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10-06-2014
Mots clés
Alimentation
Agriculture
Pollution

Jardiniers, voici 7 plantes invasives à éviter

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Jardiniers, voici 7 plantes invasives à éviter
(Crédits photo : Farbenfreude, Korribot, effdelonge, RobertLechner, Kenraiz - Wikimedia )
 
Nombre de pestes végétales ont été introduites par des jardiniers pour leur beauté avant d'envahir leur écosystème. Voici quelques conseils pour éviter les bévues.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Elles s’appellent renouée du Japon, berce du Caucase ou encore arbre à papillons. Elles sont colorées, atypiques, voire attirent les abeilles et papillons. Mais derrière leurs noms exotiques et allures sympathiques se cachent des plantes qui, une fois introduites dans certains écosystèmes, peuvent se reproduire très rapidement et nuire à la biodiversité.

Attention, tout d’abord, l’affaire est complexe et il faut se garder de toute vision manichéenne. Non, la grande invasion n’a pas commencé. Et non, il n’y a pas simplement, d’un côté, nos gentilles plantes indigènes et, de l’autre, de vertes ennemis venues de loin. « Les plantes envahissantes parviennent le plus souvent à s’installer dans des milieux déjà perturbés par les activités humaines, là où l’on a retourné la terre pour construire une route par exemple, cela crée des niches écologiques idéales pour ces espèces pionnières », note Guillaume Fried, ingénieur agronome expert des plantes invasives. « On ne connaît aucun cas d’espèce indigène totalement disparue à cause d’une plante invasive. Par contre, il y a des plantes déjà menacées pour de multiples raisons qui le sont encore plus à cause de plantes envahissantes », poursuit par ailleurs l’auteur du Guide des plantes invasives. Et qui introduit ces plantes ? Dans 40% des cas, ce sont des jardiniers... pour des raisons ornementales. Le plus souvent après les avoir achetées en jardinerie où aucune loi n’interdit leur vente ni n’impose d’étiquetage particulier. « Il faut se renseigner avant de planter », conseille Guillaume Fried. Voilà donc notre liste de sept plantes invasives à éviter, et des idées d’alternatives locales à privilégier.

- L’arbre à papillons (ou Buddleia de David)

Avec un nom pareil, pas étonnant que nombre de jardiniers croient bien faire en plantant cet arbuste dans leur jardin. Effectivement, cette plante - vendue dans la plupart des jardineries – attire bien les papillons. Mais ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle puisque son nectar n’en nourrit pas les larves, contrairement aux plantes natives moins odorantes. Par ailleurs, chaque pied est capable de produire plusieurs millions de graines, et ainsi de se répandre rapidement en formant des « massifs monospécifiques », explique Guillaume Fried. Evitez donc d’en planter si vous vivez à proximité de ses terrains de prédilection : les zones océaniques ou montagnardes, les cours d’eau et espaces déboisés comme les friches et les talus.

L’alternative : Il peut être remplacé par le lilas de Perse

- La Griffe de sorcière (Carpobrotus edulis)

La Griffe de sorcière est une plante grasse et rampante aux fleurs blanches, jaunes ou roses. Très à la mode, elles est vendue comme plante vivace dans de nombreuses jardineries. Mais elle s’échappe rapidement des jardins pour former d’immenses tapis. « Là où elle s’installe, la biodiversité diminue en moyenne de 65%. Elle a déjà envahi de nombreuses dunes et roches du littoral et entre en concurrence avec certaines espèces locales », dépeint Guillaume Fried.

L’alternative : Elle peut être remplacée par le gazon d’Espagne (Armeria maritima), ou par la Malcomie littorea

- Le Rosier rugueux (Rosa rugosa)

Comme l’arbre à papillons, ce rosier rugueux « forme des buissons touffus » et « ferme le milieu dans lequel il s’implante ». Ce qui lui vaut d’être mentionné dans la liste européenne des 100 pires plantes invasives baptisée Daisie (Delivering alien invasive species inventories for Europe). Toutefois, elle pose uniquement problème dans les dunes où elle concurrence les espèces locales et modifie la structure des dunes. Loin des côtes, vous pouvez donc la planter sans risque d’invasion.

L’alternative : En matière de rosier, les conservateurs professionnels et amateurs sont légions et peuvent vous conseiller une foultitude de variétés locales et/ou anciennes.

- La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)

Découverte dans le Caucase à la fin du XIXème siècle par un naturaliste suisse, cette plante est rapidement apparue dans de nombreux jardins botaniques en Europe et en a profité pour se répandre le long des cours d’eau et envahir notamment certaines zones sub-alpines où elle menace aujourd’hui certaines plantes indigènes. Sauf qu’en plus d’être envahissante, elle est dangereuse pour la santé et peut causer des brûlures assez graves quand on la touche. Son seul atout : elle est mellifère, c’est-à-dire qu’elle produit du nectar récoltable par les abeilles. Sauf que « certains éléments laissent craindre que les abeilles favorisent la berce du Caucase, ce qui pourrait nuire à la pollinisation des plantes indigènes », alerte Guillaume Fried.

L’alternative : Elle peut être remplacée par de très nombreuses espèces : la marguerite commune (Leucanthemum vulgare), la valériane (Valeriana officinalis L.), la salicaire commune (Lythrum salicaria) ou l’Anthémis des teinturiers (Anthemis tinctoria).

- L’Herbe de la pampa (Cortaderia selloana)

Cette grande plante originaire d’Amérique du Sud peut atteindre jusqu’à trois mètres et se distingue par ses panicules blancs très soyeux. « Cette plante est très jolie et est beaucoup vendue depuis les années 1970. Dans les années 1990 on a commencé à voir les premiers pieds naturalisés, d’abord dans des milieux perturbés, aux bords des routes puis dans beaucoup de milieux naturels notamment des espaces arrières-dunaires », indique l’agronome, qui précise qu’un plan d’action contre cette herbe est à l’étude en France depuis 2010.

L’alternative :On peut la remplacer par une autre plante exotique mais non envahissante : l’Ampelodesmos mauritanica

- La renouée du Japon (Reynoutria japonica)

Elle est arrivée en Europe au début du XIXème siècle via un botaniste hollandais qui a ensuite partagé des plants dans toute l’Europe. Depuis, la renouée du japon a envahi largement toute l’Europe et fait aujourd’hui partie de la liste des 100 espèces envahissantes les plus préoccupantes au monde pour l’Union internationale pour la conservation de la nature. « La renouée a un réseau de rhizomes qui peuvent atteindre dix mètres de profondeur il est très difficile de s’en débarrasser ça peut prendre plusieurs années », décrit Guillaume Fried. On n’en trouve plus en jardinerie, mais certains jardiniers amateurs ont tendance à prendre des plants dans la nature pour la planter ou même pour la consommer. Une mauvaise idée non seulement pour l’avenir de votre jardin, mais aussi pour votre santé puisque cette plante peut contenir des métaux lourds.

L’alternative : Cette plante de parterres peut être remplacée par des centaines d’autres. Pensez à l’Achilée millefeuille qui lui ressemble et est en prime l’amie des composteurs ou encore à la consoude dont le purin fortifie les cultures.

- Les plantes d’aquarium

« Certaines personnes rejettent le contenu de leurs aquariums dans le milieu naturel, ce qui permet à certaines plantes de s’y développer. Certains plans d’eau en sont totalement recouverts, ce qui réduit le taux d’oxygène dans l’eau et donc nuit à la faune voire conduit parfois à l’eutrophisation du cours d’eau », avertit Guillaume Fried. Sont visées notamment les élodées et le Lagarosiphon mayor.

A lire aussi :

- Un guide pour reconnaître les plantes invasives et leurs alternatives édité par le projet européen Alterias.

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Le rédacteur :
Thibaut Schepman

Non, nous n’avons pas à « sauver la planète ». Elle s’en sort très bien toute seule. C’est nous qui avons besoin d’elle pour nous en sortir.

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