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5 pistes pour lutter contre la marée noire

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5 pistes pour lutter contre la marée noire
(Crédit photo : BP)
 
Cheveux, éponges miniatures, etc. Pendant que BP tâtonne, « Terra eco » passe en revue les solutions plus ou moins prometteuses pour enrayer la progression de la nappe de pétrole dans le Golfe du Mexique.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
SUR LE MÊME SUJET

- Le dôme de confinement : la solution qui n’a pas fait ses preuves

BP comptait sur cette structure en acier et en béton de 12 mètres de haut et d’une centaine de tonnes, qualifiée de « meilleure solution à court terme », pour endiguer la fuite et recueillir le pétrole qui s’échappe du puits, un bateau-pompe relié au dôme ayant pour mission d’aspirer le brut. Mais c’était sans compter sur les hydrates de méthane (dangereux car hautement inflammables) qui ont commencé à boucher l’ouverture du dôme, contraignant les ingénieurs de BP à le déplacer ce week-end à 200 mètres de la fuite. Le géant pétrolier s’efforce aujourd’hui de dissoudre ces hydrates mais surtout de trouver un moyen d’empêcher leur formation note le Wall Street Journal qui précise qu’il s’agit de la première fois qu’un dôme de confinement est mis en place à une telle profondeur (plus de 1 500 mètres).

- Les dispersants chimiques : la solution controversée

Le sujet fait couler beaucoup d’encre. Alors que 960 000 litres de dispersants chimiques ont déjà été déversés dans le Golfe du Mexique dans l’espoir d’endiguer la progression de la nappe de pétrole, les écologistes résument le dilemme en ces termes : faut-il prendre le risque d’épargner au maximum les côtes et notamment les marécages de Louisiane, véritable sanctuaire pour la faune et la flore, en sacrifiant en revanche les fonds marins qui seront affectés sur le long terme par cette invasion de produits toxiques ? Le Washington Post constate que la question est d’autant plus légitime qu’aucune étude scientifique n’a pu encore démontrer les effets de ces dispersants à une telle profondeur.

- Des cheveux contre la marée noire : la solution écolo

Éponger le pétrole qui pollue les côtes du Golfe du Mexique à l’aide de barrages de fortune fabriqués à partir de vieux bas nylon remplis de cheveux ou de poils de chiens : la méthode parait farfelue mais Matter of Trust, une petite ONG de San Francisco, qui organise une gigantesque collecte auprès des coiffeurs et autres salons de toilettage du pays jure que cette technique low-tech a fait ses preuves. En novembre 2007, la méthode avait été utilisée pour nettoyer les côtes de la Baie de San Francisco souillées par le fioul qui s’échappait du Cosco Busan, porte-conteneurs qui avait heurté par mégarde le Bay Bridge, pont qui relie San Francisco et Oakland.

- Les nanoéponges : la solution futuriste

Le site New Orleans Tech regarde vers l’avenir et estime que cette catastrophe représente peut-être l’occasion de tester des technologies qui n’ont fait leurs preuves qu’à l’échelle du labo. Souvent comparées à des nids d’abeille parce qu’elles retiennent les impuretés dans leurs milliers de micro cavités, les nanoéponges, constituées de nanoparticules de fer, ont la particularité d’élimer les polluants indésirables de l’eau, note un article publié sur le site du réseau Sciences et développement. Et elles sont déjà testées pour résoudre les problèmes de pollution de l’eau. Mais les défis technologiques restent énormes sans compter que la production de nanomatériaux en quantité suffisante coûte très cher. La marée noire a donc tout le loisir de s’étendre avant que cette technologie ne fasse ses preuves.

- « No drill, no spill » : la solution à long terme

Lorsqu’on interroge Jacqueline Savitz, directrice des campagnes d’Oceana, une organisation environnementale américaine qui milite pour la protection des océans, sur la manière la plus efficace de réduire la nappe de pétrole qui pollue le Golfe du Mexique, elle n’hésite pas une seconde. « Il n’existe qu’une seule manière efficace et cela s’appelle la prévention. No drill, no spill (Pas de forage, pas de fuite, ndlr), c’est aussi simple que cela », assure-t-elle. Nombreux sont également ceux à se demander quelles sont les leçons qui ont été tirées plus de deux décennies après la marée noire causée par l’Exxon Valdez en Alaska. L’enseignement principal de ce désastre environnemental est que les hydrocarbures enfouis dans les sédiments ne sont pas prêts de disparaître.

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Correspondante de « Terra eco » en Californie, Anne Sengès est l’auteur de « Eco-Tech : moteurs de la croissance verte en Californie et en France », paru en novembre 2009 aux éditions Autrement.

12 commentaires
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  • Ne serait t’il pas possible d’utiliser des petits sous -marins auquels on attacherai des filets remplis de milliers de boules en Polystiréne que l’on lacherai sous la nappe de petrol ,celles ci en remontant pourraient en absorber la plus grande partie ?

    28.05 à 21h35 - Répondre - Alerter
  • Bonsoir

    Nous fabriquons en France des bioabsorbants (Greensorb Aqua) et des biosolvants (Greensorb GS320).
    Greensorb Aqua (anciennement GranofibreH a été distingué au Salon de référence POLLUTEC 2007.
    Nous vendons depuis plus de 20 ans à l’armée française et à des sociétés de traitement des eaux.
    Nous avons participé aux travaux de dépollution de la rivière Poe en Italie.
    Nous avons été sélectionnés pour intervenir sur une pollution d’un site pétrolier onshore au Gabon.
    Nous avons proposé nos produits aux équipes de BP en charge.
    Les fiches techniques sont accessibles aux adresses suivantes :
    http://artaxerkes.com/produits-ecol...
    http://artaxerkes.com/produits-ecol...
    http://artaxerkes.com/produits-ecol...

    Cordialement
    Olivier Kerfant
    Artaxerkes Eurl

    22.05 à 02h46 - Répondre - Alerter
  • 1/ le debit serait phénoménal
    2/ Les forages communs seraient tous fermés
    3/ ce serait trop énorme
    4/ on l’aurait déjà dénoncé

    Sans doute, mais je n’entends jamais dire que la premiere mesure a été de ne plus mettre le gisement en pression pour suspendre son exploitation ?

    17.05 à 21h25 - Répondre - Alerter
  • Certains bateaux de pêche utilisent aujourd’hui, malheureusement, des filets dérivants qui peuvent faire plusieurs km : pourquoi ne pas réquisitionner ces bateaux avec des filets modifiés pour capturer les boulettes de la marée noire ? Mailles plus petites (1/2 cm par exemple) et filet moins profonds (il ne s’agit pas d’attraper les poissons ou les mammifères marins). Les autorités devraient les mobiliser et faire payer la facture à BP ensuite.

    15.05 à 12h29 - Répondre - Alerter
  • La marée noire qui frappe aujourd’hui les côtes américaines donne lieu à de nombreux commentaires qui révèlent toute l’ambiguïté de notre attitude face aux questions écologiques.

    Tout d’abord, il y a cette étrange pratique qui consiste à évaluer en litres par jour le montant des fuites de pétrole. Cela rappelle cette habitude qu’avait un célèbre homme politique français des années 1970 qui aimait, pour impressionner son auditoire, exprimer les grandes fortunes en centimes de francs !
    Alors oui, cela fait beaucoup de litres ! 160 000, 800 000 ? On ne sait plus et les chiffres évoluent sans cesse. Mais le litre est-il une unité bien adéquate pour évoquer des grandeurs océanes ? Que penserait-on d’un astronome qui évaluerait la distance des galaxies en millimètres ?
    Ce n’est pas être anti-écologique, ni vouloir minimiser les choses que de le rappeler. Utilisons des unités significatives et non pas médiatiques : Pour des rejets dans l’océan, parlons en milliers de tonnes.

    La question du bouc émissaire est également passionnante.
    Que n’entend-on sur British Petroleum ? De véritables assassins de planète à en croire la majorité des commentaires. Certes, après un accident, on peut toujours montrer que si telle ou telle erreur n’avait pas été commise, la catastrophe eut été évitée et l’exploitant se trouve évidemment le plus souvent à l’origine du problème.
    Toutefois, et là bien sûr, sous réserves de ce que montreront les enquêtes, on ne peut s’empêcher de soulever une contradiction.
    La sécurité coûte cher et les gains marginaux sont parfois prohibitifs. Or, s’il y a une majorité de gens pour accuser BP on trouve une autre majorité (donc il y a forcément communauté, au moins partielle, de ces deux ensembles) pour hurler au moindre centime de hausse des carburants.

    L’humanité ne peut vouloir massivement consommer du pétrole (surtout à moindre coût) et en cas de pollution, en rejeter presque exclusivement la faute sur les exploitants.

    Même si cette marée noire s’annonce comme l’une des plus importantes (c’est un réservoir géologique qui se vide et non un simple navire au contenu forcément plus limité), prenons du recul.
    Si chaque catastrophe est individuellement évitable, il n’y a rien de surprenant à ce que, dans un monde qui consomme 85 millions de barils de pétrole par jour, soit près de cinq milliards de tonnes par an, il y ait quelques ratés et que plusieurs centaines de milliers ou même quelques millions de tonnes s’échappent du circuit. C’est statistiquement inévitable !
    Rassurons-nous, dans quatre ou cinq décennies le problème des marées noires (importantes) sera définitivement réglé faute de combattant. Ce ne sont pas elles qui, à long terme, constituent la plus grave menace pour la biodiversité.
    Le pétrole est un produit biodégradable. S’il est aujourd’hui problématique dans le golf du Mexique, dans quelques années tout aura été recyclé par la nature, et ceci d’autant plus rapidement que nous nous trouvons dans une mer chaude où les réactions chimiques sont exacerbées et la vie foisonnante.
    Dans un siècle, la situation écologique de la planète ne sera absolument pas différente que nous ayons, d’ici là, connu vingt grandes marées noires ou zéro.
    Rappelons aussi, sans malice aucune, que si ce pétrole n’était pas allé salir la mer nous l’aurions brûlé et envoyé polluer l’atmosphère en (presque) toute bonne conscience !
    Enfin n’oublions pas que les rejets naturels de pétrole sont nombreux de par le monde et que s’ils sont généralement moins concentrés, ils représentent des quantités significatives, le plus souvent passées sous silence.

    Ce n’est pas seulement un jeu intellectuel que de se moquer de ces contradictions. Il y a des conséquences graves à cet aveuglement.

    Pendant longtemps on a tant voulu masquer les marées noires, qu’on utilisait des dispersants chimiques qui étaient eux-mêmes aussi polluants, sinon plus, que le pétrole qu’ils étaient censés combattre.
    Aujourd’hui encore, on essaye souvent (avec de la craie notamment) de faire couler ce pétrole. Or le faire couler, c’est le précipiter dans des zones froides et sans lumière où le processus de biodégradation sera très fortement ralenti. Ce n’est probablement pas la meilleure solution.

    Ces propos constituent une réflexion générale visant à prendre du recul, ils ne nient en aucun cas que localement et temporairement les conséquences soient impressionnantes et graves pour la faune et la flore. Ils n’ignorent pas non plus la peine de ceux qui voient souillé un littoral qu’ils aiment.

    Il va de soi également, que la poursuite de forages et d’exploitations en eaux très profondes, sur lesquels il est extrêmement difficile d’intervenir en cas d’accident, n’est pas une pratique à encourager.
    Encore une fois, la meilleure prévention ne réside pas dans une avalanche de mesures techniques, mais dans une attitude plus modeste et plus humble envers la planète : Ne consommons pas tout, partout, à toute force.

    13.05 à 09h04 - Répondre - Alerter
    • je rebondi sur le message de D. Barthès : ce en quoi les exploitants, dont BP, ne sont pas excusables c’est d’exploiter du pétrole dans des conditions de sécurité précaires. Non seulement l’exploitant doit s’assurer que les dispositifs en place sont opérationnels, mais aussi qu’en cas de dysfonctionnement du dispositif principal un dispositif de secours soit prévu ! Là il y a sans doute un gros manque au niveau des obligations des exploitants, il faut des lois internationales rigoureuses pour imposer des conditons d’exploitations sécurisées (pour le personnel, pour l’écologie) ce qui ne semble pas le cas.

      Que l’on ne parle pas de coût sur le prix à la pompe pour justifier le manque de sécurité : quand une plateforme permet 100 000 barils/jours pendant 20 ans, ça représente grosso-modo 600 millions de barils durant la durée de vie de la plateforme ! En sachant qu’un baril fait 159 litres et que litre acheté à la pompe en France est taxé à environ 70%, et qu’en plus le baril est vendu en dollars et pas en euros, un investissement même conséquent sur une plateforme ne doit pas se traduire par une hausse significative à la pompe...

      Quant à dire que la nature s’en remettra, je trouve l’argument "limite" ! En faisant un parallèle audacieux, allez vous dire que les misères de ce monde (guerres, maladies...) ne sont pas dramatiques puisque le monde continue d’exister et que sa population continue à croître ? Savoir que dans un siècle la nature aura repris le dessus dans la zone polluée ne va empêcher aujourd’hui de voir des animaux mourir... Tout ça pour des économies de bout de chandelle.

      24.05 à 12h21 - Répondre - Alerter
  • bonjour

    est ce que quelqu un sait ou en est ve fameux bateau francais conçu par des ingenieurs qui absorde le petrol ? un peu comme le systeme dont galibou parle ?

    12.05 à 14h14 - Répondre - Alerter
  • Je pense qu’on pourait utiliser le principe que la nappe etant plus legere que l’eau

    la faire rentrer dans un espace ferme, ( citerne,bateau,...).

    l’ouverture serait un peu plus basse que le niveau de mer.

    La nappe rentrerait au fur et a mesure que le bateau avance.

    POUR AVOIR DU VOLUME DE PETROL ET NON D’EAU DE MER, UNE POMPE MISE AU FOND DE LA CALE

    EVACUERAIT L’EAU DE MER QUI EST AU FOND ET QUI EST PLUS LOURDE QUE LA NAPPE.

    QUAND IL Y’AURA ASSEZ DE PETROL, LE BATEAU LE DECHARGERA DANS UN CONTAINER.

    11.05 à 12h06 - Répondre - Alerter
    • Bonjour, ayant travaillé sur la lutte antipollution, je peux vous donner quelques éléments de réponse.

      Effectivement votre solution est bonne. Des pompes de surface ("les skimmer") existent mais elles ne sont efficace que pour des nappes de pétrole épaissent et peu étendues... Dans le cas de cette marée noire, le pétrole a largement le temps de s’étendre sur des dizaines voir des centaines de km carrés, et fini par former une couche très mince, difficile même parfois à distinguer in situ, ce qui rend la plupart des techniques de récupération conventionnelles inefficaces.

      12.05 à 17h45 - Répondre - Alerter
  • Avez vous aussi pensé à la pierre ponce ? Des tests ont déjà été effectués en utilisant cette roche d’origine volcanique
    En chimie, elle est utilisée comme absorbeur de l’eau environnante, ce qui permet d’isoler l’eau d’autres éléments. En effet, sa microporosité est supposée régulière et parfaite et est remplie de petites bulles d’air amorçant la formation des bulles dans le liquide chauffé.
    La pierre ponce pourrait donc absorber le pétrole en surface, et il ne resterait plus qu’à récolter la roche imbibée et flottant en surface..

    ça me fait penser à quelque chose, à quelques milliers de km de chez nous un volcan est en irruption et paralyse le traffic aérien. On ne sait pas non plus comment gérer le problème...
    Et si c’était un signe de la Nature. Elle nous prend d’une main ce qu’elle semble nous proposer de l’autre..... !

    11.05 à 10h36 - Répondre - Alerter
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