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28-05-2014
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France
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Agriculture : une ultra moderne servitude

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Les pesticides, armes de destruction massive

Au début du XXe siècle, l’industrie a créé des armes chimiques qui ont fait des ravages pendant la Première Guerre mondiale. Des composés qui ont trouvé de nouveaux débouchés en tant que pesticides, dans l’agriculture. Avec plus de 60 000 tonnes de substances actives vendues en 2011, la France est le troisième consommateur au monde. En 2006, une étude réalisée sur neuf pesticides formulés a révélé que les effets toxiques sur les cellules humaines sont des centaines de fois plus importants que ceux causés par la seule matière active du produit, en raison de la non-prise en compte des adjuvants utilisés.

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La biodiversité sous cloche

Les messicoles vivent avec les céréales depuis dix mille ans. Depuis le début des années 1970, elles ont reculé en France de 30 % à 70 %. La majorité des espèces (coquelicots, bleuets) sont en voie de raréfaction et beaucoup en voie d’extinction à cause de l’agriculture industrielle. Pourtant, elles sécurisent l’alimentation des insectes pollinisateurs, dont les abeilles, et offrent refuge aux insectes auxiliaires (syrphes, coccinelles…) contre les ravageurs.

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A la recherche des terres agricoles perdues

Chaque année, plus de 60 000 hectares de terres agricoles disparaissent en France, soit l’équivalent d’un département tous les sept ans. En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la surface agricole productive a diminué de 20 % entre 1970 et 2000. On y comptait 490 000 résidences secondaires en 2009 contre 139 000 en 1968. Selon une étude de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), au rythme actuel de l’artificialisation des terres, le département des Alpes-Maritimes n’aura plus de surface agricole d’ici à une dizaine d’années et celui des Bouches-du-Rhône d’ici à vingt-cinq ans.

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Les semences à l’enregistrement

Aux Etats-Unis, les firmes de biotechnologies – rebaptisées « sciences de la vie » – pourchassent ce qu’elles appellent une « piraterie des semences ». L’agriculteur qui a conservé des semences de la récolte précédente, ou dont la culture a été contaminée par le pollen transgénique d’un voisin, ou encore dont des graines restées au sol ont germé, se voit poursuivi après enquête par une sorte de « police des gènes ». Il ne reste plus à l’agriculteur qu’à racheter les semences chaque année.

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Les saisonniers en cabane

Le 15 janvier 2014, le Sénat a considéré le lieu de résidence comme un nouveau critère permettant de juger de la discrimination. Le lieu d’habitation devient ainsi le vingtième critère de discrimination de la législation française, après le nom, le sexe, l’origine, l’âge, le handicap, etc. Inscrite dans le projet de loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, cette disposition pourra-t-elle s’appliquer aux serres délabrées, caravanes pourries et gourbis où sont trop souvent relégués les ouvriers agricoles saisonniers étrangers ? En 2005, on estimait à 2 millions le nombre de saisonniers en France.

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Les paysans la corde au cou

Les agriculteurs « modernisés » empruntent souvent le même chemin définitif. Soumis à la baisse constante des prix agricoles dans de nombreux secteurs, poussés à s’endetter pour être performants, ils sont plusieurs centaines à se donner la mort chaque année en France. Dans un rapport publié en septembre 2013, l’Institut national de veille sanitaire évaluait à 20 % l’excès de mortalité par suicide chez les agriculteurs par rapport à la population française en général, surtout dans le secteur de l’élevage bovin (viande et lait). Un phénomène sans doute sous-estimé…

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Manger ou conduire, il faudra choisir

Nourrir les populations ou alimenter les machines ? Telle est la question, impensable il y a encore quelques années, que pose désormais l’orientation prise par une partie de la production agricole. Etablissement financier de la filière des oléoprotéagineux (colza, tournesol, soja), Sofiprotéol est leader dans la production d’agrocarburants en France. Son chiffre d’affaires s’élevait à 7 milliards d’euros en 2013, dont 2,4 milliards pour les seuls agrocarburants.

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Une industrie de cochons

En septembre 2013, Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, a annoncé au salon international de la production animale, Space, à Rennes, des mesures pour faciliter l’agrandissement ou l’installation de porcheries. Le seuil d’autorisation sera relevé de 450 à 2 000 places et un régime d’enregistrement remplacera le régime actuel. Exit, donc, les études d’impact, les enquêtes publiques et les avis des services de l’Etat ! Les animaux, considérés comme des machines à produire, vont pouvoir continuer à s’entasser dans les porcheries industrielles.

 
Dans le projet « Dystopia », constructions imaginaires et scènes incongrues font sourire ou tiquer l’œil. Mais derrière se cache un message inquiet : les paysans ne sont plus maîtres de leur destin.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 58 - juin 2014

Football : je t’aime… moi non plus

Fin de la Deuxième Guerre mondiale. La France est dévastée. Il faut nourrir sa population. L’usage des engrais azotés de synthèse, mis au point à la veille de la Première Guerre mondiale pour fabriquer des explosifs, se généralise. Le système agraire de polyculture/élevage est jugé obsolète, et l’industrie chimique lourde assure désormais la fertilité des sols à la place du bétail. Avec le plan Marshall, les machines motorisées, déjà utilisées aux Etats-Unis, débarquent en Europe. Pour augmenter la superficie des parcelles, les terres sont remembrées, et on voit disparaître les zones tampons (zones humides, talus, haies). Les régions agricoles françaises se spécialisent une à une afin de simplifier les approvisionnements pour une industrie agroalimentaire en pleine expansion, tandis que s’éteignent nombre de bassins de production historiques. Une loi d’orientation agricole – la « loi Pisani » – réduit drastiquement le nombre d’exploitations en accélérant la disparition de celles jugées moins productives, un processus de concentration qui se poursuit encore aujourd’hui. Dans l’élevage, les surfaces en prairie disparaissent au profit du maïs fourrage, subventionné par une Politique agricole commune (PAC) instaurée par le traité de Rome en 1957.Mais le miracle vert touche ses limites. La simplification des itinéraires techniques et des assolements conduit peu à peu à une augmentation de la pression parasitaire sur les cultures et à un recours accru aux pesticides. Les agriculteurs, sans en prendre pleinement conscience, viennent de perdre en à peine un demi-siècle l’autonomie qui était la leur depuis des millénaires. L’industrialisation de l’agriculture a certes permis une explosion de la production agricole. Mais à quel prix ! La disparition accélérée des terres agricoles et des paysans, la dégradation constante de la qualité des eaux, l’appauvrissement général de la biodiversité, l’utilisation massive des pesticides, les conditions et conséquences de la production industrielle de viande, l’érosion et l’appauvrissement des sols, la modification génétique des organismes lèguent une facture gigantesque aux jeunes générations. Pour l’ingénieur agronome Marcel Mazoyer et la chercheuse Laurence Roudart, coauteurs d’une Histoire des agricultures du monde (Seuil, 2002), « toute politique agricole s’inscrit d’abord et avant tout dans un choix ». Celui des gouvernements successifs de la France montre, selon eux, « trop de méconnaissance et de mépris du passé, trop de hâte et de présomption novatrice, trop de productivisme purement quantitatif, trop peu de précautions humaines, écologiques et qualitatives ». Le projet Dystopia, coréalisé par Alexa Brunet (photos) et Patrick Herman (textes), en partie présenté dans les pages qui suivent, ne dit pas autre chose. —

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Depuis dix ans, Alexa Brunet fait partie du collectif de photographes Transit, après avoir étudié à l’Art College de Belfast, en Irlande, et à l’Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles. Elle travaille pour la presse, tout en menant des travaux personnels. Journaliste indépendant, Patrick Herman est également paysan en agriculture biologique dans l’Aveyron. Il écrit sur la santé publique et l’agriculture. De leur rencontre est née une approche inhabituelle de l’actualité, associant images et textes. Du va-et-vient entre des scénographies décalées – où se chevauchent symboles et constructions imaginaires – et des textes rapportant des faits peut naître un nouveau regard facilitant la compréhension de ce qui advient aujourd’hui. Il ne s’agit pas de prophétie, mais de prospective.

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    6.10 à 04h50 - Répondre - Alerter
  • Excellent résumé à 1 détail près : l’homme est devenu pire qu’un porc, car en consommant de + en + de poudre et de gadgets à illusion d’être civilisé, ses déchets empoisonnent pour des siècles et millénaires. Et sa cupidité l’empêche encore d’en arrêter la diffusion afin de commencer à assainir son environnement + efficacement.

    3.03 à 09h52 - Répondre - Alerter
  • Terrible image....belle et horrible tout à la fois. Prochaine carte de voeux de Monsanto & Cie ou des Ministères de l’agriculture et de l’industrie ?

    23.02 à 08h54 - Répondre - Alerter
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