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3-11-2014
Mots clés
Immigration
Religions
Afrique
France

« Si tu deviens chrétien, on va te tuer »

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« Si tu deviens chrétien, on va te tuer »
(Conakry depuis un avion. Crédit photo : Jeff Attaway - Flickr)
 
Seidou, 27 ans, a quitté la Guinée pour la France il y a un an et demi. Il était devenu l'ennemi. La cause ? Sa conversion au christianisme.
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N° 62 - Novembre 2014

Histoires de migrants

« En mai 2012, vivant alors en Guinée, à Conakry, la capitale, je suis allé à l’église avec un ami et c’est là que j’ai décidé de devenir chrétien et de me faire baptiser. J’étais alors musulman, comme la majorité des Guinéens, comme ma famille et mon père, imam. Quand ma famille a appris ça, j’ai été tabassé et enfermé. Par des élèves du cours coranique de mon père, mais aussi par lui-même. Ils m’ont dit : “Si tu ne reviens pas sur ta décision, on va te tuer. Tu as sali ton père, ta religion. On va tout faire pour te faire disparaître.” Tout le monde me donnait des coups, je n’avais même pas la force de m’échapper. A ce moment-là, j’ai dit que j’allais rester musulman. Je ne le pensais pas, mais c’était le seul moyen pour que cela s’arrête. Je suis resté une semaine enfermé dans une pièce de notre maison. Puis, j’ai réussi à partir avec un ami dans un village pas loin de la capitale. Nous étions hébergés chez son frère, mais je n’étais pas serein, j’étais recherché.

J’ai alors décidé de partir en France. Pourquoi la France ? Parce que la Guinée est une ancienne colonie, donc je parle français, même si je ne sais encore pas le lire et l’écrire ! Un homme a tout organisé pour moi : les papiers, le visa, le billet d’avion. C’était en mars 2013. Je me suis rendu à l’aéroport de Conakry caché, avec une casquette pour ne pas que l’on me reconnaisse. Une fois dans l’avion, j’étais soulagé, je me suis dit : “Ça y est, je suis libre.” Arrivé à Paris, je ne savais pas où aller. J’ai tenté de parler à des blacks, on m’a dit : “Va à Nantes, il y a plein de Guinéens.” Je connaissais Nantes de nom, car je suis supporteur du club de foot. Je suis donc arrivé ici, sans trop savoir que faire. J’ai d’abord dormi dehors, puis je me suis dirigé vers l’association Accueil et informations pour demandeurs d’asile (Aida), qui m’a beaucoup aidé.

Je suis mieux ici en France. Je me sens bien, je respire bien. Je ne regrette rien, je suis en vie. Ici, il y a la paix, tout le monde est poli, tout le monde se rend service et je peux pratiquer ma religion sans crainte. Ma famille ne sait pas où je suis. Je suis un ennemi désormais pour eux et je le resterai. Il y a quatre mois, j’ai été opéré à cause des séquelles de mon tabassage en Guinée. On m’a posé une prothèse au genou, désormais je boîte, et ce, pour toujours. Retourner, un jour, en Guinée ? Je ne suis pas sûr. Ce n’est pas dans mon programme. Je veux fonder une famille ici. »

Retrouvez tous les témoignages de ce dossier ici

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