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Aux détours du développement durable

Par Sophie_DD
14-12-2012

Après Fukushima, le Japon a t-il encore la pêche

En allant au Japon, je me souviens des dernières images que j'en ai vu. Ce ne sont malheureusement pas des photos idylliques, mais des images du tsunami du 11 mars 2011. Celui-ci engendra un accident nucléaire majeur à Fukushima. Au delà de la question de l'énergie et plus particulièrement celle de l'énergie nucléaire, je me demande comment cette région réagit depuis cette catastrophe.

La région de Fukushima, Tôhoku , se situe au nord de Tokyo sur la côte Est nippone. Cette région représente a elle seule 16% des emplois du tertiaire et 7% de l’économie japonaise. Le Tôhoku, surnommé « le grenier du Japon », assurait également 5,3% de la production nationale de riz et surtout 23,5% de la part de pêche nationale.

Mais la pêche japonnaise connaissait déjà quelques difficultés antérieures à la catastrophe de 2011. À cause de la surexploitation, les ressources halieutiques de la zone côtière nationale sont en déclin depuis quelques années déjà (malgré l’élaboration d’un plan directeur national pour une pêche durable en 2007 établissant des quotas sur 7 espèces de poissons dont le thon rouge). Aujourd’hui, la majeure partie du poisson consommé par les Nippons est importée de Chine ou des États-Unis, un paradoxe pour un pays consitué de plus de 1000 îles !

Aujourd’hui les sols du Tôhoku sont pollués, contaminés par les divers composants radioactifs, et ce pour des dizaines d’années. Il en va de même pour l’activité de pêcherie car les eaux écoulées dans l’océan ont infecté toutes vies aquatiques. Pour ce pays traditionnellement consommateur de poissons (40kg par habitant par an), cela entraine bien entendu des répercussions plus intimes. Néanmoins, un type de pêche persiste et fait l’objet de nombreuses controverses à l’échelle internationale. En effet, le Japon est connu pour être l’un des pays pratiquant la pêche à la baleine. Pourtant la Commission Baleinière Internationale (CBI) en a interdit la pêche commerciale depuis 1986. Alors pourquoi, et surtout comment cette pêche n’est-elle pas sanctionnée aujourd’hui ? Et bien tout simplement parce que le gouvernement japonnais impute à la totalité de sa pêche aux cétacés des fins scientifiques, ce qui est alors autorisé par la CBI.

Mais plus déconcertant encore... L’an dernier, le ministère nippon de la pêche a annoncé relancer cette pratique grâce à une partie des fonds destinés à la reconstruction des zones touchées par le tsunami. Il s’agit ici de plus de 21 millions d’euros alloués pour relancer la chasse aux cétacés, notamment en rénovant la flotte, le gouvernement ne voulant rater la nouvelle saison en Antarctique.

En 2011, ont ainsi été tués près de 900 cétacés dont des espéces menacées comme le rorqual commun.

Pour autant, cela a-t-il réellement aidé la population de la région de Tôhoku frappée par le tsunami ? Difficile d’en être convaincu, car encore aujourd’hui de nombreux habitants vivent toujours dans des logements temporaires construits rapidement par le gouvernement après la catastrophe. Le taux de chômage de cette région stagne à un niveau supérieur à la moyenne nationale, avec près de 70% des personnes déplacées dans ces logements de fortune encore sans emploi.

Pour ce qui est de la chasse aux cétacés (même à des fins "scientifiques"), la Cour Internationale de Justice saisie par l’Australie devrait rendre son verdict en 2013. Mais qu’adviendra t-il des sinistrés du tsunami de 2011 ?

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