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26-03-2010
Mots clés
Politique
France

Après la taxe, l’étiquette carbone à la trappe ?

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Après la taxe carbone, l'étiquette environnementale ? Fixée initialement pour janvier 2011, la mention chargée d'indiquer le poids sur la balance environnementale d'un kiwi ou d'une serpillère sera finalement « expérimentée » pendant au moins un an. Histoire de préparer les consciences. Ou d'enterrer la mesure en catimini.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

C’était mercredi 24 mars. Sans levée de boucliers ni ricochet médiatique, le gouvernement a repoussé l’entrée en vigueur de l’étiquetage environnemental via un amendement au projet de loi Grenelle 2. Il devra désormais passer par une période d’expérimentation « pour une durée minimale d’une année » avant que le Parlement ne tranche sur l’« opportunité d’une généralisation de ce dispositif ». Ça sent la retraite façon taxe carbone.

Flash-back. Lever le voile sur les secrets de fabrication, l’acheminement et la fin de vie d’une brosse à dents ou d’un tee-shirt, d’une tomate ou d’un ordinateur… Voilà ce que promettait l’étiquette verte. Une belle ambition… qui a vite tourné au casse-tête. « Doit-on indiquer le poids carbone d’un produit ? La recyclabilité de son emballage ? Le respect de la biodiversité ? Les conditions d’élevage d’un bœuf ? », s’interroge tout haut Bertrand Pancher, député UMP de la Meuse et rapporteur de l’amendement. Et quid du support ? « Peut-on vraiment mettre une demi-douzaine d’informations sur une pince à linge ? Ou faut-il les indiquer en tête de gondole ? Sur des bornes internet ? », poursuit M. Pancher.

Pendant que les experts se creusent les méninges – un brainstorming est mené en ce moment sous l’égide de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et de l’Afnor (Association française de normalisation) – les industriels s’inquiètent. Devront-ils remonter leur chaîne de production pas à pas ? Et si oui, à quel coût ? Vont-ils perdre des clients ? Ecorner leur image ? Quitte à marcher sur des œufs, le gouvernement a décidé d’alléger son pas. La phase d’expérimentation consistera à enchaîner les essais sur certains produits, quelques supports, en utilisant quelques indicateurs. « Cela va permettre de rassurer, d’éviter de passer en force. Si nous n’avons pas ce réflexe, on risque de se retrouver avec une poussée d’urticaire comme pour la taxe carbone », souligne encore Bertrand Pancher.

Mais à méthode douce, rythme d’escargot. « Ma conviction c’est que l’étiquetage environnemental mettra dix ans avant de s’installer véritablement », concède M. Pancher. « C’est un nouveau recul du gouvernement. L’étiquette environnementale est repoussée à plus tard et peut-être à jamais », critique pour sa part Yves Cochet, député Vert de Paris et membre de la même commission du développement durable. Dans la frilosité de la majorité, l’homme lit l’aveu d’une influence : « On peut penser que c’est la pression des industriels qui a fait plier le gouvernement. Comme dirait Chantal Jouanno, c’est peut-être encore un coup du Medef ».

M. Pancher défend, lui, sa méthode : « J’ai la conviction que la réussite passe par l’acceptabilité et la douceur et non par la brutalité. Les ayatollahs de l’environnement risquent de faire perdre la partie de l’environnement en France en voulant tout faire, tout de suite. » Mais a-t-on encore le temps de la prudence ?

Cliquez sur le document pour lire l’amendement

RTF - 9 ko
Sources de cet article

- Photo : J.Reynold

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Le rédacteur :
Karine Le Loët

Journaliste à « Terra eco ».

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