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9-11-2009

Recyclage difficile pour l’aéroport de Berlin

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A l'heure où des millions d'Allemands célèbrent le 20e anniversaire de la chute du mur, la ville tente d'imaginer un avenir pour l'aéroport de Tempelhof. Symbole de la folie nazie et du pont aérien contre le blocus communiste, le site en friche aurait pu devenir une clinique ou même... une montagne. Il sera sans doute transformé en éco-quartier.

Des centaines de kilomètres de pistes de béton, des hangars et un bâtiment en demi-lune long de 1200 mètres. L’aéroport de Tempelhof, au sud de Berlin, s’impose comme une relique d’un passé ambitieux. Mais dont on ne saurait que faire.

Erigé en 1923 et rénové entre 1936 et 1941 par Albert Speer, il devait être la porte d’entrée de Germania, capitale de cette immense empire tant rêvé par le Führer. Entre 48 et 49, revirement de situation. Tempelhof sert alors aux alliés à ravitailler les Berlinois de l’Ouest en vivres et charbon pendant le blocus soviétique. Puis, il redevient un aéroport commercial, utilisé notamment par l’armée américaine. Mais voilà, dès la fin des années 70 la fréquentation n’en finit pas de chuter. Tant que Tempelhof a dû fermer ses portes le 30 octobre 2008.

Depuis, le bel endormi n’en finit pas de susciter les convoitises. Avec une contrainte néanmoins : le bâtiment central – classé monument historique – ne peut être détruit. Mais les rêves d’aménagement ne manquent pas. Dès 2006, l’ancien directeur général du groupe Estée Lauder a même approché les autorités berlinoises dans le but de construire une clinique de grande luxe et un centre de transplantation. Les stars y viendraient, assurait-on, s’y faire soigner en jet privé. Ailleurs, on évoqua un musée de l’aviation, un centre culturel ou des studios de cinéma. Mais voilà “la ville de Berlin croule sous 60 millions d’euros de dettes, explique Jakob Tigges, architecte berlinois. Rien de tout cela n’aura lieu.” Aussi pour rentabiliser le bâtiment, qui coûte 14 000 euros annuels à maintenir, les autorités berlinoises ont-elles signé un contrat de dix ans avec les organisateurs du show de mode Bread and Butter qui y tiendra salon deux fois l’an. Et une fois la décennie écoulée ? On ignore encore ce qui viendra occuper l’édifice.

Une montagne magique

Reste les kilomètres de terrain qui entourent l’aéroport. Pour régler le sort des 50 premiers hectares situés au nord du site – le “Columbia quarter” - , la ville a lancé une compétition. Plus de 80 projets candidats ont été présentés et 3 retenus. Ceux-là prévoient de faire cohabiter habitations et sources d’énergies renouvelables. Ils devraient être mélés pour former un projet architectural final dont les contours restent encore inconnus. Une chose semble sûre : aux côtés des logements, un immense parc grand de 230 hectares devrait voir le jour. Et ce, dès l’été 2010, a promis la ville qui prévoit de dépenser 60 millions d’euros pour l’aménagement.

Mais certains ne cachent pas leur amertume. Ceux-là auraient voulu que Tempelhof garde sa fonction originelle. D’ailleurs, un référendum organisé par la ville en avril 2008 avait vu 60 % des habitants se prononcer contre la fermeture. Mais la participation ayant été trop basse – moins de 25% - les autorités n’en ont pas tenu compte. “Tempelhof est important pour Berlin et le pays. C’est un lieu très symbolique. On ne peut pas juste le remplacer par un quartier d’habitation”, souligne Jakob Tigges. Pour incarner la nécessité d’un projet ambitieux, l’homme a même osé imaginer l’absurde : la construction d’une énorme montagne haute de 1000 mètres sur le site de Tempelhof. Sans surprise, le projet de Jakob Tigges a été balayé dès le premier tour de la compétition. Mais qu’importe. “Il n’a jamais été question de vraiment construire cette montagne mais d’oser une idée gigantesque capable de susciter l’enthousiasme.” Et de ranimer la mémoire du vieil aéroport endormi.

A lire aussi dans Terra eco :
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Sources de cet article

- Photos : JuergenG
- Le site du projet

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Le rédacteur :
Karine Le Loët

Journaliste à « Terra eco ».

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