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13-03-2015
Mots clés
Alimentation
Agriculture
France

A financer : une supérette 100% locale à Montpellier

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A financer : une supérette 100% locale à Montpellier
(Crédit photo : DR)
 
Les trois fondateurs de Locavorium recherchent 59 200 euros pour lancer leur supermarché-drive achalandé avec des produits du coin.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Article publié dans le

N° 66 - avril 2015

Le goût assassiné

Un supermarché sans bananes ni avocats, mais un supermarché avec des oignons des Cévennes, des pommes du Vigan, des tommes de brebis… Le tout 100% local ! C’est Locavorium, le projet de trois amis ingénieurs agronomes à Montpellier (Hérault). « Nous vendrons exclusivement des produits du département et de la région, dans la supérette et aussi grâce au drive, explique Jessica Gros, l’une des cofondatrices. Notre but est de mettre en valeur les agriculteurs. » Pour cela, le petit groupe cherche à lever 59 200 euros via la plateforme de financement participatif Pick & Boost. Cette somme permettrait de payer le mobilier, l’outillage, les chambres froides, les installations techniques et informatiques du futur magasin, qui devrait s’étendre sur 300 mètres carrés (et autant pour le stock).

Les producteurs, quant à eux, ne seront pas perdants puisqu’ils fixeront eux-mêmes le prix de vente de leurs produits et 75% de celui-ci leur seront reversés. « De la viande, des légumes, des fruits, du fromage, des viennoiseries… L’idée est de proposer un panel très large aux consommateurs, précise la jeune femme de 25 ans. Pourquoi pas aussi des cosmétiques, des plants ou des graines ? » Dans l’idéal, chaque article sera proposé en agriculture conventionnelle d’une part et en bio de l’autre. Si la collecte est un succès, les porteurs du projet envisagent également de créer une plateforme d’approvisionnement pour les restaurateurs, « qui n’achètent pas toujours local car tout seuls, cela leur coûte trop cher », estime Jessica Gros. —


- A financer ici

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  • Excellente initiative !
    Je me posais deux questions à propos de ce projet :
    - on parle depuis un petit temps de l’implantation d’une succursale de "La Louve" à Montpellier, dont le concept est similaire, comment vous positionnez-vous par rapport à cela, est-ce que les deux projets ne vont pas se télescoper ?
    - avez-vous déjà une idée de l’endroit où sera implanté le magasin ?
    Merci et bcp de succès !

    29.04 à 17h52 - Répondre - Alerter
    • Bonjour Sams,

      Merci beaucoup pour votre soutien ! Concernant la Louve à Montpellier, nous n’en avons pas entendu parler... Nous avions seulement découvert leur existence à Paris. Nous avons trouvé cette initiative très innovante et très intéressante, dans le sens où elle redonne du pouvoir et de l’indépendance aux consommateurs, tout en prenant en compte la qualité des produits.

      En revanche, concernant le concept, il ne s’agit pas de la même chose. La Louve est une magasin coopératif, dans lequel les clients sont coopérateurs et achètent des parts dans l’organisme, et doivent régulièrement participer à son fonctionnement : tenu des caisses, mise en rayon, nettoyage, gestion des stock, etc. L’avantage est certainement sur les prix qui doivent probablement être plus bas grâce à ce système. De plus, leurs produits sont apparemment voulus de qualité et de saison, en s’efforçant d’avoir des produits locaux, parfois en circuits courts et souvent français, mais ce n’est pas la règle prédominante.
      Chez Locavorium, l’effort est orienté à la base sur le respect de l’agriculture et du producteur, tout en tenant compte des attentes des consommateurs. Ainsi, les produits seront :
      - de qualité (cahier des charges pour une qualité gustative et/ou environnementale supérieure),
      - 100% en circuit court (en direct des producteurs) couplé à une rémunération équitable des producteurs (ce que certains appellent commerce équitable),
      - 100% locaux (plus de la majorité du département, et sinon en totalité de la région),
      - et bien entendu 100% français (soutien à l’économie nationale et assurance de règles de production et de transformation strictes par rapport à certains autres pays).

      En tous cas, ce sont des concepts différents qui ont tous deux leur place dans notre pays, car ils ont l’avantage de proposer un système alimentaire alternatif et responsable, mais en répondant tous deux à des attentes légèrement différentes :-)

      Bien cordialement,
      Damien

      15.05 à 10h13 - Répondre - Alerter
  • Oui pour le local et oui pour envoyer ces enfoirées de GMS au placard !
    Un bémol toutefois : si c’est pour du local bourré de produits chimiques je ne vois pas l’intérêt.

    17.04 à 10h34 - Répondre - Alerter
    • Bonjour Gérard,
      Nous vous remercions de votre soutien moral pour (la lutte contre les grandes surfaces !) le développement d’un système alimentaire alternatif aux circuits longs. Le local a tout à apporter aux citoyens.

      En ce qui concerne les produits phytopharmaceutiques, nous favoriserons les produits issus d’une agriculture respectueuse de l’environnement et des hommes, comme les productions fermières (garanties par l’appellation "fermier"), l’agriculture familiale, l’agriculture biologique, ou encore l’agriculture raisonnée (nous vous conseillons de lire plus en détails les commentaires plus bas sur le Bio/non Bio). Ne pas proposer que du bio ne signifie pas que l’on vous propose des produits gorgés de produits chimiques. Car en travaillant avec des producteurs familiaux (c’est-à-dire une agriculture à taille humaine), veuillez comprendre qu’ils ressentent eux-même le besoin de respecter leurs terres, pour leur santé, et bien entendu pour celle de leurs enfants qui travaillent avec eux... même s’ils n’ont pas fait la démarche de demander un label officiel "AB", que certains jugent trop basé sur le marketing.

      L’intérêt du local ET du circuit court, alors, se trouve également dans tous les autres bénéfices : moins d’émission de CO2, développement économique de votre région, soutien aux agriculteurs très touchés par des difficultés sociales et économiques, maintient de vos paysages et chemins (dans lesquels tout le monde se balade le weekend, entretenus par ces mêmes agriculteurs et sans lesquels nos paysages seraient des friches), et le côté éthique : payer un produit à un prix plus juste pour tout le monde sans multiplier les marges des nombreux intermédiaires comme en GMS.

      20.04 à 10h20 - Répondre - Alerter
  • Bravo pour ce projet ! que je trouve super évidemment et qui m’intéresse beaucoup !
    Mais j’ai une question : quelle différence entre votre projet et les multiples magasins de producteurs, marchés fermiers, Drive fermiers, etc. qui se développent un peu partout ? Vendez-vous des produits en plus ? Je me demandais notamment : est-ce que vous êtes parvenus à intégrer dans votre projet des "producteurs" de produits d’hygiène, voire des fabricants de produits du quotidien qu’on trouve dans les supermarchés traditionnels ?
    Merci d’avance pour votre réponse, et encore bravo !

    Marie

    28.03 à 18h09 - Répondre - Alerter
    • Bonjour Marie,
      Merci pour votre soutien !
      La différence avec certains magasins de produits dits "locaux", c’est que vous aurez l’assurance que 100% de nos produits seront locaux et en circuit court (en direct d’agriculteurs producteurs ou bien d’artisans), en bien entendu tous origine France. Nous tenons à le noter car ce n’est pas toujours le cas dans les "primeurs" ou marchand de produits "locaux", où seule une partie des produits est d’origine locale, avec bien souvent une plus faible partie encore en circuit court. Toutefois, vous faites bien de noter de bonnes références : magasins de producteurs, marchés de producteurs, drive fermier. Ce sont de très bonnes initiatives, et en tant que consommateurs nous les avons toujours soutenues. La différence peut se fait sur la gamme : nous proposerons une gamme très variée afin que chacun puisse faire ses courses le plus complètement possible (sans devoir passer par les GMS). Egalement, la différence se fera pour les producteurs, car nous leur proposons une solution "clés en mains", c’est-à-dire qu’ils n’auront pas de permanences à faire en magasin. Ceci répond à une demande des producteurs qui n’ont pas le temps d’investir du temps, eux qui travaillent déjà énormément sur leur ferme. Bien entendu, des animations avec les producteurs auront lieu dans le magasin, afin de rapprocher le plus possible producteurs et consommateurs, et ainsi favoriser l’échange direct.

      Enfin, concernant les produits non alimentaires, nous proposerons des produits d’hygiène ou de bien-être issus de l’agriculture : savons (huile d’olive, lait de brebis ou d’ânesse), crèmes, cire, propolis, etc.

      Merci encore pour votre intérêt :-)
      Damien, pour Locavorium

      7.04 à 10h29 - Répondre - Alerter
  • 57 ans Ni ingénieur agronome, ni technicienne agricole, simplement mère de famille qui a découvert la passion du jardin depuis sa plus tendre enfance avec sa mère et sa grand-mère.
    Locavorium Je pense aussi qu’il est souhaitable aujourd’hui de favoriser au maximum les productions en agriculture raisonnée et biologique. Je ne suis pas strictement opposée à ce que des produits issus de l’agriculture conventionnelle les côtoient. Cela permet des échanges entre les producteurs eux mêmes et aux clients qui n’iraient pas dans un magasin "bio" de découvrir la qualité, la diversité de ces produits et leur prix.En effet Je fais la plupart de mes achats de fruits et légumes dans un magasin de groupement de producteurs bio et les prix sont souvent moins élevés que le conventionnel dans le circuit traditionnel et même que dans le discount. Mon niveau d’exigence minimum est en effet le "fermier". Manger de la viande issue d’animaux torturés me semble impossible. Je suis aussi parfaitement d’accord sur le fait que les réglementations varient d’un pays à l’autre et que le transport à un coût pour l’environnement. Ceci dit nous consommons des fruits exotiques et des agrumes qui ne peuvent pas ou pas tous être produits en France. Lorsque j’en achète je privilégie les produits dont la provenance est la plus proche possible. Exemple des avocats provenant d’Israël plutôt que d’Amérique du Sud. Vous dites ne pas opposer conventionnel est bio. Peut-être est-ce une simple maladresse mais vous le faites dans le commentaire précédent. En effet vous citez l’intégré, l’agroforesterie comme des alternatives à l’agriculture biologique ; Hors se sont des techniques qui sont aussi utilisées en agriculture biologique.
    Guillaume est-ce que vous pensez qu’il est encore possible d’utiliser du Round up ? Dans votre exemple vous parlez de sol sain . Admettons mais où sont passez le Round up et les engrais azotés. Dans la nappe phréatique, dans les ruisseaux... De plus l’agriculture biologique n’utilise pas systématiquement le labour pour éliminer les ’mauvaises herbes" (d’ailleurs ce dernier terme m’agace). Exemple : certains viticulteurs qui cultivent leur vignes en "bio" ne labourent pas mais tondent l’herbe entre les rangs. C’est bon signe que l’on interdise la roténone et certainement que cela va suivre pour le cuivre. Les normes évoluent au fur et à mesure de l’avancée des connaissances scientifiques. La mise en place n’est pas toujours rapide. La preuve il va falloir attendre 2022 pour que l’utilisation du Round up soit définitivement interdite en France alors que l’on en connait les conséquences depuis longtemps !!!
    Bonne continuation pour la suite de votre projet !

    27.03 à 09h38 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,
    Pour moi, "BIO" n’est qu’une marque, et n’est pas forcément naturelle.
    Si vous dîtes "BIO" comme "biologique", dîtes biologique, et n’est pas forcément naturelle.
    Une terre détruite, morte, et susceptible de redevenir naturelle, fertile. Je le pense, je l’espère.
    Pourquoi je ne voie plus le mot naturel dans l’alimentation ou ailleurs ?
    Naturel avec graines, avec terre, avec produit de culture, avec matériaux de culture, avec soleil, avec terre, avec vente, avec dégustation, avec famille, avec amour.
    "Naturel, tu me manques".
    Culture naturelle, élevage naturel. Faisable.
    "Nous avons la solution".
    Merci.

    26.03 à 21h08 - Répondre - Alerter
    • Bonjour,
      Merci de faire justement remarquer que "Bio" est un label. C’est vrai.
      Par contre c’est aussi la contraction de "Biologique" et par simplification il est tout à fait possible de parler de "Bio" pour les produits dits "Biologiques".
      Le fait que ce soit une marque nous ramène à des débats très intéressants et très longs, comme ceux entamés dans les conversations ci-dessous.
      Le "Bio" se veut plus respectif mais n’est pas forcément très "naturel" : malheureusement dans nos sociétés actuelles si vous prenez à la lettre le sens de "naturel" vous ne trouverez pas grand chose car pas un écosystème n’a pas été touché par l’Homme.
      Ainsi, pour vous répondre, dans notre magasin vous aurez tout le loisir de choisir les produits qui vous paraissent les plus naturels, car chacun de nous en aura une définition légèrement différente. Vous pourrez venir pour connaître les produits, et parler lors de nos animations avec les producteurs pour connaîtres leurs méthodes mais aussi leurs contraintes.
      Je me permets ici de rappeler que produire des aliments est loin d’être évident et que cela requiert une attention toute particulière. Et c’est justement pour soutenir les producteurs que Locavorium ouvre ses portes ! En effet pour vous citer : "avec soleil, avec terre, avec vente, avec dégustation, avec famille, avec amour" : cela vous le trouverez chez Locavorium.

      Au plaisir d’en discuter avec vous et de vous voir choisir vos produits selon vos critères,
      Thibaud, pour l’équipe Locavorium.

      28.03 à 22h08 - Répondre - Alerter
  • Northey : En fait,

    c’est à Damien à qui je voulais dire merci... ;)

    20.03 à 03h15 - Répondre - Alerter
  • Northey : Reçu 5/5

    Merci pour cet éclairage ; j’en sais un peu plus maintenant.

    20.03 à 03h11 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,
    l’idée est bonne et je l’approuve. Et je suis complètement d’accord sur la définition de "durable" de Damien. Le bio n’est pas une panacée en soit. En revanche savoir comment l’exploitant travaille en revanche permet de savoir si le fait qu’il n’ai pas de label AB ne veut pas dire qu’il ne respecte pas la nature et le consommateur pour autant. Donc un magasin où le client peut savoir qui fait quoi et comment c’est bien !
    Sauf erreur de ma part, je n’ai pas vu où cette superette serait implantée ? Centre ville ou banlieue ? Qui devra prendre le tramway (ou la voiture) pour aller s’approvisionner ?

    19.03 à 22h47 - Répondre - Alerter
  • Très beau projet.
    Belge, j’aimerais m’établir à Bordeaux.
    Alors si vous comptez ouvrir une supérette de ce même concept là-bas, peut-être pourrais-je la fonder avec vous....(association physique ET financière à l’appui) ?

    17.03 à 17h44 - Répondre - Alerter
  • Tout ce qui permet de favoriser les circuits de proximité, de créer des débouchés pour les producteurs locaux, d’encourager les productions de qualité, ... est bon à soutenir. Par contre, l’objectif que "chaque article [soit] proposé en agriculture conventionnelle d’une part et en bio de l’autre." ne me paraît pas très cohérent. L’étiquetage précisera-t-il "avec pesticides" pour les uns et "sans pesticides" pour les autres ? De même le concept de "drive" dans ce contexte me semble également très décalé. De grâce, prenons le temps de la découverte, de la rencontre, de l’échange !

    Dans un autre ordre d’idée, je souhaitais signaler l’erreur sur l’utilisation du mot achalandé.
    Un magasin bien achalandé est un magasin qui a beaucoup de client (le chaland étant le client (du vieux français chaloir avoir de l’intérêt pour) et nom un magasin bien "approvisionné3

    16.03 à 09h44 - Répondre - Alerter
    • J’ai pensé la même chose ! En effet pas très cohérent de proposer du bio et du pas bio dans le même endroit.
      Quant au drive ? Pour quoi faire ?
      Avoir un magasin bio en centre ville serait plus judicieux car proche des habitants ; ils pourraient s’y rendre à pied ou en vélo.
      Pourquoi ne pas demander à la mairie de s’investir / proposer un tarif attractif pour l’emplacement ?

      Je rêve, sans doute...

      17.03 à 22h49 - Répondre - Alerter
    • Bonjour jw79 et Northey,

      Je ne suis pas d’accord quand vous dites qu’il n’est pas cohérent d’avoir un produit en bio et le même en non bio. La plupart du temps dans un magasin, il y a de la viande et des fruits et légumes. Est-ce pour autant un outrage pour les végétariens ? Devons-nous donc faire des magasins avec uniquement des fruits et légumes, et d’autre part des magasins avec uniquement de la viande, afin d’éviter qu’ils s’y perdent, comme vous le suggérez ? Vous vous demandez si « l’étiquetage précisera "avec pesticides" ou"sans pesticides" »... Il me semble que les logo bio (AB, Bio Cohérence, Demeter, Nature et Progrès, etc.) ne manquent pas et sont fiables. Dans ce cas, si on vous écoute, pour reprendre mon exemple des végétariens, dans le rayon fruits et légumes il faudrait un étiquetage "produit végétal respecté" et dans le rayon boucherie "viande issus d’animaux abattus et découpés sans respect" ? Je ne pense pas...

      D’autre part, l’ouverture d’esprit est selon nous la meilleur preuve d’intelligence. A l’inverse, l’exclusivité du bio est une forme d’extrémisme. En tant qu’agronomes, nous connaissons exactement les méthodes culturales de l’agriculture conventionnelle, raisonnée, biologique, ou encore les principes de l’agroécologie. Nous savons donc que l’agriculture raisonnée ou l’agroécologie est sur certains points tout autant durable (voire parfois plus) que l’agriculture biologique. De plus, en préférant les producteurs fermiers et familiaux, nous soutenons des fermes qui ont le plus souvent des pratiques respectueuses de l’environnement (agriculture raisonnée ou bio).

      Venons à présent au drive. Nous sommes tout à fait d’accord avec vous quand vous dites « prenons le temps de la découverte, de la rencontre, de l’échange », et merci de voir les choses de cette manière. Nous privilégions un magasin où les consommateurs pourront rencontrer les producteurs, échanger, et déguster leurs produits. Toutefois, ne retombons pas encore une fois dans l’extrémisme, il y a certaines personnes qui sortent du travail très tardivement. Ces gens là n’auraient-il pas le droit d’avoir accès aux produits locaux de qualité ? Seraient-il donc contraints d’aller dans les seuls magasins ouverts tardivement (à savoir, bien souvent, des hypermarchés qui sont les seuls à avoir les moyens de payer des employés tard le soir) ? De même, qu’en est-il des personnes âgées ou à mobilité réduite qui ont du mal à faire leurs courses ? La commande en ligne et la livraison est une solution pour ces gens-là (nous savons que ce n’est pas la seule solutions, ils peuvent aller au marché à côté de chez eux, s’il y en a un). De plus, le point de retrait du drive sera dans le magasin, avec donc un échange avec de "vrais humains" dans un cadre chaleureux. Chez nous, pas de retrait impersonnel dehors à l’arrière de sa voiture... Enfin, juste un mot sur l’intérêt des boutiques en ligne, au delà de notre magasin. Par expérience, je connais nombre de producteurs qui ont mis en place une boutique en ligne. Cela leur permet d’avoir de nombreuses commandes, avec souvent un retrait à la ferme. Donc avec du contact et de l’échange. Sans ces sites internet, le consommateur lambda retomberait sur les autres sites tels que les drives "traditionnels" de la grande distribution. La boutique en ligne est donc un des moyens à la disposition des agriculteurs pour se faire connaitre et perdurer.

      J’entends bien vos arguments, et vous n’avez pas tout à fait tort, mais je tenais tout de même à expliquer notre position, car apparemment elle n’était pas tout à fait comprise. Nous essayons de prendre en compte tous les aspects sociaux et environnementaux (car c’est cela le développement durable). En espérant avoir répondu à vos questions,
      Bien cordialement,
      Damien pour l’équipe Locavorium.

      18.03 à 11h59 - Répondre - Alerter
      • Bonjour
        Je suis tout à fait d’accord avec jw79 et Northey pour la non cohérence de proposer du local mais en agriculture conventionnelle !!!!! Le local est à défendre aussi fortement que le bio ! En proposant des articles issus de l’agriculture conventionnelle, vous la cautionnez....Qu’il s’agisse d’insecticides, d’herbicides ou de bactéricides, ils sont composés d’éléments toxiques causant divers problèmes de santé aussi bien sur le court terme que sur le long terme. Leur impact sur l’environnement est également déplorable puisque les pesticides sont responsables de la pollution de l’air, des sols et de l’eau et affectent le bien-être des êtres vivants- animaux et végétaux- non seulement là où ils sont pulvérisés mais aussi bien au-delà, dans les divers éco-systèmes où ils s’infiltrent. La disparition des abeilles, due à l’utilisation des pesticides neonicotinoïdes, est particulièrement alarmante puisque ces pollinisatrices contribuent à 70% des cultures et 35% de la production alimentaire.

        En tant qu’agronomes, vous devriez savoir que toute terre en agriculture conventionnelle est MORTE et que les végétaux qui y poussent ne le peuvent que grâce aux intrants chimiques, non ?...vous connaissez Claude et Lydie Bourguignon ?

        Quelle société voulez-vous pour demain ? Quel projet pour la Terre ? Je ne comprends pas bien votre position....et NON : MANGER BIO CA N’EST PAS EXTREMISTE, C’EST JUSTE BIENVEILLANT ENVERS LA TERRE ET LES HOMMES......C’EST JUSTE DU BON SENS !!!!! C’est permettre à des paysans respectueux de l’environnement de faire leur travail, c’est permettre à des consommateurs de ne pas s’empoisonner, c’est contribuer AU CHANGEMENT DE PARADYGME.....vous connaissez Pierre Rabhi ? Si non, je vous encourage à lire ses livres ou écouter ses conférences....

        Sophie B.

        18.03 à 15h04 - Répondre - Alerter
        • Bonjour,

          Je suis également ingénieur agronome et je n’ai rien a voir avec le projet (mise à part le fait que je le soutienne). Je souhaitais apporter quelques précisions relatives au débat Bio/conventionnel.
          Certes, si on compare la caricature du conventionnel à la caricature du bio, vous dites vrai. Mais si l’on compare les réalités de chacun, les conclusions peuvent être différentes en fonction des exemples.

          Je m’explique :

          - Le conventionnel détruit les sol et le bio les régénère ? L’agriculture de conservation (des sols) est la plus vertueuse à ce sujet et reconnue comme une agriculture agro-écologique et d’ailleurs défendue par Claude Bourguignon. Le principe est simple, l’agriculteur pratique de longues rotations, met des couverts d’intercultures et ne travaille plus son sol. Surprise ? Elle doit mettre plus d’engrais azoté (elle est basé sur le stockage du carbone par le sol, une activité biologique qui demande de l’azote, soit un engrais) et est dépendante au round up pour détruire les mauvaises herbes sans travailler le sol. Les résultats sont parfois épatants et les sols sont sains. A l’inverse l’agriculture biologique labour énormément ses sols pour gérer les mauvaises herbes. Le labour est le premier facteur d’érosion. Egalement, beaucoup d’agriculteurs bios ne peuvent (/ne veulent ?) pas acheter de fumier car il coûte cher. Sans cet apport de matière organique les sols s’épuisent.

          Les pesticides maintenant. Il est bien important de comprendre que le bio utilise des pesticides de la même manière que le conventionnel. A la différence que la législation est différente. Saviez vous que certains pesticides bio ont été interdit. C’est par exemple le cas de la roténone, un puissant insecticide naturel très dangereux pour l’homme et les abeilles. C’est également le cas du cuivre, le principal fongicide bio, qui est interdit dans certain pays et toujours utilisé en France malgré son rôle reconnu dans la pollution de nombreux sol. Je rappelle également que les algues vertes en Bretagne sont dues à l’épandage des excréments de porc, un intrant autorisé en agriculture biologique. A l’inverse certains agriculteurs conventionnels cherchent des solutions pour diminuer les doses de produits apportés de manières à ce qu’ils ne bouleversent pas l’écosystème.

          Bref, je pourrais en écrire un roman, tant la question est complexe. Je vous passe le couplet sur la taille des exploitations, l’aspect social, etc. Bien sûr qu’il faut aider la Bio à se développer et qu’à termes elle deviennent l’agriculture "conventionnelle", celle qui fait office de convention. Je pense même sincèrement que les agriculteurs les plus pointues techniquement se trouvent au sein de l’agriculture biologique, sans en être l’entièreté. Mais aujourd’hui l’agriculture bio à besoin de se structurer et d’évoluer et en l’état actuel des choses, elle peut être moins environnementalement performante que certaines agricultures dites conventionnelle, que l’on nomme raisonnées ou intégrées.

          A partir du moment ou locavorium propose tous les articles dans les deux types d’agriculture, il me semble qu’ils en font bien plus que la majeure partie des circuits de distribution non ? Alors pourquoi les blâmer ?

          Guillaume L.

          18.03 à 23h19 - Répondre - Alerter
        • Bonjour,

          Merci à Guillaume L. pour son message raisonné et modéré. Il est inutile d’essayer d’opposer le bio au non bio. Dans le non bio, il y a certes le "conventionnel", mais il y a aussi le raisonné, l’intégré, l’agroécologie, l’agroforesterie, etc. Le mot "conventionnel" est certes mal à propos dans l’article et aurait dû être rédigé autrement. Comme je l’ai déjà dit, nous soutenons des producteurs fermiers, et le mot "fermier" porte tout son sens, puisque son utilisation est régulée en France. Il désigne obligatoirement un agriculteur qui produit lui-même toute la matière première, et s’il y a transformation (vin, fromage, etc.), elle est opérée par l’agriculteur. Ces exploitations sont par la force des choses de taille familiale, et par conséquent souvent engagées dans des démarches de qualité environnementales. Donc en favorisant les produits dits "fermiers", nous soutenons une agriculture durable.

          Quand je dis "durable", c’est au sens propre du terme. C’est à dire en prenant en compte les dimensions économique, sociale, ET environnementale (les trois piliers du développement durable). Pour rappel, le durable ne se limite pas seulement au respect de l’environnement.

          A l’inverse, qu’en est-il du bio fait à dimension industrielle, par des exploitants qui s’appliquent seulement à respecter la réglementation pour pouvoir bénéficier du logo AB et ainsi augmenter leurs prix de vente ? Je ne dis pas que c’est la majorité des producteurs bio, loin de là, et heureusement. Je pointe seulement du doigt que derrière le mot "bio", il n’y a pas forcément du "durable". Les aspects sociaux ne sont pas toujours pris en compte (échelle industrielle vs agriculture familiale, etc.). De même, qu’en est-il du bio qui vient du monde entier ? Est-il préférable d’avoir un produit bio venant de l’autre bout du monde, ou un produit non bio (qui peut tout à fait être raisonné, fermier, ou autre) qui soit local ? Je suppose que l’empreinte carbone du second est préférable. Dernier point, la réglementation sur le bio est très variable. Par exemple certains produits utilisés sur des pommes de terre bio d’un de nos pays voisins (pour ne pas le citer) n’est même pas autorisée en conventionnel en France ! Quel dommage pour nos producteurs fermiers français...

          Encore une fois, je n’essaye pas de "casser" le bio, bien au contraire. Nous le soutenons et connaissons ses qualité pour le respect de l’environnement. C’est pour cela que nous tenons à avoir la gamme la plus large possible. Seulement, nous connaissons également des pratiques parfois encore plus vertueuses que le bio, qui sont appliquées dans le non bio. Vous l’appellerez "conventionnel" si vous le souhaitez, pour ma part je préfère l’appeler "agroécologie". Donc se limiter au 100% bio me parait dommage et nous ferme les portes des innovations, notamment pour la résilience et la durabilité de nos systèmes agricoles. Il est d’ailleurs bien dommage que seul le bio ait réussi à s’implanter comme LA seule référence en matière d’agriculture respectueuse de l’environnement...

          Pour terminer, merci pour vos belles références agronomiques, à savoir Pierre Rabhi et Claude Bourguignon. Nous sommes heureux que vous les connaissiez. Oui, nous les suivons de près et les soutenons. Nous sommes par ailleurs signataires à titres personnels de la Charte pour la Terre et l’Humanisme, et "Vers la sobriété heureuse" fait partie de nos références.

          Bien cordialement,
          Damien pour l’équipe Locavorium.

          19.03 à 00h32 - Répondre - Alerter
  • Bonjour...j’habite à Sète et votre idée m’intéresse car je cherchais justement un concept comme le vôtre. J’aimerais vous aider financièrement et physiquement si cela vous intéresse.
    Je vous laisse mon courriel afin que l’on puisse être en contact.
    Merci pour cette idée géniale qui va se concrétiser j’en suis sûre !!!!
    Bon we
    Lau

    14.03 à 13h00 - Répondre - Alerter
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