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2-11-2011
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Energies
Pôles

Arctique : cherche nouveaux propriétaires

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Arctique : cherche nouveaux propriétaires
(Crédit : Polar Cruises - flickr )
 
A qui appartiennent les réserves du pôle Nord ? Pour les pays frontaliers et les compagnies exploitantes, c'est l'heure de se positionner, quitte à redéfinir les frontières.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Avec ses 24 millions de km2 aux confins les plus septentrionaux de l’hémisphère Nord, ses immenses territoires vierges n’appartenant à personne, l’Arctique a tout du champ idéal pour livrer bataille. But du pugilat ? S’approprier le trésor qui sommeillerait sous les pieds du géant blanc. En 2008, l’United states geological survey a en effet estimé que 90 milliards de barils de pétrole, 44 milliards de barils de gaz liquide et 48 000 milliards de m3 de gaz naturel attendraient d’être exploités. Soit 13% du pétrole et 30% du gaz encore à découvrir dans le monde ! L’appât du gain, lui, aiguise déjà les dents des pays frontaliers et attire des partenaires potentiels, prêts à bien des compromis pour remporter leur part du lot.

Ces territoires sont à moi

Quand on s’apprête à découper un gâteau, mieux vaut viser la plus grosse part ! Entendez : revendiquer le plus de territoire possible. Les gourmands sont au nombre de 5 : Etats-Unis, Canada, Danemark, Norvège et Russie. Ces cinq pays côtiers bordant l’Arctique n’avaient jusque-là que peu de querelles frontalières. Ce n’est d’ailleurs pas à terre que se joue la partie mais plutôt… sous les eaux. Chacun de ces pays dispose en effet, selon la Convention des Nations unies en vigueur depuis 1994, d’une zone économique exclusive (ZEE) allant jusqu’à 200 miles marins (370 km) de ses côtes. Résultat : des milliards de km2, dont le pôle Nord, n’appartiennent tout simplement... à personne (voir la carte interactive des ZEE).

C’est sans compter avec la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer : adoptée en 1982, celle-ci permet à des Etats de revendiquer une extension de leur souveraineté jusqu’à 350 miles (648,2 km) à condition de prouver qu’il existe un prolongement naturel de leur masse terrestre sous la mer. Pour établir les nouvelles cartes de leurs territoires, les « big five » ne lésinent pas sur les moyens, déployant navires océanographiques, avions, hélicoptères et multipliant sondages acoustiques et sismiques. Quitte à ce que l’opération prenne des airs de conquête lunaire : le 2 août 2007, depuis le sous-marin Mir-1, Arthur Chilingarov, député du parlement russe, a héroïquement planté, grâce à un bras robotisé, le drapeau de son pays au fond de l’océan Arctique… Quant au pôle Nord, il a été carrément revendiqué par la Russie en 2001. Le Canada s’apprêterait à le faire d’ici 2013 et le Danemark, vers 2014. Plus tempéré, le juriste canadien Michael Byers, auteur de A qui appartient l’Arctique ?, ne croit pas, lui, à une « guerre » de territoire. Son argument ? La majorité des réserves sont sur des zones indiscutées et ne devraient pas prêter à des prises de bec diplomatiques.

Carte des revendications russes

1) Pôle Nord : c’est là que la Russie a planté son drapeau, à 4 000 mètres de profondeur, clamant ainsi la propriété de réserves de gaz et de pétrole.

2) La ride de Lomonosov : la Russie prétend que cette structure géologique est un prolongement de son territoire continental et essaie d’en donner des preuves.

3) La ligne des 200 milles nautiques (370 km) : les zones économiques des pays s’étendent bien au-delà de leurs côtes, souvent grâce à la présence d’îles.

4) Territoires revendiqués par la Russie.

Une première place qui vaut de l’or

Pour les Etats en lice, ce premier round est néanmoins crucial. Le Groenland, province autonome danoise, entend bien, à long terme, gagner son indépendance vis-à-vis du Danemark. Les Américains espèrent limiter leur dépendance au pétrole importé, via des forages en Alaska. Pour leur ex-ennemi de l’Est, « le principal objectif est de faire de l’Arctique une réserve de ressources pour la Russie du XXIème siècle », déclarait le président Medvedev en septembre 2008. Et d’accroître encore ses revenus tirés de l’énergie : en 2007, le pétrole et le gaz comptait pour 64% des revenus russes à l’export, d’après les statistiques de l’Energy information administration. Un an plus tard, en 2009, la Russie révélait publiquement ses plans, visant à faire de l’Arctique une base de ressources stratégique d’ici à 2020. Elle veut donc assurer la protection des territoires gorgés d’or noir. Pour ce faire, des troupes y seraient déployées, renforçant notamment la sécurité côtière.

Mais les riverains ne sont pas les seuls à vouloir entrer dans le jeu ! A l’issue d’une réunion du Conseil de l’Arctique, en mai 2011, l’ambassadeur aux pôles Michel Rocard résumait la situation dans le quotidien Le Monde. « Le Conseil Arctique ne sait pas comment assumer la volonté dominante de cinq de ses membres [Canada, Danemark, Etats-Unis, Norvège, Russie] de faire du Conseil une coopérative de riverains en disant au reste du monde : fichez-nous la paix ! Et la vision qu’en a le reste du monde - et dont je suis un peu le porte-parole - est de dire que ce n’est pas ainsi qu’il faut procéder. La mise en viabilité de l’Arctique et sa surveillance doivent se faire dans le cadre d’accords et d’une gouvernance internationaux. »

Dans l’échiquier qui se met en place, reste une inconnue : les partenariats que les Etats scellent entre eux. Car des quatre coins du monde, on accoure pour s’assurer des partenariats d’exploitation avec les pays et les compagnies en place. Quitte à faire des mariages détonants : le 30 août 2011, la compagnie pétrolière russe Rosnef et le géant américain Exxon Mobil se sont associés pour explorer en commun l’Arctique russe...

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Le rédacteur :
Alice Bomboy

Une enfance en pleine nature jurassienne, des études de biologie et de géologie, l’envie de transmettre cette passion pour le monde vivant, et le monde tout court, et un goût sans limite pour les nouvelles contrées. Alice est journaliste scientifique.

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