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Les jeunes Africains restent-ils en France après leurs études ?

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Les jeunes Africains restent-ils en France après leurs études ?
(Soirée parrainage des étudiants étrangers, université de Nantes - Crédit : Manuel MC/Flickr)
 
246 000 étudiants étrangers en France en 2007. Mais parmi ceux-là, combien restent dans l'Hexagone, une fois leur diplôme en poche ? Et combien d'Africains ? Un lecteur s'interroge. « Terra eco » lui répond.
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La question de notre lecteur :

« Le bruit court qu’il n’est pas si fréquent que l’étudiant africain rentre chez lui s’il trouve mieux sur son lieu d’études, peut on lui en-vouloir ? » Jardinero

La réponse de Terra eco :

« Faut-il lui en vouloir ? », nous demandes-tu cher lecteur. Ça, ce n’est pas à nous de répondre. A nous, en revanche de vérifier la véracité de « ce bruit qui court ». Ça tombe bien, cette année, pour la première fois, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a braqué sa loupe vers ces étudiants étrangers qui, une fois leur diplôme en poche, restent dans les pays où ils ont potassé. Sur les 2 à 2,5 millions de jeunes qui viennent étudier chaque année dans les pays riches, 21% en moyenne troquent leur visa d’études pour un permis de séjour. Un étudiant sur cinq ne rentre donc pas dans ses pénates. Évidemment, les étudiants européens qui s’en vont étudier Shakespeare outre-Manche ou jouer l’auberge espagnole à Barcelone ne sont pas comptabilisés, l’UE leur accordant toute liberté de circulation.

Mais votre question portait sur la France. Ici, le « taux de rétention » des étudiants étrangers s’élève à 27,4%. Soit 14 680 jeunes gens qui, une fois leurs études bouclées, obtiennent un permis de travail (dans 56% des cas), ou un droit de résidence pour raison de famille (39%). En clair, un étudiant immigré sur quatre s’installe donc chaque année sur sol de l’Hexagone. En tout cas, un étudiant « en mobilité internationale » sur 4. On vous a perdu ? En fait par cette barbare formule, l’OCDE exclut les étrangers nés ou ayant longtemps vécu en France pour ne retenir que les migrants venus exclusivement faire des études ici. D’accord. Reste quelques milliers de jeunes perdus en route. 39 100 jeunes pour être précis qui bûchent en France mais ne renouvellent pas leur visa. Que font-ils ? Certains vont poursuivre des études ailleurs, décrochent un emploi à l’étranger ou retournent dans leur pays d’origine.

Quid des Africains dans tout ça ? C’est là que tout se complique. A priori, les données existent. Mais le Ministère les garde jalousement dans ses coffres. Ce qu’on sait, c’est que sur la totalité des étudiants étrangers (246 600 personnes), les Africains comptaient, en 2006, pour près de la moitié (110 936). Si comme les jeunes des autres pays, un sur 4 demeure en France, nous voilà avec près de 28 000 jeunes Africains installés sur l’Hexagone. 21 000 si on ne prend en compte que les étudiants venus exclusivement pour étudier. La calculette de Terra eco, on l’avoue, navigue un peu à vue.

« Ce serait plutôt un sur deux, estime pour sa part Paul Kananura, président de l’Association des stagiaires et étudiants africains de France qui inclut dans ses calculs les étudiants qui restent en toute illégalité. La majorité voudrait rentrer parce qu’ils sont mieux valorisés chez eux. Mais beaucoup d’entre eux renoncent parce qu’ils n’ont pas de perspectives d’emploi dans leur pays d’origine ou qu’ils ont construit une famille ici ». Que deviennent les candidats au retour ? « C’est très variable selon les pays. Dans certains endroits, le besoin en personnes qualifiées est fort, dans d’autres non. Le problème c’est que ces jeunes ne sont pas toujours préparés à passer les concours de la fonction publique dans leur pays d’origine. L’université française offre une excellente formation mais elle est généraliste. Alors quelquefois, ils échouent et reviennent en France en profitant d’une carte de séjour encore valable, prennent un emploi comme gardien d’immeuble ou caissier de supermarché. Ou viennent grossir le lot des clandestins. »

Sources de cet article

- Le nouveau rapport de l’OCDE sur les "Perspectives des migrations internationales"
- Les étudiants étrangers inscrits en universités par le Syndicat de l’enseignement secondaire
- Un dossier sur les étudiants africains en France par Afrik.com
- Une étude du Cereq sur les étudiants étrangers en France
- L’Association des stagiaires et étudiants africains de France

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  • Je suis pour un développement endogène des pays africains qui doivent puiser dans leurs forces internes pour améliorer leur existence. Je pense qu’il est bon que des personnes viennent se former en Europe et en France, mais il ne faut pas oublier que le contexte africain est très différent du contexte européen. Il est souvent très comique de voir des élites africaines appliquer des recettes qu’ils apprirent en France sur un territoire africain qui a ses propres logiques.
    Je suis donc pour un développement de la qualité de l’enseignement dans chaque pays africain. A quand une université de Douala dans les 10 plus grandes universités du monde ?

    23.07 à 13h54 - Répondre - Alerter
  • Qu’une partie des étudiants étrangers restent en France une fois leurs études terminées n’est pas choquant en soi. On ne parle jamais des étudiants français qui vont terminer leurs études aux USA ou ailleurs et...y restent !
    Un point qu’il me parait important de souligner c’est qu’un grand nombre d’étudiants étrangers viennent en France seulement pour terminer leurs études supérieures. Ainsi la plupart des masters de recherche français comptent souvent plus de la moitié d’étudiants étrangers qui ne sont arrivés en France que pour y faire un master, mais avec déjà en poche une solide formation universitaire. Et ce que l’on oublie généralement de mentionner c’est que ce sont ces étudiants qui participent activement à la recherche "française". S’ils ne venaient pas notre recherche qui est déjà en crise profonde par manque de moyens s’écroulerait complètement.
    A titre d’exemple quand j’étais en activité il m’est arrivé dans mon équipe de recherche d’être quasiment le seul français ! Alors bien sûr certains sont restés en France et je compte parmi mes anciens des profs de collège, des ingénieurs dans quelques grosses entreprises françaises et même un directeur d’IUT. Et c’est très bien ainsi. Mais d’autres sont rentrés au pays et rien qu’au Maroc j’ai parmi mes anciens deux chefs d’entreprise (dont l’un fournit du travail à diverses entreprises basées en France), plusieurs enseignants dont un directeur de grande école. Tous mes anciens issus du moyen orient sont rentrés au pays après leur thèse et il en est de même des coréens et chinois et étudiants d’Amérique latine.
    En fait ceux qui ont une formation scientifique ont beaucoup plus de chances de trouver un job intéressant dans leur pays que ceux qui ont fait des études littéraires et c’est évidemment chez ces derniers qu’on va retrouver la majeure partie des migrants restant en France comme caissière ou vigile de supermarché.

    21.07 à 15h29 - Répondre - Alerter
  • A l’heure de la mondialisation où les compagnies financières, commerciales et industrielles s’expatrient sur toute la planète et où ces mêmes compagnies nous gavent de marchandises à + ou - faible coût, fabriquées dans des pays à faible salaire, très souvent par des gamins exploités et sous payés, je ne trouve certainement pas immoral que ces étudiants restent en France.
    C’est simplement dommage pour leurs pays qui ont certainement besoin de cadres et de cerveaux, mais bon . . .
    Cordialement
    FerDex

    21.07 à 11h07 - Répondre - Alerter
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