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19-07-2012
Mots clés
Alimentation
France

Ce que boire du soda veut dire

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Ce que boire du soda veut dire
(Crédit photo : Paysimaginaire - flickr)
 
Une collecte de données participative, menée par Open Food Facts en partenariat avec « Terra eco » et « Owni » révèle les dessous de nos sodas.

Depuis le 1er janvier 2012, une taxe touche l’ensemble des sodas commercialisés en France. Décidée pendant le plan de rigueur du gouvernement Fillon, cette mesure a été justifiée ainsi :

- « Cette contribution s’inscrit dans le cadre du plan national nutrition santé publique qui promeut une alimentation équilibrée comme composante essentielle de la santé publique. (Son) montant (...) vise, en augmentant le prix de ces produits, à dissuader le consommateur et à l’orienter vers d’autres types de boissons », dit le projet de loi de Finances 2012.

- La ministre du Budget et porte-parole du gouvernement de l’époque, Valérie Pécresse, n’hésitait pas à évoquer une « taxe comportementale » visant à envoyer un « signal (...) aux familles » afin de les inciter à « un comportement plus protecteur en matière de santé publique ».

Open data dans ton soda

En clair, la consommation régulière de ces produits est nocive pour la santé et l’ancien gouvernement voulait aider le consommateur à s’en détourner. Pourtant, aucun moyen ne lui est donné pour se repérer sur les étals. Le consommateur ne peut comparer la teneur en sucre des sodas, ou connaître leurs ingrédients. Des bases de données existent bel et bien, mais elles ne sont ni consultables ni exploitables par les citoyens.

C’est contre ce manque de transparence que Stéphane Gigandet a créé le site Open Food Facts (OFF), dont nous vous avions parlé ici. Il met à contribution les consommateurs et leur propose de photographier les étiquettes des produits qu’ils consomment puis de renseigner la base de données sur les ingrédients et les additifs, la composition nutritionnelle et lieu d’achat des produits... C’est sur les sodas que la plateforme a lancé sa première opération de récolte participative de données (ou crowdsourcing).

Pas moins de 160 boissons ont été ainsi renseignées (voir le document ci-dessous ) :

Comma Separated Values - 96.6 ko

Ces données ne permettent pas de connaître la teneur exacte de chaque ingrédient pour chaque produit. Mais elles permettent de comparer les étiquettes. Entre les points communs et les différences, on en sait plus sur ces sodas. Tour d’horizon avec l’aide de deux nutritionnistes : le docteur Laurent Chevallier, consultant en nutrition et président de la commission Alimentation du Réseau environnement santé et le docteur Patrick Tounian, responsable de l’unité de nutrition pédiatrique de l’hôpital Trousseau à Paris.

- Ennemi numéro 1 : Le sucre ?

26 sodas de la liste Open Food Facts contiennent plus de 100 grammes de sucre par litre, soit 17 morceaux de sucre au litre pour la moitié de la liste ! Ces résultats confirment ceux menés en laboratoire en juin dernier par le magazine 60 Millions de consommateur : la moitié des sodas qu’ils avaient testés détenaient également plus de 100 grammes de sucres par litre. Le record parmi leurs produits était détenu par le Cola classic de marque Carrefour, avec 115 g/l. Dans la liste Open Food Facts, le record est à 112 g/l, détenu par des colas de marques diverses.

- Ennemi numéro 2 : L’alternative au sucre ?

Les sodas sans sucre contiennent des faux sucres, appelés aussi édulcorants. Le plus célèbre d’entre eux est l’aspartame, ou E951. Ce produit est autorisé par l’ensemble des autorités sanitaires. Pourtant, dans son enquête « Notre poison quotidien », la journaliste Marie-Monique Robin dénonçait les conditions de sa mise sur le marché. Elle citait également deux études menées sur des rats par l’équipe du docteur Soffritti en 2006 et 2007, et qui avaient montré une augmentation des tumeurs chez les animaux après consommation d’aspartame. Les autorités sanitaires européennes américaines ont choisi d’ignorer les résultats de ces études, principalement pour une question de protocole. Mais, toujours selon Marie-Monique Robin, les arguments avancés par ces agences réglementaires ne sont pas recevables (voir son témoignage pour le site Owni ici).

Le Réseau environnement santé cite lui une étude danoise de 2009 menée chez 60 000 femmes enceintes et montrant un taux de naissances prématurées plus élevé chez les femmes consommant des boissons avec édulcorant. Face aux polémiques récurrentes, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses) avait publié en mars 2011 un rapport précisant que les nouvelles publications « n’apportent pas de base scientifique suffisante pour justifier une révision de la dose journalière autorisée établie pour l’aspartame (40 mg/kg de poids corporel, ndlr) ». Une base journalière qui correspond pour un adulte à une consommation de plusieurs dizaines de canettes par jour et ce pendant des dizaines d’années. Pour les enfants, la limite est beaucoup plus basse et la consommation est même interdite pour les moins de 3 ans.

- Ennemi numéro 3 : E150d, ou 4-methylimidazole (4-MEI) ?

Un peu moins d’un tiers des sodas de la liste d’Open Food Facts contiennent du colorant E150d, et son sous-produit le 4-methylimidazole (4-MEI). Cet additif est tout à fait autorisé en Europe... mais très limité en Californie depuis l’alerte du Centre pour la science dans l’intérêt du public (CSPI), une association américaine de défense des consommateurs. L’information reste très controversée chez les scientifiques. Pour l’administration américaine, il faudrait boire plus de 1 000 cannettes par jour pour mettre en danger sa santé. Faux, selon le CSPI qui affirme, prélèvements à l’appui, qu’une canette de Coca de 35 cl (la capacité d’une canette américaine) contiendrait entre 142 et 146 microgrammes de 4-MEI, soit largement au-dessus de la limite des 29 microgrammes par jour tolérée par l’Etat de Californie. Pour mettre fin à la controverse, Coca Cola a promis de modifier sa recette secrète dans l’Etat américain, tout en continuant de nier fermement la dangerosité du produit. Partout ailleurs, les sodas contiennent eux toujours de l’E150d.

- Ennemi numéro 4 : les acides phosphoriques et citriques ?

34 boissons de la liste d’OFF contiennent de l’acide phosphorique. Mais attention, « l’acide phosphorique peut à forte dose modifier la fixation du calcium sur les os et pour les reins », estime le docteur Chevallier. La moitié des sodas de la liste contiennent par ailleurs de l’acide citrique. Pourtant, « l’acide citrique, comme le soulignent les dentistes, peut altérer l’émail dentaire en cas de consommations quotidiennes prolongées et importantes », rappelle le nutritionniste.

- Ennemi numéro 5 : le benzoate de sodium ?

15 sodas en contiennent dans la liste d’OFF. Ce produit est tout à fait autorisé par les autorités sanitaires. Mais, là encore, des doutes existent. Une étude menée en 2007 par le professeur Peter Piper montrait que cet ingrédient peut être nocif pour les mitochondries (une partie des cellules humaines) et augmenterait les risques de cirrhoses ou encore de l’hyperactivité chez les enfants.

- Bilan : Faut-il ou non se priver de soda ?

Aucun nutritionniste n’a souhaité se prêter au petit jeu du classement des meilleurs et des pires sodas. Pour des raisons opposées : leurs avis divergent sur l’attitude à adopter face aux sodas. « La consommation quotidienne de soda quel qu’il soit pose de toute façon problème. Soit ils sont très sucrés, soit ils contiennent des édulcorants qui posent d’autres types d’interrogations scientifiques pour certains publics (en cas de phénylcétonurie – trouble héréditaire du métabolisme – mais aussi notamment pour les femmes enceintes et les plus jeunes) », note le nutritionniste Laurent Chevallier. Pire, selon lui, ces boissons « peuvent induire des troubles du comportement alimentaire selon notre expérience avec une confusion entre le boire et le manger d’où des signaux de rassasiement et de satiétés moins bien perçus ».

Le professeur Patrick Tounian, responsable de l’unité nutrition à l’hôpital Trousseau, préfère lui nuancer ce propos. Il rappelle ainsi que de nombreux jus de fruits contiennent plus de sucres encore que les sodas. C’est donc seulement aux personnes en surpoids qu’il conseille d’éviter les sodas ou de privilégier des sodas light. Quid des interrogations sur la nocivité de l’aspartame ou encore l’E150d ? « En France et en Europe, les autorités sanitaires sont extrêmement méticuleuses, le principe de précaution est respecté je leur fais confiance. »

Un argument balayé par le professeur Chevallier. « Je pense que le milieu médical n’est pas assez bien informé sur le sujet, notamment parce qu’une partie de l’industrie agro-alimentaire diffuse dans le milieu médical, grâce à des publicités , des colloques, des travaux de recherche ou des missions rémunérées un message extrêmement subtil, qui est celui de la prudence. Ils nous disent : "aucune étude n’existe", avec en filigrane la notion que boire des sodas ne pose pas problème. Mais a-t-on vraiment besoin d’une étude pour comprendre que consommer chaque jour un produit qui contient 20 morceaux de sucres n’est pas l’idéal pour la santé ? »

Chez les nutritionnistes, il y a donc ceux qui font confiance aux autorités sanitaires et ceux qui mettent en doute ces institutions. Les premiers ont pour eux les études menées par ces agences. Les deuxièmes la proximité de nombreux médecins siégeant dans ces institutions avec l’industrie agro-alimentaire et les études indépendantes déjà réalisées. Au consommateur de choisir son camp.


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6 commentaires
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  • bonjour à vous, comme il est très difficile de savoir ce que l’on nous fait avaler, existe-t-il des méthodes ou autres qui peuvent aider notre corps à drainer tous ses produits ? Car le corps est un filtre incroyable mais bon, faut pas déconner, si on ne le nettoie pas.................. Merci d’avance pour votre aide !

    19.02 à 18h58 - Répondre - Alerter
  • je bois toujours du soda en jouant au poker sur internet gratuitement

    6.05 à 18h18 - Répondre - Alerter
  • Marie claire Mureau : Ce que boire du soda veut dire

    Hello,

    Je me trouve complétement dépassée par le sujet mais il s’avère être toujours réjouissant de constater que d’autres sont présents pour aider votre compréhension, j’ai ajouté votre page dans ma barre de sites préférés.

    Marie claire

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    29.09 à 10h02 - Répondre - Alerter
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    27.09 à 23h16 - Répondre - Alerter
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    27.09 à 22h54 - Répondre - Alerter
  • Martine 44 : Et Corinne GOUGET ?

    Vous citez Marie-Monique ROBIN et son très intéressant documentaire parlant de l’ASPARTAME, mais vous oubliez de citer Corinne GOUGET et son non moins intéressant (et complet...) livre sur les additifs alimentaires dont l’aspartame et le glutamate monosodique...

    22.07 à 12h38 - Répondre - Alerter
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