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25-03-2015
Mots clés
Alimentation
Cinéma
France
Vidéo

« Regards sur nos assiettes », docu goûtu

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« Regards sur nos assiettes », docu goûtu
(Crédit photo : DR)
 
De Pierre Beccu, sortie le 9 septembre.
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Article publié dans le

N° 66 - avril 2015

Le goût assassiné

A vingt-cinq ans d’intervalle, deux documentaires retracent le parcours d’un repas, des conditions de sa production à l’assiette. La forme et le regard cinématographique diffèrent totalement entre le film de Luc Moullet, Genèse d’un repas, sorti en 1979, et celui de Pierre Beccu, qui sortira en avril accompagné d’un cycle de projections-débats et de modules éducatifs. Néanmoins, ce procédé permet, dans les deux cas, de renouer le lien, défait depuis longtemps, entre l’aliment que l’on porte à sa bouche et les conditions de sa production. « J’ai choisi des aliments parce que c’est quelque chose qui parle aux gens », racontait Luc Moullet dans une interview de 1979 parue dans Cinéma 79. En l’occurrence, un morceau de thon à l’huile, une omelette et une banane. Le menu, très banal, d’un déjeuner sur le pouce. « Ce sont des choix très précis. Je voulais des produits de France », poursuivait-il. Le fil conducteur de son documentaire est l’exploitation des travailleurs du monde entier. Luc Moullet remonte la filière, en Equateur pour les bananes, au Sénégal et dans le Pas-de-Calais pour le thon, en Normandie pour les œufs. Il se met en scène lui-même, consommateur blanc occidental, bénéficiaire de ces partages illégaux. Déjà, le problème de l’imaginaire mensonger du terroir est présent dans le film à travers le parcours du thon sénégalais, labélisé « pêcheur breton ». Sur le même thème, plus qu’un regard de cinéaste, Regards sur nos assiettes propose un exercice de co-construction avec six étudiants en ingénierie d’espace rural à Annecy (Haute-Savoie). Le documentaire commence dans les rayons d’un supermarché, où se fait 80% de la vente des denrées alimentaires. Mais l’enquête tourne court lorsque les services de surveillance interdisent aux apprentis réalisateurs de capturer les images des têtes de gondoles vantant leurs promotions.

Un pain qui sent le miel

Après les questions des marges, de la provenance, de la saisonnalité, survolées faute d’accès aux sources, le documentaire devient intéressant lorsqu’il raconte l’élaboration de circuits courts, peu à peu, en marge du système. Acteurs du film, les étudiants réapprennent, et nous avec, comment le pain, produit avec des variétés de blés anciennes, sent le miel et se conserve plus d’une semaine. Des agriculteurs, rencontrés longuement, reprennent la main sur leur métier, choisissent leurs outils et sortent d’un système d’exploitation avilissant de la terre et des hommes. Comme dans Genèse d’un repas, les coûts cachés, économiques, éthiques et politiques, du contenu de nos assiettes sont rendus visibles par un exercice de dévoilement implacable et logique, mais que l’on se refuse pourtant à faire.

Découvrez la bande-annonce du film

Regards sur nos assiettes Bande Annonce from bascanal on Vimeo.


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