’article est fait mention d’evoswitch vous avez regardez au moins ? Moi oui
    aprec on est libre de ses choix !

    12.01 à 04h52 - Répondre - Alerter
  • Le bilan gaz à effet de serre (GES) d’un centre de données ne peut pas être « neutre ».
    Un data center ne peut pas être « vert ».
    Une boîte mail ne peut pas être « écolo ».
    Non, il ne s’agit de « CO2 » mais de « gaz à effet de serre » ou d’« équivalent CO2 »
    On peut compenser ses émissions et donner à des assos sans envoyer des e-mails pour cela, depuis des décennies !

    Au secours ! Suis-je bien sur Terra Eco ? Sommes nous déjà le 1er avril ? Qu’est-ce que ce greenwashing vient faire sur Terra Eco ?

    Plutôt que de faire du publi-rédactionnel, pourquoi ne pas conseiller des gestes réellement efficaces ? Par exemple, en envoyant vos e-mails au format texte plutôt que HTML, vous divisez par 12 le poids moyen de vos e-mailspar rapport au format HTML. Soit 12 fois moins d’octets à transporter et stocker. C’est simple et gratuit. Et on ne réduit pas consommation électrique par 2... mais par 12 !

    Au fait, des fois que... pas la peine d’aller aux Pays-Bas pour faire du free cooling et acheter des certificats de garantie d’origine. On fait cela très bien en France depuis plusieurs années...

    11.01 à 23h45 - Répondre - Alerter
    • Bonjour Frédéric, donne des exemples, s’il te plaît. Merci.

      15.01 à 09h31 - Répondre - Alerter
    • Bonjour
      Oui, en théorie un datacenter 100% écolo peut exister à la condition qu’il produise plus d’énergie que n’a été nécessaire pour sa construction, son usage et destruction/recyclage (cycle de vie), sachant que certains ressources naturelles seront néanmoins détruits pour toujours (non récupérable). Pour l’instant pas suffisamment de consommateurs qui le demandent car sa pourra augmenter les coût de la communication. Nous oublions toujours que c’est finalement le consommateur qui a le dernier mot.
      Concernant les études sur les mails texte et autres, par exemple :
      ADEME juillet 2011 :
      « Analyse comparée des impacts environnementaux de la communication par voie électronique »

      19.01 à 10h41 - Répondre - Alerter
      • NON. Un data center "100% écolo" ne peut pas exister. Sa construction, la fabrication des équipements qu’il contient, et son utilisation induisent des impacts environnementaux. On peut, au mieux, chercher à limiter ces impacts. Un data center "éco-responsable" ou "le plus respectueux possible de l’environnement" OUI. Un data center "100 %écolo" = 100% greenwashing.

        Par ailleurs, si vous réalisiez des ACV multicritères précises sur des data centers, vous vous rendriez compte que la consommation d’énergie (à part la problématique de l’eau douce) n’est pas le seul impact environnemental d’un centre de données. La fabrication des équipements électroniques dont il est rempli induit de très nombreux autres impacts qu’il faut prendre en considération.

        Enfin, comme expliqué dans un commentaire précédent, si on tient absolument à se focaliser sur l’énergie, il y a beaucoup plus de consommation du côté des internautes / utilisateurs que du côté des centres de données. Intéressons nous à la forêt plutôt qu’à l’arbre qui la cache.

        20.01 à 12h39 - Répondre - Alerter
        • Je suis totalement d’accord avec ça. Dire qu’un datacenter est écolo, c’est ne pas penser à l’ensemble des éléments nécessaires à la fabrication des machines et autres. L’emplacement du datacenter peut jouer également. Etait-il sur une zone humide ? une friche ..etc etc. Pour les emails j’ai trouvé http://www.ecomail.fr qui n’indique pas être une messagerie écolo, mais qui utilise l’argent récolté de façon transparente pour des projets écolo. Plus cohérent à mon avis.

          27.07 à 16h38 - Répondre - Alerter
          • Pour moi, ce service, même s’il ne greenwash pas, n’a que peu d’intérêt : pourquoi devoir changer de messagerie pour financer un projet lié à l’environnement ? L’utilisateur d’une boîte mail n’est-il pas capable de le faire en direct ? Il y a, à mon sens, une forme dangereuse et assez perverses de dé-responsabilisation des internautes avec des offres comme ecomailfr. Même si cela part d’un bon sentiment, on risque de voir l’effet rebond de la compensation : puisque je compense, je peux partir en week-end en avion. Puisque je finance des projets "écolos", je me dédouane d’un usage plus responsable de ma messagerie.

            27.07 à 20h48 - Répondre - Alerter
PUBLIER UN COMMENTAIRE

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • Se connecter
  • Créer un compte

publicité
publicité
publicité
Site conçu avec
publicité