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17-09-2009

Reporters sans frontières au rapport (vert)

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L'ONG publie aujourd'hui un rapport sur les journalistes poursuivis parce qu'ils ont dénoncé des crimes environnementaux.

Il n’y a pas que sous les balles et dans le sillon des chars qu’on risque sa peau. Reporters sans frontières publie aujourd’hui un rapport et conte l’histoire de quelques journalistes menacés, condamnés ou blessés parce qu’ils avaient dénoncés des crimes environnementaux.

“Lai Baldé, journaliste guinéen, vit sous la menace. Tamer Mabrouk, blogueur égyptien, fait l’objet d’une procédure judiciaire. Le journaliste russe Grigory Pasko a passé quatre années en prison. Son confrère ouzbek, Solidzhon Abdurakhmanov, vient d’être condamné à dix ans de prison”. Le rapport publié aujourd’hui par Reporters sans frontières (RSF) commence par une longue litanie de victimes. Leur point commun ? “Ils enquêtent ou ont enquêté sur des sujets liés à l’environnement dans des pays où il est dangereux de le faire. ”

Comme la corruption ou les bavures militaires, les entorses à l’environnement embarrassent aujourd’hui les gouvernements aux quatre coins du monde. “Ces questions sont devenues des enjeux stratégiques notamment pour les nations qui dépendent énormément de leurs ressources en matières premières. D’autant que du bon respect de l’environnement dépend aussi l’aide des pays riches, décrypte Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF. Alors aujourd’hui dans ces pays, on risque sa peau pour en parler. ”

La révélation ne date pas d’hier mais les cas se multiplient depuis quelques années. “On en voit au Brésil, au Cambodge, au Congo. Mais de loin, les cas les plus fréquents sont en Russie“, souligne M. Julliard. Ainsi de l’histoire de Grigory Pasko, emprisonné quatre ans pour avoir dénoncé le versement de déchets nucléaires dans la mer du Japon (voir témoignage). Ailleurs, d’autres ont pris dix ans pour avoir rapporté l’assèchement d’une mer, des coups pour un projet d’autoroute traversant une forêt ou ont été kidnappé pour s’être attaqué à la déforestation. Des menaces d’autant plus graves qu’elles attaquent des journalistes en devoir d’information, souligne le rapport. “Pour préserver la nature, il faut en premier lieu établir un diagnostic précis de l’état des ressources et de la façon dont elles sont employées. Grâce à ce travail d’analyse – auquel la presse participe largement – les décideurs politiques peuvent ensuite fixer les normes qui s’imposeront aux acteurs économiques et aux populations.”

Or, ces journalistes sont souvent peu soutenus par les populations locales, effrayées à l’idée de perdre leur emploi dans des entreprises trop polluantes. Ils sont donc souvent peu ou pas défendus, leurs histoires peu médiatisées. RSF s’est promis d’y remédier “Quand les journalistes s’attaquent à des problèmes économiques ou politiques, on peut se dire qu’ils cherchent le scoop, concède Jean-François Julliard. Mais là ils traitent des questions d’intérêt général. Ils oeuvrent pour le bien de l’humanité ! ”

A lire aussi dans Terra eco :
- 4 ans de prison pour avoir enquêté sur les déchets nucléaires

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Le rédacteur :
Karine Le Loët

Journaliste à « Terra eco ».

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