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Climat : la longue route vers un accord mondial

Par Thomas Matagne
4-04-2011

Climat : reprise des négos à Bangkok

Climat : reprise des négos à Bangkok

Les médias en étant fort éloignés, on aurait peine à le croire mais c’est pourtant vrai : les négociations sur le climat se déroulent tout au long de l’année. Une session intermédiaire de discussions s’ouvre cette semaine à Bangkok. Explications.

Où en est-on ?

Rappels express. Depuis 2007 et la conférence de Bali, les pays ont une feuille de route pour les négociations. Copenhague (déc. 2009) a été l’évènement manqué pour un grand traité unique qui aurait scellé l’avenir climatique du monde. Cancún (déc. 2010) a sauvé le processus des Nations Unies mis en péril à Copenhague. Mieux encore, Cancún a permis certaines avancées réelles ; pourtant on est encore très loin de tout avoir réglé (par ici pour un débriefing sur Cancún). Nous en sommes là.

De très nombreuses questions difficiles, presque insolubles, se posent encore. Par exemple, l’ensemble des promesses actuelles de réductions des émissions ne représentent qu’environ la moitié des efforts nécessaires pour permettre d’atteindre l’objectif, pourtant adopté officiellement à Copenhague, d’un réchauffement de moins de 2°C en 2100 (voir ici->14254]).

Qui va accroître ses efforts ? Comment ? Et comment faire pour répondre à la demande de plus de 100 pays d’augmenter l’effort bien davantage en visant un objectif de 1,5°C en 2100 ? Pour l’instant, aucune piste particulière ne s’offre ; pire, il semble que les contextes nationaux soient plutôt au recul des ambitions qu’à leur renforcement. Autre interrogation : dans le « Fonds Vert » décidé à Cancún, quel argent transite ? D’où vient-il et de qui ? Pour faire quoi ? Au-delà du Fonds vert qui ne recevra qu’une partie des moyens, comment mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 comme promis à Copenhague ? Plus globalement : quelle forme légale doit prendre l’action internationale ? Que faire du Protocole de Kyoto dont les engagements s’arrêtent en 2012 et qui n’inclut pas de nombreux pays ?

A Bangkok, de quoi va-t-on parler ?

Deux mots sur le contexte institutionnel compliqué. Bangkok est la réunion de deux groupes de négociations, l’un sur le Protocole de Kyoto (AWG-KP) dans sa 16ème séance, et l’autre sur un accord de long terme (AWG-LCA) pour sa 14ème session (par ici pour un rappel du fonctionnement des négociations). D’après l’agenda officiel des ateliers thématiques vont se dérouler sur certains enjeux pour les débroussailler (notamment les hypothèses et conditions pour l’atteinte des objectifs de réduction à l’échelle d’une économie entière…). Ensuite, la conférence se tiendra sous forme de groupes « informels », autrement dit des groupes de négociations.

Le premier objectif de Bangkok sera de hiérarchiser les priorités des négociations pour l’année à venir. Laquelle se clôturera à l’occasion de la 17ème conférence des Parties à la Convention qui se tiendra à Durban en novembre/décembre prochain. La conférence de Durban est attendue comme une étape clé, de manière caricaturale avec moins d’espoirs que pour Copenhague mais plus que pour .

Chaque année qui passe nous éloigne de la possibilité d’atteindre notre objectif : pour limiter les changements climatiques. Rappelons que pour atteindre l’objectif de 2°C, il faut que les émissions mondiales commencent à décroître d’ici 2015. C’est-à-dire demain. Or pour l’instant rien ne nous permet de croire que nous y arriverons. L’année 2011 sera donc cruciale : une accélération des progrès est nécessaire.

Pourquoi s’intéresser à la conférence de Bangkok ?

Si Christiana Figueres, secrétaire de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques, fait du vélo à l’invitation des ONGs thaïlandaises, c’est pour rappeler l’importance de l’engagement de la société civile, à Bangkok et à chaque étape des négociations. En effet, les discussions sur le climat ne reçoivent une attention médiatique forte qu’à certains moments-clé (Copenhague, Cancún…), pourtant elles se déroulent tout au long de l’année.

Tout au long de l’année également, les évènements météorologiques extrêmes se succèdent et, d’études en études (voir par exemple ici), ont sait aujourd’hui qu’ils sont liés aux changements climatiques. A ce propos, juste avant l’ouverture du sommet qu’elle accueille, la Thaïlande subissait des inondations fortes, affectant 2 millions de personnes dans le sud du pays. La « société civile » se doit donc d’être autant dans les négociations qu’elle vit les changements climatiques.

Le climat est l’affaire de tous, à tout instant ; les négociations intermédiaires comme celles de Bangkok, bien que rarement palpitantes, méritent donc notre attention, pour ne pas laisser cet enjeu aux mains de diplomates effarouchés. Le temps presse, chaque occasion de faire avancer l’action internationale compte.

La suite, palpitante donc, dans les jours à venir.

Vous pouvez suivre cette semaine de négociations :
- avec les « trackers » internationaux, présents sur place (Inde, Chine, Indonésie) ou à distance (les autres !) : adoptanegotiator.org (utiliser le module de traduction « google » quand c’est nécessaire…).

- par les vidéos retransmises en direct couplées à des commentaires twitter

- en lisant les très bonnes publications quotidiennes des ONG : journal ECO (n°1 ici) et les compte-rendus par l’IISD

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A PROPOS

Etudiant en sciences et politiques de l’environnement. « Tracker France » pour le site "Adopt a negociator", qui vise à donner accès à la société civile aux négociations sur le climat à travers le regards de jeunes venus du monde entier.

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