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25-03-2015
Mots clés
Alimentation
France
Monde
Edito

Goût y es-tu ?

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Goût y es-tu ?
(Crédit photo : Frédéric Stucin pour « terra eco »)
 
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N° 66 - avril 2015

Le goût assassiné

La scène se déroule sur les étals d’un hypermarché ou d’un supermarché. A moins qu’il ne s’agisse d’un marché de plein air. En ces premiers jours de printemps, elle exhibe sa robe rouge, rutilante. Entre deux et trois euros la barquette de 500 grammes, on se l’arrache et on frétille à l’idée de n’en faire qu’une bouchée. Mais, le dessert venu, la promesse se transforme en une matière pâteuse et gorgée d’eau, diffusant un arôme indigent. La belle est une fraise d’Espagne – c’est son droit – venue de la province de Huelva, où elle et ses congénères sont élevées à la manière chimique. On pourrait explorer le rayon chantilly, décortiquer les nuggets, palper un pseudo-camembert, briser le pain industriel… Le goût n’en sortirait pas plus grandi.

De quel côté le responsable de ces rendez-vous ratés est-il à chercher ? Avant tout du côté de l’industrie, dont le logiciel fonctionne majoritairement au triptyque massification, compétitivité, praticité. La rentabilité exigée par les actionnaires de ces méga-entreprises conduisent leurs dirigeants à raisonner « marchés continentaux », comme le font les industries automobile et pharmaceutique. En bout de chaîne, les « grands » distributeurs n’exigent en définitive qu’une seule chose : le prix, le prix, le prix. Dans leur esprit, le goût est réduit au rôle de variable d’ajustement. Certes, ce diktat du prix trouve aussi sa source au cœur des contradictions des consommateurs, qui ont considérablement réduit l’effort consacré à se nourrir. Les enquêtes d’opinion soulignent avec constance le souhait de moins dépenser pour l’alimentation. Et le budget alimentaire des ménages stagne autour de 15% à 16% de notre consommation effective, contre 30% dans les années 1960.

Mais, si la photographie est décevante, une tendance se dessine : même partis de peu, le recours croissant aux circuits courts et le développement régulier du bio esquissent un mouvement prometteur. Aux producteurs et aux transformateurs de changer de logiciel. Car dans l’esprit des consommateurs, c’est certain, le goût a encore un avenir. —


- Lire également « Où fait-on ses courses ? », Insee, 2011

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  • Team Planetgout : Goût y es-tu ?

    Nous sommes des acteurs de l’éducation au gout "juste" ? disciples de Jacques Puisais, à
    l’origine des classes du gout au siècle dernier. Et oui que de temps perdu !
    "Avaler sans goûter n’est que ruine du palais".
    A votre disposition, pour manger mieux et sans gaspillage. Nous pouvons nous faire plaisir
    trois fois par jour. Qui dit mieux...

    21.04 à 17h21 - Répondre - Alerter
  • micheleD : Goût y es-tu ?

    Hérésie que ces fraises chimiques. Mais surtout, qu’on arrête de dire comme toujours que c’est une demande du consommateur. C’est faux, archi faux : on ne demande pas à manger des fraises hors saison et encore moins sans saveur, car même à ce prix "bon marché", cela reste de l’argent gaspillé sans parler du nivellement de notre goût avec ces produits insipides.

    16.04 à 11h32 - Répondre - Alerter
  • IsabelleN : Goût y es-tu ?

    Le prix ? Encore un effort et ils vont comprendre... en circuit court, à la campagne, auprès de petits producteurs en permaculture, je remplis mon panier de la semaine pour 15€ maximum. Des légumes plein de goût et de vitamines, qui vous nourrissent vraiment. J’ai rarement faim entre les repas et au cas où il reste encore de ces petites pommes de garde ridées (conservée à l’ancienne) qui vous calent l’estomac pour deux heures - ou même de ce bon pain au levain, avec du fromage de pays, de producteurs artisanaux que je connais pour la simplicité de leurs pratiques. Et quand par hasard j’ai besoin de trois babioles au supermarché (huile, farine, beurre, etc) où je ne dois pas faire plus de 30€ par semaine, je croise ces énormes caddies remplis de boîtes colorées qui ne contiennent que du vent ! Le syndrome du hamburger géant : un poids sur l’estomac, du sucre et des graisses dans le sang, et aucune sensation de satiété... plus le besoin de grignoter à l’infini.
    Eh oui, je dépense tellement moins depuis que je mange mieux. Mais oui, j’en suis sûre, ils ne vont pas tarder à comprendre, c’est inévitable ;-)

    26.03 à 17h46 - Répondre - Alerter
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