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innovation politique

Par Rodrigue Coutouly
12-03-2012

Industrie automobile : quelle stratégie pour la décennie à venir ?

Le salon de Genève du mois de mars est un des grands rendez-vous mondial de l'évolution de l'automobile. Il permet de faire le point sur les choix des constructeurs face aux incertitudes de l'avenir.

Certains ont choisi de continuer de creuser le sillon de l’automobile classique en travaillant son image (Citroën par exemple), d’autres misent sur le tout électrique (Renault), Toyota développant son concept de voiture hybride. En ses temps d’incertitudes, chacun se garde bien de trancher entre différentes stratégies, conscient des inconvénients de chacune d’entre elles.

Or, ce qui manque le plus aux constructeurs, c’est une démarche marketing globale qui dépasse le concept séculaire de "voiture individuelle". A l’heure de la crise économique et du développement des systèmes d’auto-partage et de co-voiturage, il faut revoir le système fordiste où un particulier achète une voiture à essence et se débrouille avec.

La voiture de demain devra répondre à quatre caractéristiques :

- elle sera hybride, pour utiliser la souplesse et les avantages des différentes énergies, pour utiliser l’énergie cinétique perdue dans le freinage et les descentes.

- elle sera électrique, c’est la meilleure démarche pour la très grande majorité des trajets courts et intra-urbains. Mais son rayon d’action, en propulsion électrique, sera limité à une trentaine de kilomètres, pour des vitesses ne dépassant pas les 50km/h, elle ne sera pas utilisé dans les montées. Au-delà de ces limites, le poids et le coût des batteries explosent.

- elle utilisera le moteur à explosion pour les autres types de trajets mais un moteur à explosion utilisant comme carburant le gaz. En effet, c’est le seul carburant qui ne dépend pas des hydrocarbures et qui peut être produit à partir des surplus électriques. C’est donc le carburant de l’avenir alors que les prix à la pompe des carburants d’origine fossile sont condamnés à augmenter dans les années à venir.

- elle sera vendue sous la forme classique de l’achat individuel mais sera surtout commercialisé sous la forme de stations collectives en partage local. Comment cela fonctionne-t-il ? Deux voisins, ou les membres d’un copropriété, s’engagent sur une station d’accueil et signent un contrat de leasing. Le constructeur leur fournit le-ou les véhicules-, les bornes de recharge électrique, et un système internet de gestion et de réservation des voitures.

Le constructeur ne vend plus une voiture, avec le risque de voir l’acheteur aller voir ailleurs, il vend un système global, reste propriétaire des véhicules, mais fidèlise ses clients.

Le client profite de véhicules, sans avoir à gèrer le coûteux entretien de sa propre voiture, il peut récupérer les voitures de sa station d’accueil mais aussi, ponctuellement, celle d’une autre station du même constructeur. La seule contrainte sera de ramener à la station de départ le véhicule (ou un véhicule équivalent).

Les pouvoirs publics seront gagnants en favorisant ce concept qui limitera les problèmes de stationnement et de pollution. Le constructeur, restant propriétaire, devra entièrement recycler les constituants de son véhicule. Il limitera ainsi ses achats de matériaux. Il aura aussi intérêt à sa fiabilité et limitera ainsi ses coûts d’entretien.

Les stations collectives auront des formes très différentes. Il pourra s’agir de deux voisins à la retraite préférant partager un seul véhicule. Cela pourra être une copropriété dont les habitants décident de partager deux ou ... dix voitures. le concept pourra alors comprendre des véhicules de types différents (2 places pour les déplacements courants, 4 places pour les autres, gros monoespace pour les déplacements exceptionnels). Dans cette situation, on pourra adjoindre à la station d’accueil, une centrale à énergie, équipée, par exemple, d’une pile à combustible pour restituer l’électricité aux véhicules.

Il pourra aussi s’agir de stations municipales en auto-partage sur le modèle des systèmes vélib’ ouvert alors à tous les usagers.

La réservation se fera par téléphone portable 3G ou par internet, l’usager ayant une tracabilité et une transparence, en temps réel, du coût et de l’entretien du véhicule qu’il utilise.

Les constructeurs qui auront fait les premiers ces choix industriels et marketing seront les gagnants à terme de la compétition automobile entre industriels du secteur.

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A PROPOS

Principal de collège, agrégé d’histoire-géographie, j’ai été, dans une autre vie, technicien forestier à l’Office national des forêts et j’ai travaillé en Afrique sahélienne.

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