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17-05-2013
Mots clés
Biodiversité
France

Les loups sont-ils des boucs émissaires ?

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Les loups sont-ils des boucs émissaires ?
(sybarite48 - Flickr)
 
Le plan action loup vient d'être adopté. Il relève le seuil maximum de loups que l'on peut abattre. Mais sont-ils les seuls responsables des attaques de troupeaux ? Les chiens de compagnie aussi aiment croquer le bétail.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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« On hurle au loup mais, en vérité, le pire ennemi des troupeaux, ce sont les chiens errants qui tuent beaucoup, et par jeu. » Cette remarque, je l’ai entendue à plusieurs reprises à l’occasion d’une randonnée sur le chemin de Stevenson, qui passe par les Cévennes. Les éleveurs ovins rencontrés lors de la traversée de ce parc national considéraient que les vrais coupables du massacre de leurs brebis étaient les grands méchants chiens.

A l’occasion de la promulgation, le 16 mai, par les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie du plan loup 2013-2017, qui double le quota maximal de loups qu’on pourra tuer sur la période 2013-2014 (le portant à 24) je me suis souvenue de ces paroles de bergers.

Les chiens croquent-ils le bétail ?

Cette page Facebook m’a d’abord incitée à le croire. Créée par l’association belge « la Buvette des alpages », elle répertorie toutes les attaques de chiens errants ou divagants [1] relayées dans la presse française. Constat : les attaques sont meurtrières, et touchent tous les territoires.

Pour autant, « dire que les chiens divagants* font plus de dégâts que les loups est une idée fausse véhiculée par ceux qui défendent les loups », tranche Laurent Garde, du Cerpam (Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée pour la gestion des espaces naturels par l’élevage). Ce chercheur en pastoralisme milite pour que « systématiquement, un loup se trouve face à un fusil quand il essaie d’approcher un troupeau ». Il rappelle que, dans les années 90, les pro-loups déclaraient que les chiens faisaient chaque année 250 000 victimes au sein du cheptel ovin. « Des chiffres gigantesques jamais corroborés par des études de terrain. » Lui a participé à une étude étalée de 1999 à 2008, portant sur 300 troupeaux dans des zones où il n’y a pas de loups, afin de chiffrer les dégâts réels causés par les chiens. Il en ressort que « un troupeau subit une attaque de chiens en moyenne une fois tous les cinq ans ».

Faut-il hurler au loup ?

A titre de comparaison, on compte en France environ 250 loups répartis dans douze départements et on a relevé, en 2012, 1842 attaques de troupeaux, et 5848 victimes (soit les brebis et agneaux tués, mais aussi les fausses couches provoquées par la peur et le stress des animaux qui altère la qualité de la viande). La fréquence des attaques dans ces zones est donc bien plus élevée.

Sauf qu’il est très difficile de dire si elles sont uniquement le fait des loups. Des chiens peuvent également avoir croqué le bétail. « La prédation n’est sûrement pas que due aux loups, mais chaque fois qu’il y a une attaque dans une zone à loup, il est préférable pour l’éleveur de dire que le loup est responsable de l’attaque car cela lui permet d’être indemnisé par l’Etat », explique Stéphanie Morel, chargée de mission biodiversité à France Nature environnement. En 2012, l’Etat a indemnisé les bergers à hauteur de deux millions d’euros.

Le loup a bon dos

Dans le cas où l’attaque aurait été perpétrée par un chien divagant, et qu’on en aurait la preuve, c’est à l’éleveur de retrouver le propriétaire de l’animal afin, ensuite, d’exiger une indemnisation. Une démarche longue, compliquée, aléatoire. « Et s’il n’arrive pas à identifier le propriétaire, il en est pour sa poche », poursuit-elle. Le loup a donc bon dos parfois.

Est-ce à dire que les dégâts qui lui sont attribués sont gonflés ? « On ne saura probablement jamais », estime Stéphanie Morel. Elle salue le plan d’action national loup car, en renforçant les mesures de protection des troupeaux contre les attaques des loups (présence de chiens de protection au sein des troupeaux, présence humaine accrue, regroupement nocturne des troupeaux dans des enclos fermés voire électrifiés), il les protège aussi des attaques de chiens divagants. « Ce qui, au final, bénéficiera aux loups, car on arrêtera de leur mettre sur le dos des attaques qu’ils n’ont pas commises ! »

Le plan d’action loup a avant tout pour but de faire cohabiter le loup avec l’homme, en éloignant le carnivore du gagne-pain du second. Mais le vrai défi est peut-être ailleurs, selon Stéphanie Morel : faire coexister les bergers et les touristes, vraie plaie des troupeaux lorsqu’ils s’amusent à les traverser - « parfois en quad » -, au risque d’effrayer et de disperser les bêtes. Dans ces cas-là, les humains en quête de nature, plus que les loups, sont les vraies brebis galeuses.

[1] Les chiens divagants (l’inverse des chiens errants, sans maître, qui sont très rares en France) ont un propriétaire. Mais ce dernier, par négligence ou volonté, les laisse parcourir la campagne en toute liberté. Il s’agit souvent de chiens de chasse ou de ferme. Mais votre animal de compagnie peut également s’attaquer à un troupeau, pour le simple plaisir de jouer. Le problème, c’est que quand il a goûté au sang, il récidive...

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  • La FNE salue le plan d’action national loup car, en renforçant les mesures de protection des troupeaux contre les attaques des loups (présence de chiens de protection au sein des troupeaux, présence humaine accrue, regroupement nocturne des troupeaux dans des enclos fermés voire électrifiés), il les protège aussi des attaques de chiens divagants.

    Mais comment se fait ils que depuis la mise en place de ces mesures de protection dont nous n’avions nul besoin avant l’arrivée des loups, "une attaque tous les cinq ans en moyenne pour un troupeau, les chiens identifiés dans 89% des cas et donc les éleveurs indemnisés", les attaques ne cessent d’augmenter ?
    Fin 2011 = 250 loups dans 13 départements pour 4913 victimes
    Fin 2012 = 250 loups dans 15 départements pour 6021 victimes
    2013 = 250 loups dans 22 départements pour 6195 victimes
    2014 = 301 loups dans 31 départements pour 8226 victimes
    2015 = 282 loups, 42 Zones de Présence Permanente (ZPP) contre 39 en 2014. 2440 constats, contre 2344 en 2014, "un taux de progression annuelle de 16% (8 à 27%), sans rupture de pente significative "sources ONCFS 2015.
    Si le repeuplement semble plus lent que nature pour certain, le nombre de départements colonisés et le nombre d’attaques en constantes hausses, prouvent le contraire pour les autres.

    LOUP, POUR EN FINIR AVEC LES CONTREVÉRITÉS SUR LE PASTORALISME

    21.01 à 00h41 - Répondre - Alerter
  • Mieux connaitre la F.N.E.
    Une vision que la F.N.E. ne pourra pas contester.

    21.01 à 00h32 - Répondre - Alerter
  • LIFE and human coexistence with large carnivores
    June 2013 - 76 pages

    This LIFE Focus publication highlights the role of LIFE Nature funding in helping to conserve Europe’s endangered large carnivores (brown bear, wolf, Eurasian lynx), by addressing actual and potential conflicts with people living in areas where these species are present.
    The publication demonstrates the link between project outcomes and EU policy relating to large carnivore conservation and is designed to support the EU Action on Large Carnivores. As well as providing an overview of the LIFE programme’s impact to date, it also draws conclusions about what has worked well and where there is room for improvement. With more than 75 featured projects, LIFE and human coexistence with large carnivores provides numerous practical examples and lessons that can be drawn from the LIFE programme’s work in this area and taken forward into the 2014-2020 funding period ; lessons that are relevant to conservation managers and field workers, policy-makers and administrators, as well as local citizens and stakeholder groups (hunters, farmers, beekeepers etc.).
    With a foreword from European Commissioner for the Environment, Janez Potočnik, and maps of bear, wolf and lynx presence within the EU, LIFE and human coexistence with large carnivores is essential reading for anyone interested in this topic.

    http://ec.europa.eu/environment/lif...

    20.01 à 08h38 - Répondre - Alerter
  • terrAedes : Loup y es-tu ?

    En son temps, le Pasteur voulu éradiquer le Grand Méchant Loup pour protéger les Agneaux de Dieu et autres brebis égarées... Aujourd’hui, il est question de protéger l’activité pastorale du retour du Roi Canidé ! Le temps a passé...

    Je suis convaincu que pour la grande majorité des éleveurs, le traumatisme subit lors des attaques, quelque soit le prédateur, est réel et sincère. Le berger reste viscéralement attaché à son troupeau (qu’il n’envoie pas systématiquement à l’abattoir), à sa montagne, à son travail. Et tout comme le loup autrefois, il est en voie d’extinction.

    Protéger les loups ? Oui, bien sûr ! Protéger le pastoralisme ? Oui, bien évidemment ! Opposer l’un à l’autre est un non-sens qui permet d’éluder le véritable problème. Il y avait entre 10 et 20000 loups en France à la fin du 18e siècle de la Bretagne aux Alpes en passant par la Côte d’Or... pour environ 28 millions d’habitants, majoritairement ruraux. Aujourd’hui, ce sont quelques 300 individus... pour 64 millions d’habitants majoritairement citadins, qui cristallisent les tensions.

    Beaucoup de barrières naturelles ont été remplacées par des clôtures. Nous avons grignoté, rongé, boulotté... et avons pris nos aises en lieu et place du vivant et du sauvage. Comment réintroduire une espèce avec un tel besoin d’espace alors que nous nous trouvons déjà tellement à l’étroit ? Quelle place aujourd’hui, et surtout demain, laisser à la Nature ? Que déciderons-nous de sacrifier ? Nous-mêmes, ou les restes en lambeaux d’écosystèmes agonisants ? La réponse parait si simple.

    Nous ne sauverons cependant rien, pas même notre âme, si nous ne tentons pas de faire de nouveau une place à toutes autres espèces que celle vivant debout sur ses pattes arrières. Nous attendrons alors, en vain, quelques réponses à nos questions...

    Loup y es-tu ? Que fais-tu ? M’entends-tu ?

    19.01 à 19h16 - Répondre - Alerter
  • Il faut arrêter de crier haro sur le loup ! Il a autant droit de cité que l’homme sur cette terre ! Cela me fait bien rire quand je vois un éleveur pleurnicher quand un grand méchant loup a tuer un agneau ! Comme s’il était attaché à ce petit mouton comme à son propre fis . Cela ne l’empêchera pas de le conduire à l’abattoir à la veille de Pâques et ce sans larmoyer ! Je n’ai jamais vu de mouton devenir centenaire ! L’éleveur en question ne s’émeut pas non plus de la manière dont il sera abattu, égorgé plus exactement. Et ce qu’il oublie de souligner c’est que son agneau chéri va lui être payé au prix fort par es assurances ! Finalement le loup lui fait économiser les frais de transport !

    19.01 à 11h17 - Répondre - Alerter
  • Il y a quelques années, J’ai été témoin d’une attaque d’un troupeau de moutons par 2 petits chiens de compagnie de voisins (très gentils chez eux) sur un plateau ardéchois et qui plus a entrainé la petite chienne de berger que je promenais... sans que je puisse faire quelque chose... à part faire fuir les moutons en espérant que les chiens abandonneraient.
    Plusieurs animaux ont été blessés, sans gravité mais tout de même. Si je n’avais pas été là je ne sais ce qui se serait passé vraiment. J’ai prévenu le propriétaire que je connaissais et nous avons fait soigner les blessés. Cela m’a coûté l’intervention d’un véto et des produits de soin. Mais combien de chiens qui se promènent et ne sont pas vus ! Il faut beaucoup d’humilité quand on désigne le loup.

    21.05 à 12h27 - Répondre - Alerter
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