Presque 33 000 personnes ont été reconduites aux frontières françaises en 2011, selon le bilan dévoilé ce mardi 10 janvier par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant. C’est environ le triple d’il y a dix ans. En parallèle, les naturalisations ont diminué de quelque 30%, passant de 94 500 en 2010 à 66 000 en 2011. L’attribution des titres de séjour à des nouveaux salariés aurait également chuté de 26%, et ceux attribués pour « liens personnels et familiaux » de 14%.
Mais les objectifs forts ambitieux de Claude Guéant ne sont pas pour autant atteints : ce dernier vise 35 000 reconduites en 2012, une réduction de 10% de l’immigration légale et un retour aux 150 000 entrées d’étrangers par an en France, comme dans les années 1990.
Simple nostalgie ? Il y a sûrement de bonnes raisons à ce que Claude Guéant ait tenu à dévoiler ce bilan de l’immigration beaucoup plus tôt que les années précédentes, sur fonds de chasse aux voix avec le Front National. Peu après l’annonce de ces chiffres, le ministre s’est une fois encore illustré sur le sujet, affirmant sur RMC-BFM que « le taux de délinquance parmi la population étrangère est entre deux et trois fois supérieur à la moyenne ».
Net durcissement
Ces chiffres ont pu être gonflés par les nombreuses reconduites de Roms qui, en tant que citoyens européens, peuvent aisément revenir puis être réexpulsés plusieurs fois dans la même année ; mais aussi par les printemps arabes, avec notamment les Tunisiens arrêtés à la frontière franco-italienne.
Mais ils sont avant tout le fruit d’un net durcissement de la politique migratoire – tendance que Claude Guéant a prévu de poursuivre. Parmi les nombreuses mesures du gouvernement de Nicolas Sarkozy pour réduire le flux d’immigration, on compte notamment cette loi de juin dernier, particulièrement virulente : expulsion en cas de « trouble à l’ordre public », interdiction de retour en France des étrangers expulsés, suppression de facto de l’autorisation de séjour pour raisons médicales, prolongement de la durée de rétention, éloignement du juge judiciaire des libertés en cas de placement en rétention.
Plus récemment, c’est la circulaire sur les étudiants étrangers, qui restreint leur droit de rester en France pour commencer à travailler, qui a déclenché la polémique.
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L’infographie sur les chiffres de l’immigration en France





























