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30-06-2015
Mots clés
Tourisme
Transports
France

J’ai testé : le cobaturage

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J'ai testé : le cobaturage
(Crédit illustration~: Julien Couty pour «~Terra eco~»)
 
Prendre la mer avec un inconnu… l’idée n’est pas très rassurante, mais pour éviter la traversée chère payée vers les îles bretonnes, c’est tout bénef !
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 69 - juillet-août 2015

Faites le vide !

AR-TI-CU-LER. « Tu vas tester le covoiturage ? Mais tout le monde connaît déjà, non ? » Mes amis me sous-estiment. Pas question de poser mes fesses dans une citadine. J’ai décidé de larguer les amarres et de me lancer dans le CO-BA-TU-RA-GE. Objectif : relier Lorient à Belle-Ile, dans le Morbihan, sans poser un pied sur un de ces gros ferrys qui assurent la traversée. Il y a déjà la solution artisanale : lever son pouce en l’air près du port de plaisance. Le risque ? Prendre racine avant de prendre la mer. Pour y remédier, quatre jeunes Morbihannais ont lancé, en mai, Cobaturage.bzh, le premier site de cobaturage entre les îles bretonnes.

Le principe est simple comme un radeau : les propriétaires de bateaux rentrent les trajets qu’ils vont effectuer et les sans-le-sou (et sans navire) comme moi les contactent pour embarquer à leurs côtés. Le site est tout nouveau, tout beau. Peut-être trop. Pas de trajet pour Belle-Ile à l’horizon. Je me rabats donc sur Groix, joli caillou de huit kilomètres sur trois au large de Lorient. Je dégotte plusieurs annonces et contacte les chefs de bord par mail. « Complet », me répond le premier. « Rendez-vous samedi, 9 h sur le port. Je pourrai vous ramener à Lorient en milieu d’après-midi. Pour les contreparties, c’est comme vous voulez, ce n’est vraiment pas ce qui m’importe. Jean », m’écrit le second. Que sais-je de lui ? Pas grand-chose, si ce n’est son prénom et son mail. Avant notre rendez-vous, je ne fais pas la fière. Un tueur en série aurait sûrement utilisé un mail anonymisé comme le sien ! Sauf qu’un pro du crime ne serait pas du genre à s’encombrer de cannes à pêche et de gilets de sauvetage. Car mon capitaine a beau être retraité, il n’est pas là pour chômer. « Je pars à la pêche toute la matinée. Mais il faut d’abord que j’aille chercher mon collègue Joël sur l’île de Groix. C’est pour ça que j’ai proposé d’emmener des gens. Cela ne me coûte rien puisque j’y vais de toute façon. »

Je suis la seule passagère sur sa vedette de six mètres, pas flambant neuve mais pas délabrée non plus. J’aurais préféré un voilier, mais quand on veut jouer la carte du collaboratif, il faut savoir mettre de l’eau dans son vin. A peine sommes-nous montés à bord que Jean ouvre le caisson du moteur et glisse sa main entre les tuyaux d’acier. Le coup de la panne, s’imagine mon côté obscur. « J’ouvre juste la vanne d’eau pour refroidir le moteur. On va pouvoir y aller », lance Jean, comme s’il avait décelé que je lui filerais un coup de canne à la moindre incartade. « Et moi je fais quoi ? » « Occupe-toi des pare-battages. » Je remonte les boudins qui protègent le bateau du ponton et c’est parti pour une heure de mer.

Cafés, plage et ferme d’escargots

Dans la cabine, on cause famille et potins du coin. Je ne me suis pas encore rongé les ongles que le port de Groix se profile déjà. Joël, en short et vareuse, nous attend sur le ponton visiteur, panier sous le bras. A peine le temps de faire connaissance que le moteur de la vedette pétarade à nouveau. Les deux hommes ont du poisson sur la planche et moi cinq heures pour visiter Groix, ses cafés, sa plage et sa ferme d’escargots… En avalant mes rillettes de poisson, je me mets à douter. Et si Jean ne venait pas me chercher ? Le retour en ferry me coûterait 35 euros. Mais mieux vaut ça que de se faire dévorer par les crabes.

En début d’après-midi, un texto me sort de mes délires. « On sera là à 15 h. Jean. » A l’arrivée, les deux hommes semblent vannés. Je les invite au café avant de prendre le chemin du retour. « Allez, ce sera ta contrepartie. »­ 4,10 euros pour un aller-retour : prix imbattable. Sur Cobaturage.bzh, certains pilotes affichent un tarif, souvent inférieur à 5 euros l’aller. D’autres cochent la case « une mousse », prévue par les créateurs du site. « On va encore faire passer les Bretons pour des ivrognes », se marre mon pilote. Quand il s’agit de parler de leur pêche, les deux acolytes sont moins loquaces. Dommage : faire du cobaturage, offrir un café au capitaine et repartir avec du poisson frais, cela aurait eu de la gueule.


Suivez le guide

Nans Thomassey, de Nus et culottés sur France 5, est aussi un fidèle du bateau-stop. Il a même écrit un guide numérique sur le sujet, téléchargeable pour 4 euros.

Trajets pour matelots avertis

Les matelots avertis pourront voyager gratuitement (ou presque) contre un coup de main en mer en passant par des sites comme www.hisse-et-oh.com ou www.bourseauxequipiers.fr.

A chacun
 son cobaturage

Deux sites se tirent la bourre : www.cobaturage.fr qui propose surtout des trajets en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, et www.cobaturage.bzh pour la Bretagne.

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