publicité
 
 
Accueil du site > Actu > Société > Eau, transports, semences : la gratuité, c’est maintenant !
20-12-2012
Mots clés
Transports
Agriculture
France

Eau, transports, semences : la gratuité, c’est maintenant !

Taille texte
Eau, transports, semences : la gratuité, c'est maintenant !
(Crédit photo : bus - agglo - aubagne)
 
Un minimum d'eau vitale, des transports en libre accès ou des semences sans brevets, trois exemples de domaines où l'argent ne devrait pas être le maître-mot.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

- De l’eau à l’œil ?

Viry-Châtillon (Essonne), paye sa tournée : depuis le retour en régie publique de l’eau, il y a deux ans, ses 31 000 habitants ne payent plus l’abonnement (36 euros sous Veolia) et ont droit à 3 litres d’eau gratuits par jour ! Un cas unique en France. « C’est la quantité nécessaire pour ne pas mourir de soif », explique l’ancien maire, Gabriel Amard, aujourd’hui président de l’agglomération des lacs de l’Essonne. « L’eau est financée par un prix plus important pour les 8,96 % d’usage professionnel. C’est logique : un coiffeur peut déduire de ses impôts 60 % de ses charges liées à l’eau, pas la famille qui habite à l’étage au-dessus. Nous avons aussi instauré la progressivité des tarifs, car autant ce dont on ne peut se passer doit être gratuit, autant la consommation qui relève du confort ou du luxe doit se payer. » Le prix fluctue de 1,10 euro le mètre cube (jusqu’à 120 m3) à 1,50 euro (au dessus de 200 m3), et 1,73 euro pour les entreprises (contre 1,74 euro pour tout le monde avec Veolia). « Si on instaurait la progressivité en France, où 90 % de l’eau est utilisée par l’industrie et l’agriculture, on pourrait offrir à tout le monde les 15 m3 nécessaires par an pour vivre dignement », précise l’ancien maire. « Si ça ne nous dérange pas que nos impôts financent le porte-avions Charles-De-Gaulle, ça ne devrait pas nous choquer de payer pour la dignité humaine », estime Emmanuel Poilane, directeur de la Fondation France Libertés. Celle-ci défend la reconnaissance du droit à l’eau, et porte une proposition de loi qui pourrait bientôt être débattue. Objectif : favoriser l’accès gratuit à l’eau, au moins sur la place publique. « Mais pour beaucoup d’élus, la gratuité est un gros mot », déplore son directeur. « Pourtant, en Irlande, l’eau est gratuite sans que cela provoque de gaspillage. » La gabegie serait, selon lui, plutôt en France, où « le lobbying des multinationales empêche de développer la récupération des eaux de pluie. Résultat, on prend des douches avec de l’eau potable ». —




- La voie est libre !

Prenez les TGV, les « Transports gratuits vraiment » ! C’est la devise de mutuelles de fraudeurs qui se multiplient en France. Leurs membres payent un abonnement de quelques euros, qui permet de régler les amendes en cas de contrôle. Mais l’objectif est aussi de remettre sur le tapis la question de la gratuité des transports publics. Appliquée dans une vingtaine d’agglomérations françaises – et à venir à Tallinn, en Estonie –, elle est plébiscitée : la fréquentation double, les autos reculent et les bus coûtent moins cher aux habitants. Ainsi, à Aubagne (Bouches-du-Rhône), la dépense publique par déplacement est passée de 3,93 euros en 2008 à 2,04 en 2011, sans augmentation d’impôts des ménages. Mais le vrai hic pour une généralisation du système reste financier : car il faut non seulement remplacer les ressources de billetterie, soit 30 % à 40 % du budget des transports publics, mais aussi pouvoir accueillir deux fois plus de voyageurs. Le philosophe Jean-Louis Sagot-Duvauroux, spécialiste de la gratuité, le reconnaît : « Cela nécessiterait d’énormes investissements. Mais c’est un choix politique : on peut estimer que c’est plus important que de construire un TGV pour gagner quinze minutes entre Paris et Nice. » Mais le combat n’est pas gagné : le Groupement des autorités régulatrices de transport préfère des réductions ciblées, selon les revenus. Et Paris a récemment abrogé la gratuité pour les personnes âgées et handicapées. —




- Si le grain ne meurt

Kokopelli symbolise le combat pour les semences libres. Portant le nom d’une divinité amérindienne de la fertilité, cette association installée à Alès (Gard) vend ou distribue à ses adhérents des graines de fruits et légumes rares ou anciens. Et contribue ainsi à la sauvegarde de la biodiversité, comme d’autres : le Réseau semences paysannes, les Croqueurs de carottes… Mais Kokopelli, poursuivie par les industriels semenciers, a été condamnée en juillet dernier par la cour de justice de l’Union européenne pour « concurrence déloyale ». Motif : aucune de ses 1 500 variétés n’étant inscrite au catalogue officiel des semences potagères, elles ne pouvaient être commercialisées. Pourtant, l’avocate générale de la Cour avait donné raison à l’asso, estimant que le droit européen était responsable de la perte de biodiversité, et que « le choix final du consommateur est déjà restreint en ce qui concerne les produits agricoles ». Les juges ont cependant considéré que les semences paysannes ne permettent pas « d’assurer une productivité agricole accrue ». Car elles ont surtout un gros défaut : ces variétés peuvent être semées d’une récolte à l’autre. Or les neuf multinationales qui se partagent 90 % du marché mondial font tout pour obliger les agriculteurs à les racheter chaque année. Après les variétés hybrides, et en attendant, peut-être, la vague OGM, elles multiplient les brevets sur les plantes issues de sélections conventionnelles. Plus de 2 000 ont été déposés en Europe, selon une étude d’ONG suisses (1), Monsanto et Syngenta détenant à eux deux la majorité des brevets sur les tomates et les poivrons ! Et certains redoutent que le projet actuel de brevet unitaire européen accélère la « monsantonisation » des semences, mais aussi des procédés d’élevage. —

(1) A lire ici

Faites réagir vos proches, diffusez l'info !
Vous aimez Terra eco ? Abonnez-vous à la Newsletter
1 commentaire
TOUS LES COMMENTAIRES
COMMENTAIRES SÉLECTIONNÉS
RÉPONSES DE LA RÉDACTION
Trier par : Plus récents | Plus anciens
Affichage : Voir tout | Réduire les discussions
  • L’eau et les semences font parties du patrimoine commun. Si l’on met en place des mécanismes qui évitent le gaspillage, comme à Viry-Châtillon, pas de problème.
    Pour les transports, il y a confusion. (Presque) Tout le monde peut mettre un pied devant l’autre et se mouvoir gratuitement.
    Par contre, si on utilise des "services extérieurs" qui plus est, émetteur de CO2 (ici des transports en commun), il y a toujours quelqu’un qui paye "in fine".
    Déjà dans l’antiquité, on pouvait voyager "gratuitement", les esclaves étaient là pour cela !

    20.12 à 21h06 - Répondre - Alerter
PUBLIER UN COMMENTAIRE

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • Se connecter
  • Créer un compte

En route pour la COP21
publicité
publicité
publicité
Site conçu avec
publicité