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Ils sont vieux, d’accord, mais attendez avant de les abandonner

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Ils sont vieux, d'accord, mais attendez avant de les abandonner
(Crédit photo : Anders - Wikimedia)
 
L'envie de craquer pour le dernier-né de Samsung vous démange ? Résistez, préconise une campagne maligne lancée par une société de reconditionnement d'appareils électroniques, sorte de SPA des portables !
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« N’abandonnez pas votre téléphone. Sortez-le de votre poche. Caressez-le comme si c’était la première fois. Contemplez ses microrayures, comme autant de souvenirs. Et montrez-lui que n’êtes pas prêts de le laisser mourir dans un tiroir. » C’est en ces termes poignants que se présente le Mouvement de résistance des précédents smartphones (MRPS), un dispositif créé pour tenir ferme face aux chants envoûtants des constructeurs de portables, qui dégainent chaque année de séduisantes nouveautés. La tâche est rude : inéluctablement charmés par cette danse du ventre marketing, nous sommes nombreux à craquer à répétition. Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) (voir le pdf), nous changeons en moyenne de smartphone tous les vingt mois, une durée rétrécie à dix mois pour les jeunes consommateurs. Dernière tentation du moment : le Samsung S6, présenté en grande pompe le 1er mars, au Mobile World Congress de Barcelone et qui devrait débarquer en France le 10 avril.

La vidéo de la campagne MRPS :



« Gardez votre calme », tempère le MRPS, qui conseille de plutôt chouchouter votre portable actuel en lui achetant une coque en bambou gravée des premières notes de la chanson Ne me quitte pas ou, si le besoin de nouveauté vous démange trop fort, d’adopter un Samsung Galaxy abandonné et reconditionné.

Car cette campagne marketing fort réussie n’est pas désintéressée. Loin s’en faut. Dans les coulisses se tient Back Market, une petite start-up vieille de seulement quatre mois, qui propose aujourd’hui des smartphones, des tablettes et des ordinateurs reconditionnés. Et demain, de l’électroménager. Fondée par trois jeunes entrepreneurs, la société ne produit rien, mais offre de mettre en relation les usines de reconditionnement agréées et les consommateurs à la recherche d’appareils d’occasion, empochant au passage une commission de 8% à 15%.

Du « super shiny » au « Stallone »

« Avant, ces usines faisaient surtout du B to B (business to business, ndlr) et étaient tournées essentiellement vers l’export puisqu’elles envoyaient les appareils reconditionnés vers l’Afrique ou l’Europe de l’Est », souligne Thibaud Hug de Larauze, pédégé de Back Market. En vendant directement aux particuliers, elles s’assurent « une meilleure marge », assure le dirigeant. Mieux, le site leur offre aussi « une vitrine, en montrant notamment des photos de leurs ateliers. C’est une reconnaissance qu’elles n’ont pas quand elles vendent directement sur le marché d’occasion, sur les sites de la Fnac, d’Amazon ou de Price Minister, où elles sont noyées ».

Et pour le consommateur, quels avantages ? Des prix cassés. « Un téléphone reconditionné est jusqu’à 70% moins cher que son équivalent neuf », assure le site de Back Market. Si les prix varient d’un spécimen à l’autre, c’est que la condition esthétique des produits diffère : du « super shiny » (comme neuf) au Stallone (celui qui a bien vécu), en passant par l’Or, l’Argent et le Bronze. Autre bénéfice pour le client : « Il bénéficie d’une garantie de six mois qu’il n’a pas traditionnellement sur les produits d’occasion. Quand vous achetez un produit sur Le Bon Coin, vous ne savez pas quand il va vous claquer dans les doigts », assure Thibaud Hug de Larauze. Ultime bonus pour le client : craquer pour du high-tech en ayant sa conscience pour lui. « Les gens sont fiers d’avoir un portable reconditionné, assure le jeune pédégé. D’ailleurs, dans le mail de confirmation de la commande, on leur dit : “Vous êtes quelqu’un de bien”. »

Car la société entend bien brosser ses clients dans le sens du poil. Et ce, afin de lutter contre le deuxième visage de l’obsolescence programmée : non pas celui, technique, de la panne, mais celui, psychologique, de l’attraction pour la nouveauté. « Les constructeurs sortent des produits tous les ans à grand renfort de pubs branchées pour vous suggérer que le smartphone que vous avez dans les mains est aussi has-been qu’une belle mère un soir d’automne », s’amuse encore le pédégé. Pour lutter contre cette obsolescence-là, la société met en avant sur son site sa mission : « Rendre cool et mainstream la consommation de ces produits ressuscités ».

Avant d’acheter, réparez

Dans les villes, les ateliers de réparation des produits électroniques se multiplient, qu’ils soient commerciaux ou gratuits. C’est notamment le cas des Repair Café dont nous vous avons déjà parlé. Et pour les plus aventureux, des tutoriels existent sur des sites Internet, comme Ifixit.com. « C’est très bien que ces gens soient là pour faire un premier rideau. Nous, nous intervenons quand le consommateur a besoin de s’équiper. Eux, quand il y a une panne. Nous sommes complémentaires », assure Thibaud Hug de Larauze.

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  • Choqué par pédégé ! c’est PDG les gars, pour Président Directeur Général. Notre pauvre langue française ! Bientôt, nous verrons des féministes écrire "pédégée". Il me semble que les intellectuels, tels les enseignants, les journalistes et les politiciens, se doivent de parler et d’écrire dans un langage correct. Qu’ils le veuillent ou non, ils sont des modèles pour bon nombre de nos con-citoyens et pour les étrangers qui apprennent notre langue.
    Merci de faire attention.

    9.03 à 11h05 - Répondre - Alerter
    • Bonjour,
      et merci de votre message.
      Nous savons très bien à Terra eco que « PDG » ne s’écrit pas « pédégé » dans la langue française. Il s’agit là d’une de nos rares « licences poétiques », un procédé classique dans nombre de médias.
      Quant à votre mépris pour le féminisme et la féminisation des noms, sachez que nous ne le partageons pas, bien au contraire. Une langue est vivante et mérite pour son propre salut de ne pas rester figée.
      Cordialement,
      François Meurisse, de Terra eco

      17.03 à 11h25 - Répondre - Alerter
      • C’est pas le fait de féminiser des mots qui me choque, mais c’est la façon de le faire. Par exemple dire une auteure, alors que les mots masculins se terminant en "eur" se féminisent en "ice" (instituteur, institutrice) ou en "euse" (conteur, conteuse).
        Et si pour une femme titulaire d’un poste de PDG il faut devenir pédégée pour affirmer sa féminité, il est dommage de ne pas dire "Présidente-directrice" (et non directeure...)
        Je ne sais pas où vous êtes allés chercher mon mépris du féminisme... ce n’est pas parce que je réprouve certaines pratiques extrémistes de cette cause, que je ne défends pas le droit des femmes ! vous savez quoi, malgré mon pseudo, je suis une femme et je milite pour nos droits qui sont bafoués dans bien des pays.

        Quant à l’évolution des langues, je suis d’accord, mais si c’est fait par fainéantise, parce que les gens préfèrent ne pas apprendre les règles de grammaire, c’est dommage, elle évolue en s’appauvrissant. Et une langue qui s’appauvrit, c’est aussi l’esprit de ses locuteurs qui s’appauvrit. Si vous parlez des langues étrangères, vous avez sans doute (je l’espère) remarqué que pour bien les parler, il faut penser comme les peuples qui la parlent, pour en saisir les subtilités.

        19.04 à 16h54 - Répondre - Alerter
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