4 à 4, j’avale les escaliers de cette résidence universitaire délabrée. Je croise ce jeune couple immigré avec son petit garçon. Plus tard, les étudiants qui nous accueillent nous diront que cette famille était venue se laver dans les douches collectives. Notre jeunesse précaire côtoie ici celle des errants d’Europe de l’Est qu’on ne gère pas.
Ici, nous venions parler du manque de logement étudiant en Aquitaine : une place pour cinq demandes. Je découvre des chambres de 9m2 aux portes soufflées, aux espaces collectifs minables. J’ai honte de savoir que si près de mon échoppe douillette, ces courageux là sont oubliés. 6000 logements pour les jeunes, 180 millions d’euros : c’est un des points de notre programme, c’est une priorité.
Le mal logement et les solitudes errantes me révoltent depuis toujours. Il est fini le temps du SDF quinquagénaire forcément alcoolique. Travailleurs pauvres, mamans isolées, étudiants précaires subissent désormais aussi le mal logement ! Aucune institution n’échappe à cette responsabilité : la Région a celle du logement étudiant.
Définitivement, je suis favorable à la réforme des collectivités locales. Sa principale vertu réside pour moi dans l’ équation simplifiée qu’elle doit garantir aux citoyens. Fini le temps des redoutables « C’est pas moi, c’est l’autre ». 2 heures avant cette visite étouffante, nous étions boulevard Albert Ier à la rencontre d’apprentis et d’artisans . 90 % des entreprises d’Aquitaine emploient moins de 20 personnes. Erasmus des apprentis, soutien financier pour le deuxième logement, équivalence du statut d’étudiant pour les avantages quotidiens…chaque jour, nous égrenons notre programme : l’emploi et le logement sont des préoccupations récurrentes qui cannibalisent les débats sur l’écologie prospective.
L’« écologique républicaine » de notre liste tient en 15 principes. A la différence de la liste locale d’Europe Ecologie , je ne crois pas raisonnable de militer contre la LGV, contre le nucléaire, de se défier de ceux qui attendent tout du progrès, ni de ceux qui créent les richesses dites productivistes . Je suis convaincue au contraire qu’il nous faut entendre le raisonnement des sceptiques et trouver avec eux les moyens de ne plus l’être pour ne pas les perdre définitivement. Mais, au delà du contenu programmatique, il y a la manière de l’incarner, de le partager. J ‘aime cette campagne et j’aime la faire avec notre numéro 1 avant tout un humaniste qui ne renie rien de ma différence et donc de toutes les autres. Le soutien d’Alain Juppé et celui des amis de tout horizon qui m’accompagnent dans cette séquence de vie inouïe, confortent ma liberté d’espérer d’espérer que la politique est encore le moyen le plus efficace, de transgresser les ordres établis, de casser les codes en respectant les cohésions.
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